'est du séjour des Dieux que les Abeilles viennent.
Les premières, dit-on, s'en allèrent loger
Au mont Hymette*, et se gorger
Des trésors qu'en ce lieu les zéphirs entretiennent.
Quand on eut des palais de ces filles du Ciel
Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose,
Ou, pour dire en Français la chose,
Après que les ruches sans miel
N'eurent plus que la Cire, on fit mainte bougie ;
Maint Cierge aussi fut façonné.
Un d'eux voyant la terre en brique au feu durcie
Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie ;
Et, nouvel Empédocle* aux flammes condamné,
Par sa propre et pure folie,
Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné ;
Ce Cierge ne savait grain de Philosophie.
Tout en tout est divers : ôtez-vous de l'esprit
Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre.
L'Empédocle de Cire au brasier se fondit :
Il n'était pas plus fou que l'autre.
- Analyses : Chamfort 1796
- Notes sur la fable .
- Livre : IXème.
V. 10. Maint cierge aussi fut façonné.
Autre mauvaise fable. Quelle bizarre idée de prêter à un cierge la fantaisie de devenir immortel, et pour cela de se jeter au feu.
V. 13. Et nouvel Empédocle.. ..
Que La Fontaine adopte ce conte ridicule sur Empédocle , on peut le lui passer ; mais comment lui pardonner l'Empédocle de cire ? On s'est moqué de Lamotte pour avoir appelé une grosse rave , un phénomène potager.
Notes sur la fable :
*Hymette : était une montagne célébrée par les poètes, située dans l'Attique et où les Grecs recueillaient d'excellent miel ( note de La Fontaine )
*Empédocle : étair un philosophe ancien qui, ne pouvant comprendre les merveilles du mont Etna, se jeta dedans par une vanité ridicule et, trouvant l'action belle, de peur d'en perdre le fruit et que la postérité ne l'ignorât, laissa ses pantoufles au pied du Mont. ( note de La Fontaine )
Source: De la cire qui voulait devenir dur - la cire gémissait d'être molle et de céder au coup le plus léger. Voyant au contraire que les briques faites d'une argile beaucoup plus molle encore parvenait, grâce à la chaleur du feu, à une dureté telle qu'elles duraient des siècles entier, elle se jeta dans la flamme pour arriver à la même résistance, mais aussitôt elle fondit au feu et se consuma.
Cette fable nous avertit de ne pas rechercher ce que la nature nous refuse.
Absténius, Nevelet.
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Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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