Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.
Tout ce douzième livre est dédié à M. le duc de Bourgogne ,
alors âgé de huit ans. On avait ménagé la protection de ce prince à l'auteur des fables , déjà vieux , presque sans fortune et dénué d'appui. C'est, comme on l'a déja observé , presque le seul grand
homme de ce siècle qui n'ait point eu part aux bienfaits de Louis XIV.
L'inimitié de Colbert, le peu d'habileté de La Fontaine à faire sa
cour , un talent peu fait pour être apprécié par le roi, de petites
pièces qui paraissaient successivement , ne pouvaient avoir l'éclat
d'un grand ouvrage , et semblaient manquer de cette importance
qui frappait Louis XIV; des contes un peu libres, dont on avait
le souvenir dans une cour qui commençait à devenir dévote , toutes
ces circonstances s'étaient réunies contre La Fontaine , et l'avaient
fait négliger. Il songeait à passer en Angleterre ; il apprenait
même la langue anglaise , lorsque les bienfaits de M. le duc de
Bourgogne le retinrent en France, et sauvèrent à sa vieillesse les
désagréments de ce voyage.
Il faut pardonner a un vieillard déjà accablé de peines et d'infirmités,
le ton faible et le style languissant de cette épître dédicatoire ; il faut même s'étonner de retrouver dans plusieurs des fables de ce douzième livre une partie de son talent poétique , et, dans quelques-unes , des morceaux où ce talent brille de tout son éclat.