e Loup me remet en mémoire
Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris.
Il y périt ; voici l'histoire.
Un Villageois avait à l'écart son logis.
Messer Loup attendait chape-chute à la porte.
Il avait vu sortir gibier de toute sorte :
Veaux de lait, Agneaux et Brebis,
Régiments de Dindons, enfin bonne Provende.
Le larron commençait pourtant à s'ennuyer.
Il entend un enfant crier.
La mère aussitôt le gourmande,
Le menace, s'il ne se tait,
De le donner au Loup. L'Animal se tient prêt,
Remerciant les Dieux d'une telle aventure,
Quand la Mère, apaisant sa chère géniture,
Lui dit : Ne criez point ; s'il vient, nous le tuerons.
- Qu'est ceci ? s'écria le mangeur de Moutons.
Dire d'un, puis d'un autre ? Est-ce ainsi que l'on traite
Les gens faits comme moi ? me prend-on pour un sot ?
Que quelque jour ce beau marmot
Vienne au bois cueillir la noisette !
Comme il disait ces mots, on sort de la maison :
Un chien de cour l'arrête. Epieux et fourches-fières
L'ajustent de toutes manières.
Que veniez-vous chercher en ce lieu ? lui dit-on.
Aussitôt il conta l'affaire.
Merci de moi, lui dit la Mère,
Tu mangeras mon Fils ! L'ai-je fait à dessein
Qu'il assouvisse un jour ta faim ?
On assomma la pauvre bête.
Un manant lui coupa le pied droit et la tête :
Le Seigneur du Village à sa porte les mit,
Et ce dicton picard à l'entour fut écrit :
Biaux chires Leups, n'écoutez mie
Mère tenchent chen fieux qui crie.
- Analyses : Chamfort 1796
- MSN. Guillon 1803.
- Livre : IVème.
Pourquoi mettre ce mot de Socrate dans un recueil d'Apologues ?
Socrate , célèbre philosophe grec. L'oracle d'Apollon le déclara le plus sage des hommes : il justifia cet éloge par l'exercice constant de toutes les ver tus. La force de sa raison l' éleva jusqu'à la connoissance d'un seul Dieu ; découverte sublime qui lui valut un arrêt de mort. Il fut condamné à boire la ciguë. L'histoire de ses derniers momens nous a été transmise par Platon, son disciple, dans le traité de l'Immortalité de l'Ame. Il mourut avec une constance admirable, 400 ans avant l'ère chrétienne, âgé de 70 ans. Un poète moderne n'a pas craint de l'appeler le demi-Dieu d'Athènes, d'après Erasme et Cicéron ( M. Aubert, L.V. fab. 7).(1) Le bon Socrate avoit raison. Phèdre voulant donner au mot de sa fable plus d'autorité, l'attribue à Socrate, contre le silence de toute l'antiquité. Notre poète l'a imité; mais en corrigeant le titre de l'apologue latin , ainsi conçu : Socrates ad Amicos. Un savant observe avec justesse que « cette fable traite des amis, mais ne s'adresse pas à des amis». ( Jos. Scheffer, Edit. Phœdri ad argumenta. ) La Fontaine a suivi la lumière que le bon sens lui présentoit.
(2) Rien n'est plus commun que ce nom. Quelqu'un a dit de l' Amour, qu'il ressemble aux esprits: « Tout le monde en parle, et personne n'en a vu ». Ne pourroit-on pas en dire à-peu-près autant de l'amitié ? ( Poggiana , T. I. p. 298. )
Le Berger et la Mer
La Mouche et la Fourmi
Le Jardinier et son Seigneur
L'Ane et le petit Chien
Le Combat des Rats et des Belettes
Le Singe et le Dauphin
L'Homme et l'Idole de bois
Le Geai paré des plumes du Paon
Le Chameau et les Bâtons flottants
La Grenouille et le Rat
Tribut envoyé par les animaux à Alexandre
Le Cheval s'étant voulu venger du Cerf
Le Renard et le Buste
Le Loup, la Chèvre et le Chevreau
Le Loup, la Mère et l'Enfant
Parole de Socrate
Le Vieillard et ses Enfants
L'Oracle et l'Impie
L'Avare qui a perdu son trésor
L'Oeil du Maître
L'Alouette et ses petits avec le Maître d'un Champs
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
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