ne Montagne en mal d'enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun au bruit accourant
Crut qu'elle accoucherait, sans faute,
D'une Cité plus grosse que Paris :
Elle accoucha d'une Souris.
Quand je songe à cette Fable
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
Je me figure un Auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans au Maître du tonnerre.
C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ?
Du vent.
Toutes les fables , quand elles sont bien faites , doivent être dans le même cas , et cacher un sens vrai sous le récit d'une action inventée. D'où vient donc La Fontaine n'applique-t-il cette réflexion qu'à l'Apologue actuel ? Serait-ce qu'une montagne prête d'accou cher lui aurait paru plus contraire à la vraisemblance qu'une lime qui adresse la parole à un serpent ? Cela serait une grande bonhom-mie.
V. 14. Du vent.
Ce vers de deux syllabes fait ici un effet très-agréable ; et on ne peut exprimer mieux la nullité de la production annoncée avec faste.
(1) Rabelais : « La mocquerie est telle que de la Montaigne d'Horace, laquelle crioit et lamentoit énormément comme femme en travail d'enfant. A son cry et lamentation, accourut tout le voisinaige, en expectation de voir quelque admirable et monstrueux enfantement; mais enfin ne nasquit d'elle qu'une petite Souris ». Horace a renfermé ce sujet dans un seul vers , qui est un modèle inimitable de précision et d'harmonie imitative. Le ridiculus mus a été imité par La Fontaine dans ces derniers mots: Mais qu'en sort-il souvent ?Du vent.
Peut-être Boileau est-il aussi précis qu'Horace, mais moins pit toresque :
La Montagne en travail enfante une Souris. (Art. Poé t. ch. 3.)
La fable de Boursault est plus chargée en description : ce n'étoit point une saillie, c'étoit un tableau que son genre exigeoit de lui. Hagedorn , pour se donner plus de carrière, imagine une es pèce d'ordre composite ; et il faut lui savoir au moins gré d'avoir reculé les bornes de l'art. Nous avons eu déjà occasion de parler de cette fable.
Le Pot de terre et le Pot de fer
Le petit Poisson et le Pêcheur
Les Oreilles du Lièvre
Le Renard ayant la queue coupée
Le Satyre et le Passant
Le Cheval et le Loup
La Vieille et les deux Servantes
Le Laboureur et ses Enfants
La Montagne qui accouche
La Fortune et le jeune Enfant
Les Médecins
La Poule aux oeufs d'or
L'Ane portant des reliques
Le Cerf et la Vigne
Le Serpent et la Lime
Le Lièvre et la Perdrix
L'Aigle et le Hibou
Le Lion s'en allant en guerre
L'Ours et les deux Compagnons
L'Ane vêtu de la peau du lion
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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Qui ne me soit souverain bien, -
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