Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.
FABLES XI ET XII
Ces deux fables ne comportent aucune espèce de notes, n'étant remarquables ni par de grandes beautés, ni par aucun défaut. C'est la simplicité et la pureté de Phèdre, avec un peu plus d'élégance
Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803.
(1) Entre les pattes du Lion Un Rat. Substituez avec Florian ( L. V. f. 8 ), un Ecureuil au Rat de cette fable ; et l'apologue deviendra un fait historique, un prodige réel de sensibilité dont tout Paris a été témoin en 1777. Ce fait est raconté dans la feuille des Avis divers de cette année , page. 42 et 43.
(2) Montra ce qu'il étoit. Roi, pour être protecteur.
(3) Sire Rat accourut. Sire, dans le langage familier s'applique à toute sorte de personnes ; il est le titre de la royauté, et peut avoir ici ce sens : aussi bien roi dans le moment où il délivre le Lion, que le Lion lui-même, puisqu'il est captif.
(4) Patience et longueur de temps, etc. Quel est le but moral de cette fable ? Qu'il faut obliger tout le monde. Toute autre proposition lui devient étrangère. C'est là le jugement.qu'il faut porter de cette seconde affabulation : elle n'est qu'un hors-d'œuvre.
(*) Dans cette fable, l'adresse du Renard aide à l'humanité du Lion ; ce qui atténue le mérite du Roi des animaux.