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La Mort et le Malheureux.

Un Malheureux appelait tous les jours
La mort à son secours.
O mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
Viens vite, viens finir ma fortune cruelle.
La Mort crut, en venant, l'obliger en effet.
Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
Que vois-je! cria-t-il, ôtez-moi cet objet ;
Qu'il est hideux ! que sa rencontre
Me cause d'horreur et d'effroi !
N'approche pas, ô mort ; ô mort, retire-toi.
Mécénas* fut un galant homme :
Il a dit quelque part : Qu'on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme
Je vive, c'est assez, je suis plus que content.
Ne viens jamais, ô mort ; on*t'en dit tout autant.

Pages liées :

Loqman : L'homme et la Mort.
Esope : Du vieillard et de la mort.
Marie de France : La Mort et le Bosquillon.
Jean-Pierre Claris de Florian : La mort.
La fable "Le Bûcheron et le Malheureux" vue par Boileau Despréaux.

Note sur la fable :

*Mécènas : collaborateur de l'empereur Auguste, spirituel épicurien, fit beaucoup pour les lettres.
* on t'en dis tout autant : tous les hommes, La Fontaine inclus.
Sources : "Rendez-moi estropié de la main, estropié du pied, de la cuisse ; élevez sur mon dos une bosse arrondie, ébralez mes dents chancelantes, tant que la vie me reste, tout est bien. Cette vie, même si je suis assis sur le chevalet aigu, conservez-la moi" - Mécène, cité par Sénèque. ep. à Lucilius -
- Ce sujet a été traité d'une autre façon par Esope, comme la fable suivante le fera voir. Je composai celle-ci pour une raison qui me contraignait de rendre la chose aussi générale. Mais quelqu'un me fît connaître que j'eusse beaucoup mieux fait de suivre mon original, et que je laissais passer un de plus beaux traits qui fût dans Esope. Cela m'obligea d'y avoir recours. Nous ne saurions aller plus avant que les anciens : il ne nous ont laissé pour notre part que la gloire de les bien suivre. Je joins toutefois ma fable à celles d' Esope, non que la mienne le mérite, mais à cause du mot de Mécénas que j'y fais rentrer, et qui est si beau et si à propos que je n'ai pas cru le devoir omettre. voir la comparaison avec la fable de Despréaux. Jean de La Fontaine

Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.

 

Pas de note sur cette fable.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803.

La mort est ordinairement représentée sous la forme d'un squelette décharné, armé d'une faux, symbole trop véritable des ravages qu'elle exerce sur tout ce qu'il y a sur la terre.
(1) N' approche pas , ô Mort ! ô Mort , retire toi. Cette répétition n'est point oiseuse ; elle est le cri naturel de la prière, qui craint de n'avoir point été entendue une première fois.
(2) Mécénas ou Mécene, illustre chevalier romain, dont les chants d'Horace et de Virgile ont immortalisé la mémoire. La pensée que La Fontaine cite de lui, se trouve, exprimée dans ces Vers que Sénèque nous a conservés :
Debilem facito manu, Debilem pede, Coxâ ; Tuber adstrue gibberum ; Lubricos quate dentes; Vita dùm superest, beene est. Hanc mibi , vel acutâ Si sedeam cruce, sustine.
En voici la traduction, aussi élégante que fidelle : rendez mes mains débiles, rendez mes pieds foibles et boiteux ; élevez une bosse sur mon dos, ébranlez toutes mes dents ; tout ira bien Tome I. d
Si vous me laissez la vie. Conservez-la pour moi, même en me mettant en croix, (Sénèque, ép. 101, trad. de M. Lagrange? T. II p. 321 ). Mais le philosophe rappelle ce vœu de Mécene dans un, sens bien différent de celui du poète. « Que souhaiter, dit-il à un. pareil homme, sinon que les Dieux l'exaucent? O honte ineffaçable de ces vers efféminés ! Monument odieux de la crainte la plus folle ! Etoit-ce ainsi que Virgile mendioit la vie, lorsqu'il s'écrioit : est-ce donc un si grand, malheur que de mourir ? Usque adeone mori miserum est? (Eneid. L. XII. t. 646.) Qu'est-ce que vivre de cette manière ? (C'est mourir long-temps. " A qui appartient-il de prononcer entre Sénèqùe et La Fontaine ? A la nature et à l'expérience.
M. de Champfort ne dit pas un mot de cette fable non plus que de la suivante. Pourquoi?
( Note de la Fontaine à la suite de cette fable ). Ce sujet a été traité d'une autre façon par Esope, comme la fable suivante le fera voir. Je composai celle-ci pour une raison qui me contrai-gnoit de rendre ainsi la chose générale ; mais quelqu'un me fit connoître que j'eusse beaucoup mieux fait de suivre mon original, et que je laissois passer un des plus beaux traits qui fût dans Esope. Cela m'obligea d'y avoir recours. Nous ne saurions aller plus loin que les anciens ; ils ne nous ont laissé pour notre part que la gloire de les bien suivre. Je joins toutefois ma fable à celle d'Esope ; non que la mienne le mérite, mais à cause du mot de Mécénas que j'y fais entrer, et qui est si beau et si à propos, que je n'ai pas cru le devoir omettre.


  Des fabulistes et des conteurs :

 
- Fabularum.net
Pour les amoureux de Jean de la Fontaine, un site où vous pourrez lire ses fables en Anglais et en Italien à visiter . Bon surf.

  Jean-Pierre Claris de Florian :   Jean-Pierre Claris de Florian est né à Florian près de Sauve, dans les Cévennes, le 6 mars 1755, perd sa mère très jeune, probablement à l'âge de deux ans.
     Familier du château de Sceaux et protégé de Voltaire (son oncle). Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant , remplaçant le cardinal de Luynes.
  Etienne Fumars :
Etienne Fumars, fabuliste français, né près de Marseille, le 22 Octobre 1743, décédé en 1806 à Copenhague. Professeur des belles-lettres françaises à l'Université de Kiel de cette ville. Auteur de fables et de poésies diverses
   Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES :      Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES , dame), femme poète, née à Douai, en 1787 , fut d'abord cantatrice (1806 à 1817) en province et à l'Opéra-Comique.
Devenue auteur, elle a écrit : Élégies et romances (1818), Poésies (1829), les Pleurs (1833), Pauvres fleurs! (1839), Contes en vers (1840), Bouquets et prières (1843). Elle a en outre publié quelques romans et volumes de prose. — Mme Desbordes-Valmore est morte le 23 juillet.
    Marie-Catherine Le Jumel de Barneville : ... est née en 1650 à Barneville. La comtesse d'Aulnoy est l'auteur des contes de fées, contes très agréables. Elle est la fille de Jumel de Barneville. Mariée à contre-coeur à François de la Mothe, comte d'Aulnoy suite à un arangement de famille , elle aura cinq enfants avec lui.
   Son mari, le comte d'Aulnoy fut accusé de lèze-majesté, enfermé et menacé de perdre la tête, avant qu'un de ses trois accusateurs , pris de remords, n'avoua la calomnie. Madame d'Aulnoy doit se réfugier en Angleterre pour fuir la justice. Elle revient en France en 1685.
  La fable : Le Corbeau et le Renard expliquée par Jean-Jacques Rousseau.   Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; de ces cinq ou six je prends pour exemple la première (1) de toutes , parce que c'est celle dont la morale est le plus de tout âge, celle que les enfants saisissent le mieux, celle qu'ils apprennent avec le plus de plaisir, enfin celle que pour cela même l'auteur a mise par préférence à la tête de son livre. lire la suite...
 
Chateaudecartes.fr - Un site dédié aux cartes postales et aux chromos dont quelques unes sont en rapport avec nos fabulistes.
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