n pays pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.
Incontinent maint camarade
Accourt à son grabat le voir, le secourir,
Le consoler du moins : multitude importune.
Eh ! Messieurs, laissez-moi mourir.
Permettez qu'en forme commune
La parque m'expédie, et finissez vos pleurs.
Point du tout : les Consolateurs
De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent ;
Quand il plut à Dieu s'en allèrent.
Ce ne fut pas sans boire un coup,
C'est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.
Tout se mit à brouter les bois du voisinage.
La pitance du Cerf en déchut de beaucoup ;
Il ne trouva plus rien à frire.
D'un mal il tomba dans un pire,
Et se vit réduit à la fin
A jeûner et mourir de faim.
Il en coûte à qui vous réclame,(1)
Médecins du corps et de l'âme.
O temps, ô moeurs ! J'ai beau crier,
Tout le monde se fait payer.
- analyses : Chamfort 1796
- par MSN. Guillon 1803.
- Livre : XIIème.
V. 2. Incontinent maint camarade.
Cette fable rentre absolument dans la morale du Jardinier et son Seigneur, ( livre IV, fable 4 ) et dans celle de l'Écolier, le Pédant et le Maître d'un jardin (livre IX , fable 5 ) ; mais elle est fort au-dessus des deux autres.
Le sujet de cette fable ressemble beaucoup à celui du Jardinier et son Seigneur ; mais elle est bien loin d'en avoir les agrément.
(1) en coûte a qui vous réclame, .etc. Officia tancta quanto veneunt . dit le Cerf dans l'apologue latin de Desbillons. Nous sommer étonnés que le grave Jésuite se soit permis de traduire et d'offrir aux regards de la jeunesse celte satyre peu réfléchie d'usages fondés sur la raison, sur l'autorité, sur la nécessité elle-même. L'homme dévoué aux fonctions du ministère est-il an ange, pour être indépendant des besoins de la terre? Le prêtre, dit S. Paul, doit vivre de l'autel. Il n'a pas droit d'exiger, à la bonne heure , mais il a celui de désirer et de recevoir.
Les Compagnons d'Ulysse
Le Chat et les deux Moineaux
Du Thésauriseur et du Singe
Les Deux Chèvres
Le vieux Chat et la jeune Souris
Le Cerf malade
La Chauve-Souris, le Buisson, et le Canard
La Querelle des chiens et des chats, et celle des chats et des souris
Le Loup et le Renard
L'Ecrevisse et sa Fille
L'Aigle et la Pie
Le Milan, le Roi, et le Chasseur
Le Renard, les Mouches, et le Hérisson
L'Amour et la Folie
Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue, et le Rat
La Forêt et le Bûcheron
Le Renard, le Loup, et le Cheval
Le Renard et les Poulets d'Inde
Le Singe
Le Philosophe scythe
L'Eléphant et le Singe de Jupiter
Un Fou et un Sage
Le Renard anglais
Le Juge arbitre, l'Hospitalier, et le Solitaire
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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