n Bûcheron venait de rompre ou d'égarer
Le bois dont il avait emmanché sa cognée.
Cette perte ne put sitôt se réparer
Que la Forêt n'en fût quelque temps épargnée.
L'Homme enfin la prie humblement
De lui laisser tout doucement
Emporter une unique branche,
Afin de faire un autre manche.
Il irait employer ailleurs son gagne-pain ;
Il laisserait debout maint chêne et maint sapin
Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes.
L'innocente Forêt lui fournit d'autres armes.
Elle en eut du regret. Il emmanche son fer.
Le misérable ne s'en sert
Qu'à dépouiller sa bienfaitrice
De ses principaux ornements.
Elle gémit à tous moments :
Son propre don fait son supplice.
Voilà le train du Monde et de ses Sectateurs :
On s'y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.
Je suis las d'en parler ; mais que de doux ombrages
Soient exposés à ces outrages,
Qui ne se plaindrait là-dessus ?
Hélas ! j'ai beau crier et me rendre incommode :
L'ingratitude et les abus
N'en seront pas moins à la mode.
- Analyses : Chamfort 1796
- MSN. Guillon 1803.
- Livre : XIIème.
V. 5. L'homme enfin la prie humblement.
Pourquoi cette prière si humble? Pourquoi l'homme n'arrachait-il pas une branche ? Cela n'est pas motivé. D'ailleurs là morale de cet Apologue rentre dans celui du cerf et de la vigne, qui est beaucoup meilleur (Livre V, fable 15).
1) L'homme enfin la prie humblement
De lui laisser tout doucement
Emporter une unique branche.
C'est bien là le ton suppliant de la demande. Doucement. De peur de blesser. Une unique branche.
Quel tort cela fera-t-il? L'ingrat! plus il fut humble, plus il devient coupable.
2) Afin de faire un autre manche. Ce n'est point là un objet
de fantaisie ou de luxe , mais de nécessité. Comment refuser un tel
service à des désirs aussi bornés ?
3) Son fer ne rime pas avec s'en sert. Malherbe a de ces rimes,
que Ménage appelle des Normanismes.
4) Mais que de doux ombrages
Soient exposés à ces outrages.
L'aimable sentiment que celui qui s'attriste sur une forêt dépouillée de ses ombrages ! et La Fontaine avoit alors soixante-douze ans ! Non, non , le cœur de La Fontaine ne s'étoit pas plus refroidi que son génie!
Les Compagnons d'Ulysse
Le Chat et les deux Moineaux
Du Thésauriseur et du Singe
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Un Fou et un Sage
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Le Juge arbitre, l'Hospitalier, et le Solitaire
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
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Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




