Origines des fables .

Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.

 
 

Qu'est-ce qu'une fable ?
   Nature de la fable .   Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
 

 

 

 
Jean de La Fontaine

 Fables - Livre 5

Livre cinquième.

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Les Médecins
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Le Médecin Tant-pis allait voir un malade
Que visitait aussi son confrère Tant-mieux ;
Ce dernier espérait, quoique son camarade
Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,
Leur malade paya le tribut à Nature,
Après qu'en ses conseils Tant-pis eut été cru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.
L'un disait : il est mort, je l'avais bien prévu.
- S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie.












 

Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.

Cette fable est moins un apologue qu'une épigramme. Comme telle, elle est même parfaite, et elle figurerait très-bien parmi les épigrammes de Rousseau.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon   sur les fables de La Fontaine... - 1803.


(1) Le Médecin Tant-pis, etc.
Pline le jeune vante quelque part un poète comique de son temps, très-heureux, dit-il, dans le choix des noms qu'il invente ( Epist. L. VI. ep.21. ad Canin). Cet éloge, appliqué à La Fontaine, lui con vient parfaitement. Il a créé, pour l'apologue, un Vocabulaire nou veau. Molière en avoit fait autant pour la comédie ; mais il y a, dans la nomenclature de l'un et de l'autre, la même différence que dans le genre. Les traits de la comédie sont ceux de la satyre : les jeux de l'apologue sont ceux d'un enfant malin. Ainsi le Diaphoirus de Molière devient Médecin Tant-pis de La Fontaine.
Si les surnoms plaisants, donnes aux deux esculapes, appartien nent au fabuliste, l'anecdote elle-même pourroit tenir à l'histoire. Les satyres de Boileau ont immortalisé une de ses belles-soeurs, sans mal toujours malade, que visitoient deux médecins, dont l'un M. Perrault, étoit pour elle le Médecin Tant-pis; l'autre , M. Rainsaut, étoit le Médecin Tant-mieux.

(*) Esope a deux fables sous le même titre : le Médecin et le Malade , fab. 31, et le Malade et le Médecin , qui se rapproche plus que la première du sujet de notre Apologue français.






 

 

 



 

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