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La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf.  

 

Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point.". La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

 

Fable liée :

  Les fables en chansons : La Grenouille et le Boeuf.
  Les fables en chansons : La Grenouille et le Boeuf. par Dalès.

Note sur la fable :

Source : Phèdre, La grenouille qui éclate et le boeuf - Nevelet- dialogues de Horace - satires II.

Commentaires et analyses des fables de Jean La Fontaine par Chamfort . 1796.

Cette petite fable est charmante par la vérité de la peinture , pour le dialogue des deux grenouilles, et pour l'expression élé­gante qui s'y trouve.
Plusieurs gens de goût blâment La Fontaine d'avoir mis la morale , ou à la fin, ou au commencement de chaque fable ; chaque fable , disent-ils, contient sa morale dans elle-même : sévérité qui nous aurait fait perdre bien des vers charmans.
La grenouille envieuse de la taille imposante du boeuf, voulant lui ressembler, pécora à n'en plus finir. Cette  envie, finit par lui coûter la vie .
Comme le dit si bien l'auteur :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803.

(1) Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille. Gomme ce vers est pittoresque ! Mr de Voltaire refuse à La Fontaine le titre de peintre ; ce seul exemple suffiroit pour repousser l'accusation. Que l'on eût donné à Oudry, à Paul Poter le sujet de cette fable à représenter, ils auroient bien saisi dans le gonflement de la Gre nouille un point fixe, qu'ils auroient rendu avec l'énergie qui les caractérise ; mais la progression des mouvemens, mais ces efforts ambitieux de l'animal qui se travaille dans tous les sens , auroient échappé à leur pinceau. Ici le vers s'étend et se prolonge avec l'action. L'accumulation des verbes, la répétition embarrassée des mots, la rendent réellement présente aux yeux.
(2) Est-ce assez? dites-moi, etc. Ce dialogue est un modèle de précision et de naturel. On a fait honneur à un écrivain contemporain (* ) d'avoir donné plus de rapidité au style du dialogue , en le dégageant des parenthèses dit-il et répondit-il. Régnier, Rabelais, La Fontaine sur-tout, avoient les premiers droits à cet éloge.
(3) . . . La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva. Termes de mépris empruntés du langage commun.— Le récit est simple, l'expression familière ; c'est que la mort d'une Grenouille victime de sa ridicule prétention , ne méritoit pas plus de colère. Le poète Desforges-Maillard a es sayé d'ennoblir cette expression dans ces vers :
Que nous sommes les rois des hôtes des forêts,
Et de tout ce qu'orgueil a surnommé pécore. ( Fab. 8).
(4) Le monde est plein de gens, etc. Le sens moral de cette fable avoit-il besoin d'être énoncé ? Phèdre ne l'a pas cru. La Fon taine n'a point imité son prédécesseur ; J. J. Rousseau lui en fait un reproche qu'il étend, à tous les apologues ( **). Que de richesses perdues pour l'apologue et pour la langue, si La Fontaine eut pensé ainsi!
J'observe qne deux des plus célèbres personnages de ce siècle , ont jugé La Fontaine avec une excessive sévérité. Ses contempo rains furent plus justes envers lui ; les écrivains médiocres lui par donnèrent sa supériorité, et les plus grands génies, ou présagèrent ses succès, ou les embellirent encore par leurs suffrages.
(*) L'auteur des Contes Moraux vivoit encore à l'époque ou ce commentaire fut composé.
(**) Je voudrois qu'ayant de mettre les fables de cet auteur inimitable entre les mains d'un jeune homme, on en retranchât toutes ces conclusions par lesquelles il prend la peine d'expliquer ce qu'il vient de dire aussi clairement qu'agréablement. (Emile, Liv. IV. )


  Des fabulistes et des conteurs :

 
- Fabularum.net
Pour les amoureux de Jean de la Fontaine, un site où vous pourrez lire ses fables en Anglais et en Italien à visiter . Bon surf.

  Jean-Pierre Claris de Florian :   Jean-Pierre Claris de Florian est né à Florian près de Sauve, dans les Cévennes, le 6 mars 1755, perd sa mère très jeune, probablement à l'âge de deux ans.
     Familier du château de Sceaux et protégé de Voltaire (son oncle). Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant , remplaçant le cardinal de Luynes.
  Etienne Fumars :
Etienne Fumars, fabuliste français, né près de Marseille, le 22 Octobre 1743, décédé en 1806 à Copenhague. Professeur des belles-lettres françaises à l'Université de Kiel de cette ville. Auteur de fables et de poésies diverses
   Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES :      Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES , dame), femme poète, née à Douai, en 1787 , fut d'abord cantatrice (1806 à 1817) en province et à l'Opéra-Comique.
Devenue auteur, elle a écrit : Élégies et romances (1818), Poésies (1829), les Pleurs (1833), Pauvres fleurs! (1839), Contes en vers (1840), Bouquets et prières (1843). Elle a en outre publié quelques romans et volumes de prose. — Mme Desbordes-Valmore est morte le 23 juillet.
    Marie-Catherine Le Jumel de Barneville : ... est née en 1650 à Barneville. La comtesse d'Aulnoy est l'auteur des contes de fées, contes très agréables. Elle est la fille de Jumel de Barneville. Mariée à contre-coeur à François de la Mothe, comte d'Aulnoy suite à un arangement de famille , elle aura cinq enfants avec lui.
   Son mari, le comte d'Aulnoy fut accusé de lèze-majesté, enfermé et menacé de perdre la tête, avant qu'un de ses trois accusateurs , pris de remords, n'avoua la calomnie. Madame d'Aulnoy doit se réfugier en Angleterre pour fuir la justice. Elle revient en France en 1685.
  La fable : Le Corbeau et le Renard expliquée par Jean-Jacques Rousseau.   Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; de ces cinq ou six je prends pour exemple la première (1) de toutes , parce que c'est celle dont la morale est le plus de tout âge, celle que les enfants saisissent le mieux, celle qu'ils apprennent avec le plus de plaisir, enfin celle que pour cela même l'auteur a mise par préférence à la tête de son livre. lire la suite...
 
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