Jean de la Fontaine   Sa vie     Fables    Contes   Proverbes    Théatre    Poésies    Epitaphe 
Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
 Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues. 

Un Envoyé du Grand Seigneur
Préférait, dit l'Histoire, un jour chez l'Empereur,
Les forces de son Maître à celles de l'Empire.
Un Allemand se mit à dire :
Notre prince a des dépendants
Qui de leur chef sont si puissants
Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée.
Le Chiaoux, homme de sens,
Lui dit : Je sais par renommée
Ce que chaque Electeur peut de monde fournir ;
Et cela me fait souvenir
D'une aventure étrange, et qui pourtant est vraie.
J'étais en un lieu sûr, lorsque je vis passer
Les cent têtes d'une Hydre* au travers d'une haie.
Mon sang commence à se glacer ;
Et je crois qu'à moins on s'effraie.
Je n'en eus toutefois que la peur sans le mal.
Jamais le corps de l'animal
Ne put venir vers moi, ni trouver d'ouverture.
Je rêvais à cette aventure,
Quand un autre Dragon, qui n'avait qu'un seul chef
Et bien plus d'une queue, à passer se présente.
Me voilà saisi derechef
D'étonnement et d'épouvante.
Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi.
Rien ne les empêcha ; l'un fit chemin à l'autre.
Je soutiens qu'il en est ainsi
De votre Empereur et du nôtre.

 



 
Notes sur la fable:
*Grand Seigneur : Sultan de Constantinople.
*hydre : serpent d'eau.
Source : attribuée à Gengis-Khan, dans les paroles des Orientaux de Galland - Comment La Fontaine l'aurait su ? - L'ouvrage de Galland paru en 1664.

Commentaires et analyses par Chamfort . 1796.

La plupart des fables et des contes ont fait le tour du globe. La Fontaine met en Europe la scène où il suppose que fut fait le récit de cette aventure, récit que les Orientaux mettent dans la bouche du fameux Gengiskan, à l'occasion du Grand Mogol, prince qui dépendait en quelque sorte de ses grands vassaux. Au surplus, ce récit ne peut pas s'appeler une fable ; c'est une petite histoire allégorique qui conduit à une vérité morale. Toute fable suppose une action.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon .1803.

Dragon. Dans toutes les langues orientales , il est fait mention du Dragon, sans qu'il soit encore bien décide s'il existe ou non. Les descriptions ridicules, d'ailleurs si peu constantes, qu'en ont fait la plupart des auteurs, donnent lieu de croire que c'est un être imaginaire. Disons cependant qu'on a peut-être donne indistinctement le nom pompeux de Dragon aux animaux monstrueux du genre des Serpens, des Lézards, des Crocodiles, que l'on a trouvés en différens temps, et qui ont paru extraordinaires par leur grandeur ou par leur figure.
(1) Le Chiaoux, officier de la porte du Grand-Seigneur, qui fait l'office d'huissier. Il porte des armes offensives et défensives ; il assigne les particuliers pour accommoder leurs differens ; et les prisonniers de distinction sont confiés à sa garde. Le Grand-Seigneur a coutume d'en choisir quelqu'un de ce rang pour envoyer en ambassade vers les autres puissances.
« La plupart des fables et des contes, ont fait le tour du globe. La Fontaine met en Europe la scène, où il suppose que fut fait le récit de cette aventure, récit que les Orientaux mettent dans la bouche du fameux Gengiskan, à l'occasion du Grand -Mogol, prince qui dependoit en quelque sorte de ses grands vassaux. Au surplus, ce récit ne peut pas s'appeler une fable; c'est une petite histoire allégorique, qui conduit à une vérité morale.» Champfort.

 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

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Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
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La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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