e Loup me remet en mémoire
Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris.
Il y périt ; voici l'histoire.
Un Villageois avait à l'écart son logis.
Messer Loup attendait chape-chute à la porte.
Il avait vu sortir gibier de toute sorte :
Veaux de lait, Agneaux et Brebis,
Régiments de Dindons, enfin bonne Provende.
Le larron commençait pourtant à s'ennuyer.
Il entend un enfant crier.
La mère aussitôt le gourmande,
Le menace, s'il ne se tait,
De le donner au Loup. L'Animal se tient prêt,
Remerciant les Dieux d'une telle aventure,
Quand la Mère, apaisant sa chère géniture,
Lui dit : Ne criez point ; s'il vient, nous le tuerons.
- Qu'est ceci ? s'écria le mangeur de Moutons.
Dire d'un, puis d'un autre ? Est-ce ainsi que l'on traite
Les gens faits comme moi ? me prend-on pour un sot ?
Que quelque jour ce beau marmot
Vienne au bois cueillir la noisette !
Comme il disait ces mots, on sort de la maison :
Un chien de cour l'arrête. Epieux et fourches-fières
L'ajustent de toutes manières.
Que veniez-vous chercher en ce lieu ? lui dit-on.
Aussitôt il conta l'affaire.
Merci de moi, lui dit la Mère,
Tu mangeras mon Fils ! L'ai-je fait à dessein
Qu'il assouvisse un jour ta faim ?
On assomma la pauvre bête.
Un manant lui coupa le pied droit et la tête :
Le Seigneur du Village à sa porte les mit,
Et ce dicton picard à l'entour fut écrit :
Biaux chires Leups, n'écoutez mie
Mère tenchent chen fieux qui crie.
- Analyses : Chamfort 1796
- MSN. Guillon 1803.
- Livre : IVème.
Pas notée.
(1) Attendait chape-chûte. Madame de Sévigné : " Je lai dis que ce n'est point là la vie d'un honnête homme, qu'il trouvera quelque chape-chûte, et qu'à force de s'exposer, il aura son fait.»
(2) Enfin bonne provende. Mot ancien, dont l'étymologie est dans le latin provenire; bon produit; plutôt que dans prœbenda, d'où on le fait venir. Selon Pasquier (Recherch. L. III. ch. 37:) « Les biens assignés aux clercs pour leurs vivres, s'appeloient pre vende. Ce mot a été depuis étendu à toute sorte de provision de bouche".
(3) La mère aussitôt. Aphtone substitue une nourrice à une mère. (C'est mettre un coeur mercenaire à la place du chef-d'œuvre de la nature.
(4) Fourches fières, Fourches de fer attachées à de longues perches. Fières ne viendroit-il pas du vieux mot férir, en latin ferire, couper, trancher? On connoît ce proverbe : « Tel fiert ( frappe ) qui ne tue pas. »
(5) Biaux chires, etc. Beaux sires ( messieurs les ) Loups ! n'écontez point mère grondant son fils qui crie. Beaux sires, comme dans la fable du Loup et du Chien: Il ne tiendra qu'à vous, beau sire. Mère tenchent, participe de tencher , tanser, de tangere, gronder, frapper ; chen fïeux, son enfant ; de filiolus , petit enfant.
On lit dans le fabliau du Villain qui done ses Bues au Lou ( ses bœufs au loup ) : Un Vilain (homme de la campagne ) con-duisoit sa charrue. Ses bœufs ne voulant pas marcher droit : je voudrois, dit-il, les voir dans le ventre d'un loup. Un loup passoit par-là, et entendant le propos, s'offre à satisfaire le vœu du laboureur ; mais
Li Villain ne li volt bailler,
Ne li Lou ne li volt laisser.
(Le paysan ne veut point les livrer; le loup refuse de les lâcher.)
(Manusc. de ta Biblioth. de S. Germain-de s-Prés,
n°. I830. fol. 10.)
Le prototype de ces contes pourrait être ce mot de Théocrite, ainsi traduit par un vieux écrivain français : Qu'une femme-nonrrice menace son enfant de la sabouë ( singe ) et du marmot ; etc. ( Bou chat, série 24.)
(*) Une mère, dans un mouvement d'Indignation contre les écarts de ses fils, appelle la mort pour l'en punir. La mort vient ; la mère aussitôt de s'écrier:
O mort! corrige-le, mais ne l'emporte pas.
mère.
Le Berger et la Mer
La Mouche et la Fourmi
Le Jardinier et son Seigneur
L'Ane et le petit Chien
Le Combat des Rats et des Belettes
Le Singe et le Dauphin
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Le Geai paré des plumes du Paon
Le Chameau et les Bâtons flottants
La Grenouille et le Rat
Tribut envoyé par les animaux à Alexandre
Le Cheval s'étant voulu venger du Cerf
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L'Oracle et l'Impie
L'Avare qui a perdu son trésor
L'Oeil du Maître
L'Alouette et ses petits avec le Maître d'un Champs
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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