ravaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'Oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.
La fable : Le Laboureur et ses enfants, expliquée par Henri de Regnier.
Trait historique ou biographique de la fable par Hugin-Furcy.
L'oût. Vieux mot qui veut dire la moisson, et dont on se sert encore en quelques provinces.
1. « Le poète, dit l'abbé Guillon qui trouve ces deux vers peu clairs, veut dire que le défaut de succès ne vient point de la terre, mais de l'homme, et que le produit est toujours en raison de la culture. » — « Il y a à parier, ajoute Gerurez, qui cite cette phrase de l'abbé Guillon, que la Fontaine serait bien surpris d'avoir voulu dire cela. »2. Haudent commence à peu près de même :
Un Vigneron, se voyant presque mort,
Tous ses Enfans vers luy feist. conuenir.
Eulx assemblez, leur dict....
3. .... Iiberis rogantibus
Ut ederet qua parte tandem vineae
Aurum lateret, nil locutus amplius,
Desiderati liquit incertos loci. (Faerne, vers 5-8.)4. Voyez livre I, fable I, vers 13.
5. Chez tous les autres fabulistes le Laboureur est un Vigneron, le champ une vigne.
6. Nous avons déjà vu cette locution au vers 8 de la fable VI de ce livre.
7. Faêrne(vers 10-12) peint ainsi l'ardeur des enfants an travail :
Versare duris vineam ligonibus,
Et hic et illic scrobibus effossis, humum
Coepere glebas ui minutas frangere.
8. En ceste vigne ont boue et fouy,
L'un d'une houe, et l'autre d'un picquoys,
Mais par nul d'eulx onc ne fut deffouy
D'or ou d'argent seullement une croix. (Haudent.)
9. Dans les fables grecques,— On a rapproché de cette moralité ce fragment d'Épicharme, cité par Xénophon, au livre II des Mémorablest chapitre 1 -{20) :« Les Dieux nous font acheter tous les biens par nos travaux; » et le vers 3o8 des Travaux et les Jours d'Hésiode :« Par les travaux les hommes deviennent et riches en troupeaux (ou en fruits) et opulents. »
— Benserrade, dans son CLXIXe. quatrain, amène élégamment l'affabulation :
Un Vigneron mourant dit qu'un trésor insigne
Etoit pour ses enfants dans le fond de sa vigne.
A force d'y fouiller, sans y trouver de l'or,
Il en vint des raisins, et ce fut le trésor.
Le Pot de terre et le Pot de fer
Le petit Poisson et le Pêcheur
Les Oreilles du Lièvre
Le Renard ayant la queue coupée
Le Satyre et le Passant
Le Cheval et le Loup
La Vieille et les deux Servantes
Le Laboureur et ses Enfants
La Montagne qui accouche
La Fortune et le jeune Enfant
Les Médecins
La Poule aux oeufs d'or
L'Ane portant des reliques
Le Cerf et la Vigne
Le Serpent et la Lime
Le Lièvre et la Perdrix
L'Aigle et le Hibou
Le Lion s'en allant en guerre
L'Ours et les deux Compagnons
L'Ane vêtu de la peau du lion
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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Qui ne me soit souverain bien, -
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Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
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