Le Rat de ville et le Rat des champs.
Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans*.
Sur un Tapis de Turquie*
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le Rat de ville détale ;
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne* aussitôt ;
Et le citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.
- C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi :
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc ; fi* du plaisir
Que la crainte peut corrompre.
Note sur la fable :
Fable : La souris du logis et la souris du désert
Fable Esope : D'un Rat de Ville, et d'un Rat de Village
Les fables en chansons : Le Rat de la Ville et le Rat des Champs.
Les fables en chansons : Le Rat de ville et le Rat des Champs.
Note sur la fable :
*ortolans : oiseau très gras et dont la chair est succulente.
*Turquie : tapis fabriqués à la Savonnerie ou au Gobelin imitant ceux de Turquie.
*en campagne : en mouvement.
*fi : exclamation signifiant le mépris, l'aversion.
*corrompre : altérer, gâter. La Fontaine nous livre , ici une fable assez impersonnelle.
Horace - sattires -
Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.
V. 27. Fi. Espèce d'interjection qu'on n'emploie que proverbialement et dans le style très familier.
Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803.
(1) Autrefois le Rat de ville
Invita , etc. Dans Horace, c'est le Rat des champs qui invite le Rat de ville. La Fontaine me paroît avoir mieux saisi les con venances , en donnant au citadin l'initiative de la politesse ; au reste, cette légère différence ne fait rien à la conduite de la fable, ni à la morale du dénouement.
(2) Sur un tapis de Turquie. Ce seul mot suffit à La Fontaine pour donner l'idée la plus étendue de l'appartement où le sybarite a reçu son convive, comme dans le vers précédent il avoit su exprimer la magnificence du festin par ces reliefs d'ortolans,
morceaux faits pour la table des Rois.
(3) Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis. Horace fait de son Rat un épicurien qui disserte longuement sur la nature du plaisir et du bonheur. I La Fontaine se contente de donner aux deux hôtes un grand appétit. Il a vu que dans l'apologue la philosophie ne tenoit point école, et n'avoit droit de se montrer que sous le masque et en passant. La fable d'Horace est un chef-d'œuvre sans doute ; celle de La Fontaine n'en est pas moins supérieure , et l'on peut ap pliquer à celle-ci le vers du Lyrique latin : O mat ré pulchrd filia pulchrior !
(4) Fi du plaisir. Cette expression ne paroîtroit triviale qu'à ceux qui perdroient de vue les acteurs de cette jolie scène.
Son mari, le comte d'Aulnoy fut accusé de lèze-majesté, enfermé et menacé de perdre la tête, avant qu'un de ses trois accusateurs , pris de remords, n'avoua la calomnie. Madame d'Aulnoy doit se réfugier en Angleterre pour fuir la justice. Elle revient en France en 1685. Chateaudecartes.fr - Un site dédié aux cartes postales et aux chromos dont quelques unes sont en rapport avec nos fabulistes.
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Familier du château de Sceaux et protégé de Voltaire (son oncle). Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant , remplaçant le cardinal de Luynes.