Origines des fables .

Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.

 
 

Qu'est-ce qu'une fable ?
   Nature de la fable .   Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
 

 

 

 
Jean de La Fontaine

 Fables - Livre 12

Livre douzième .

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Le Cerf malade


En pays pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.
Incontinent maint camarade
Accourt à son grabat le voir, le secourir,
Le consoler du moins : multitude importune.
Eh ! Messieurs, laissez-moi mourir.
Permettez qu'en forme commune
La parque m'expédie, et finissez vos pleurs.
Point du tout : les Consolateurs
De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent ;
Quand il plut à Dieu s'en allèrent.
Ce ne fut pas sans boire un coup,
C'est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.
Tout se mit à brouter les bois du voisinage.
La pitance du Cerf en déchut de beaucoup ;
Il ne trouva plus rien à frire.
D'un mal il tomba dans un pire,
Et se vit réduit à la fin
A jeûner et mourir de faim.
Il en coûte à qui vous réclame,(1)
Médecins du corps et de l'âme.
O temps, ô moeurs ! J'ai beau crier,
Tout le monde se fait payer.

A lire également :

Fable de Lukman : Le Cerf.
 

Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.

V. 2. Incontinent maint camarade.
Cette fable rentre absolument dans la morale du Jardinier et son Seigneur, ( livre IV, fable 4 ) et dans celle de l'Écolier, le Pédant et le Maître d'un jardin (livre IX , fable 5 ) ; mais elle est fort au-dessus des deux autres.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon   sur les fables de La Fontaine... - 1803.

Le sujet de cette fable ressemble beaucoup à celui du Jardinier et son Seigneur ; mais elle est bien loin d'en avoir les agrément.
(1) en coûte a qui vous réclame, .etc. Officia tancta quanto veneunt . dit le Cerf dans l'apologue latin de Desbillons. Nous sommer étonnés que le grave Jésuite se soit permis de traduire et d'offrir aux regards de la jeunesse celte satyre peu réfléchie d'usages fondés sur la raison, sur l'autorité, sur la nécessité elle-même. L'homme dévoué aux fonctions du ministère est-il an ange, pour être indépendant des besoins de la terre? Le prêtre, dit S. Paul, doit vivre de l'autel. Il n'a pas droit d'exiger, à la bonne heure , mais il a celui de désirer et de recevoir.

 







 

 

 



 

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