Jean de la Fontaine   Sa vie     Fables    Contes   Proverbes    Théatre    Poésies    Epitaphe 
Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
 Les deux Mulets.   
 

Deux Mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé,
L'autre portant l'argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d'une charge si belle,
N'eût voulu pour beaucoup* en être soulagé.
Il marchait d'un pas relevé*,
Et faisait sonner sa sonnette* :
Quand l'ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l'argent,
Sur le Mulet du fisc* une troupe se jette,
Le saisit au frein et l'arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
"Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j'y tombe, et je péris.
- Ami, lui dit son camarade,
Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut Emploi :
Si tu n'avais servi qu'un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. "

 



 

Commentaires et analyses par Chamfort . 1796.

V. 5. Relevé. Mauvaise rime qu'on appelle suffisante ; La Fontaine pouvait mettre, d'un pas dégagé.
V.6. Et faisait sonner sa sonnette. Est un vers heureux et d'harmonie imitative, qui s'est trouvé sous la plume de l'auteur.
La Fontaine ne manque pas, du moins autant qu'il le peut, l'occasion de mettre la morale de son Apologue dans la bouche d'un de ses acteurs. Cette fable des deux mulets est d'une application bien fréquente.

V. 2. Celui-ci glorieux d'une charge si belle ,
Il 'eut voulu pour beaucoup en être soulagé.
Ce mulet-là fait songer à bien d'honnêtes gens.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon .1803.

Début simple, expression correcte, images vives et pittoresques, L'argent de la Gabelle, impôt sur le sel remontant jusqu'au règne de Philippe de Valois, peut-être même jusqu'à celui de Philippe Long. La clameur publique en sollicitoit la suppression enfin consentie par Louis XVI. — D'un pas relevé. C'étoit bien là le therme propre, le seul convenable à la marche étudiée du glorieux Mulet.
Champfort substitue, d'un pas dégagé : ces expressions ne resemblent ni pour l'harmonie, ni pour la justesse. — Et foisant sonner sa sonnette. Le poète français avoit à lutter contre l'harmonie imitative de ce vers de Phèdre: k
Clarumque jactans tutinnabulum. Sur le Mulet du fisc, ou trésor public. — Et moi j'y tombe et j'y péris. D'autres leçons portent : je péris. — En riant de la sotte. jactance de l'animal, on s'attendrit sur sa catastrophe ; il interesse encore par son courage à se défendre. C'est dans ce style moitié grave et moitié badin , que Marot rappelle la tragique aventure de Semblannçay, dans son Elégie sur la mort de ce riche infortuné. (Oeuvr. T. I. page 85. )
Et c'est-là une des sources de cette naïveté fine et piquante, le vrai caractère de son esprit, que notre fabuliste tenoit et de la nature et de l'imitation des anciens.

Note sur la fable :

Source : Phèdre , Les mulets et les voleurs.
gabelle : le produit de l'impôt sur le sel.
beaucoup : en échange d'un avantage important.
pas relevé : allure svelte et fringante.
sonnette : " Le premier, riche de son fardeau, la tête haute, se dresse, faisant sonner à son cou une claire sonnette" Phèdre.
fisc : trésor du roi ou de l'état.


 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

blog comments powered by    
 

 

Website templates