Origines des fables .

Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.

 
 

Qu'est-ce qu'une fable ?
   Nature de la fable .   Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
 

 

 

 
Jean de La Fontaine

 Fables - Livre 4

Livre quatrième.

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Parole de Socrate
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Socrate un jour faisant bâtir,
Chacun censurait son ouvrage :
L'un trouvait les dedans, pour ne lui point mentir,
Indignes d'un tel personnage ;
L'autre blâmait la face, et tous étaient d'avis
Que les appartements en étaient trop petits.
Quelle maison pour lui ! L'on y tournait à peine.
Plût au ciel que de vrais amis,
Telle qu'elle est, dit-il, elle pût être pleine !
Le bon Socrate avait raison
De trouver pour ceux-là trop grande sa maison.
Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose :
Rien n'est plus commun que ce nom,
Rien n'est plus rare que la chose.





 

Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.

Pourquoi mettre ce mot de Socrate dans un recueil d'Apologues ?

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon   sur les fables de La Fontaine... - 1803.


Socrate , célèbre philosophe grec. L'oracle d'Apollon le déclara le plus sage des hommes : il justifia cet éloge par l'exercice constant de toutes les ver tus. La force de sa raison l' éleva jusqu'à la connoissance d'un seul Dieu ; découverte sublime qui lui valut un arrêt de mort. Il fut condamné à boire la ciguë. L'histoire de ses derniers momens nous a été transmise par Platon, son disciple, dans le traité de l'Immortalité de l'Ame. Il mourut avec une constance admirable, 400 ans avant l'ère chrétienne, âgé de 70 ans. Un poète moderne n'a pas craint de l'appeler le demi-Dieu d'Athènes, d'après Erasme et Cicéron ( M. Aubert, L.V. fab. 7).
(1) Le bon Socrate avoit raison. Phèdre voulant donner au mot de sa fable plus d'autorité, l'attribue à Socrate, contre le silence de toute l'antiquité. Notre poète l'a imité; mais en corrigeant le titre de l'apologue latin , ainsi conçu : Socrates ad Amicos. Un savant observe avec justesse que « cette fable traite des amis, mais ne s'adresse pas à des amis». ( Jos. Scheffer, Edit. Phœdri ad argumenta. ) La Fontaine a suivi la lumière que le bon sens lui présentoit.
(2) Rien n'est plus commun que ce nom. Quelqu'un a dit de l' Amour, qu'il ressemble aux esprits: « Tout le monde en parle, et personne n'en a vu ». Ne pourroit-on pas en dire à-peu-près autant de l'amitié ? ( Poggiana , T. I. p. 298. )







 

 

 



 

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