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Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
 Le Coq et le Renard

Sur la branche d'un arbre était en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois.
"Frère, dit un Renard, adoucissant sa voix,
Nous ne sommes plus en querelle :
Paix générale cette fois.
Je viens te l'annoncer ; descends, que je t'embrasse.
Ne me retarde point, de grâce ;
Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer.
Les tiens et toi pouvez vaquer
Sans nulle crainte à vos affaires ;
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux dès ce soir.
Et cependant viens recevoir
Le baiser d'amour fraternelle.
- Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais
Apprendre une plus douce et meilleur nouvelle
Que celle
De cette paix ;
Et ce m'est une double joie
De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers,
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie.
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous.
Je descends ; nous pourrons nous entre-baiser tous.
- Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire :
Nous nous réjouirons du succès de l'affaire
Une autre fois. Le galand aussitôt
Tire ses grègues, gagne au haut,
mal content de son stratagème ;
Et notre vieux Coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur ;
Car c'est double plaisir de tromper le trompeur

 



 
Fables liées :
François Habert : Le coq et le Renard.

Commentaires et analyses par Chamfort . 1796.

II fallait ce me semble que le renard commençât par dire au coq : Eh ! mon ami , pourquoi n'étais-tu pas aux fêtes qu'on a données pour la paix qui vient de se conclure? . Dans ces vers, nous ne sommes plus en querelle, le renard' n'a l'air que de proposer la paix.
V. 17. Que celle
De cette paix.
Ces deux petits vers inégaux ne sont qu'une pure négligence, et ne font nullement beauté.
V. 19. Et ce m'est une double joie De la tenir de toi, etc.....
Les ressemblances de son déplaisent à l'oreille.
V. 32. Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.
V. 29. Malcontent, etc. On dirait aujourd'hui mécontent.
Le coq ne trompe pas le renard , il le joue, il se moque de lui.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon .1803.

Le Pogge ajoute à la réponse du Coq ce nouveau dialogue, « Le Coq: Eh! la paix n'est-elle pas faite entre les animaux? —Le Renard: Peut-être que les deux Chiens n'en savent pas encore la nouvelle». Jacques l'Enfant, qui a publié le Poggiana, voudroit que La Fontaine n'eût pas omis cette-répartie du Renard fugitif, comme ayant, dit-il, beaucoup de sel. Cela est vrai ; mais elle étend la morale de la, fable bien au-delà du but du poète, et par-là devient inutile. Ce n'est pas un combat d'esprit qu'il a voulu rendre ; mais une leçon qu'il donne aus trompeurs.
(1) Faites-en les feux. Feux de joie, illuminations. (3) Je m'assure. Il pouvoitmettre : j'en suis sûr.
(3) Tire ses grègues , ou ses chausses , faire retraite. Expression tirée du langage burlesque et familier. Régnier avoit dit :
Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint.
( Satyre II. vers 45. )
On croit que ce mot vient des chausses à la grecque.
(4) Et notre vieux Coq. Comme il dira plus bas : Cétoit un vieux routier; il savoit plus d'un tour.

 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

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Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
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La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
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Franc-Nohain:
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Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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