Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
A Son Altèsse Monseigneur
Le Cardinal De Bouillon.
Grand Aumonier de France.
Un poème édifiant et tout à la gloire de la chasteté en 1673.
Tout juste un an avant la publication du recueil des " Contes"....
Votre Altesse Eminentissime ne refusera pas sa protection au poème que je lui dédie: tout ce qui porte le caractère de pitié est pour vous d'une recommandation trop puissante. C'est pour moi un juste sujet d'espérer dans l'occasion qui s'offre aujourd'hui: mais, si j'ose dire la vérité, mes souhaits ne se bornent point à cet avantage; je voudrais que cet idyle, outre la sainteté du sujet, ne vous parût pas entièrement dénué des beautés de la poésie. Vous ne les dédaignez pas, ces beautés divines, et les grâces de cette langue que parlait le peuple prophète. La mecture des livres Saints vous en a appris les principaux traits. C'est là que la Sagesse divine rend ses oracles avec plus d'élévation, plus de majesté et plus de force que n'en n'ont les Virgiles et les Homères. Je ne veux pas dire que ces derniers vous soient inconnus: ignorez vous rien de ce qui mérite d'être su par une personne de votre rang? Le Parnasse n'a point d'endroits où vous soyez capable de vous égarer. Certes, Monseigneur, il est glorieux pour vous de pouvoir ainsi démêler les diverses routes d'une contrée où vous vous êtes arrêté si peu. Que si votre goût peut donner le prix aux beautés de la poésie, il le peut bien mieux donner à ceux de l'éloquence. Je vous ai entendu juger de nos orateur avec un discernement qu'on ne peut assez admirer: tout cela sans autre secours que celui d'une bienheureuse naissance, et par des talents que vous ne tenez ni des précepteurs ni des livres. C'est aux lumières nées avec vous que vous êtes redevable de ces progrès dont tout le monde s'est étonné. Ce qui consume la vie de plusieurs vieillards enchaînés aux livres dès leur enfance, la jeunesse d'un prince l'a fait; et nous l'avons vu, et la renommée l'a publié. Elle a joint au bruit de votre savoir celui des meoeurs si pures, et d'une sagesse qui est la fille du temps chez les autres, et qui le devance chez vous. Un mérite si singulier a été universellement reconnu. Celui qui dispense les trésors du ciel, et le monarque qui, par ses armes victorieuses s'esr rendu l'arbitre de l'Europe, ont concouru et de faveurs et d'estime pour vous élever. Après des témoignages d'un si grand poids, mes louagnes seraient inutiles à votre gloire. Je ne dois ajouter ici qu'une protestation respectueuse d'être toute ma vie, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime, le très humble et très obéissant serviteur.