n animal cornu blessa de quelques coups
Le lion, qui plein de courroux,
Pour ne plus tomber en la peine,
Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Chèvres, béliers, taureaux aussitôt délogèrent;
Daims et cerfs de climat changèrent :
Chacun à s'en aller fut prompt.
Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles,
Craignit que quelque inquisiteur
N'allât interpréter à cornes leur longueur,
Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles.
"Adieu, voisin grillon, dit-il; je pars d'ici :
Mes oreilles enfin seraient cornes aussi;
Et quand je les aurais plus courtes qu'une autruche,
Je craindrais même encor." Le grillon repartit :
"Cornes cela ? Vous me prenez pour cruche;
Ce sont oreilles que Dieu fit
. - On les fera passer pour cornes,
Dit l'animal craintif, et cornes de licornes.
J'aurai beau protester; mon dire et mes raisons
Iront aux Petites-Maisons."
Ce tour n'est guère dans le génie de notre langue, et \la grammaire . trouverait à chicanner ; niais le sens est si clair que ce vers ne déplaît pas.
V. 20. . . Et cornes de licornes.
Cette consonnance fait ici un très-bon effet, parce qu'elle arrête l'esprit sur l'idée de l'exagération qu'emploient les accusateurs.
(1) Quelque inquisiteur. Délateur faisant métier de dénoncer.(2) Grillon. Petit insecte ou espèce de Cigale, de couleur noire, que l'on entend plus qu'on ne le voit : il habite les champs et les maisons ; son cri est aigu et perçant.
(3) Autruche. Gros oiseau, fort haut sur ses jambes, ayant le col très-long, des oreilles extrêmement courtes, les pieds faits comme ceux d'un chameau.
(4) Licornes. Animal sauvage, assez semblable à un petit cheval, portant, selon quelques relations, une corne au milieu du front. Il naît dans la Haute Ethiopie. La corne de cet animal a donné lieu à bien des contes dont on peut voir le détail et la réfutation dans le Traité des Erreurs populaires de Primerose. Ch. 38. Et cornes de Licornes. Cette consonance fait ici un très-bon effet, parce qu'elle arrête l'esprit sur l'idée de l'exagération qu'emploient les accusateurs.
(5) Iront aux Petites maisons. Passeront pour extravagances, Petites maisons, dépôt des foux à Paris.
Dans Faerne, le Lion bannit de ses états tous les animaux sans queue. Le Renard effrayé plioit bagage ; un Singe le voit et lui dit : L'édit du roi ne vous regarde pas. Qu'en sait-on, reprend le Renard, peut-être plaira-t-il à sa majesté de me voir, oui moi-même , en tête des animaux qui n'ont point de queue.
Innocent ou coupable, tout est égal à la tyrannie. M. l'abbé Aubert a une fable à-peu-près semblable. (Iiv. VII. fab. 12.)
Le Pot de terre et le Pot de fer
Le petit Poisson et le Pêcheur
Les Oreilles du Lièvre
Le Renard ayant la queue coupée
Le Satyre et le Passant
Le Cheval et le Loup
La Vieille et les deux Servantes
Le Laboureur et ses Enfants
La Montagne qui accouche
La Fortune et le jeune Enfant
Les Médecins
La Poule aux oeufs d'or
L'Ane portant des reliques
Le Cerf et la Vigne
Le Serpent et la Lime
Le Lièvre et la Perdrix
L'Aigle et le Hibou
Le Lion s'en allant en guerre
L'Ours et les deux Compagnons
L'Ane vêtu de la peau du lion
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




