Et fait un grand procès là-haut pour une pomme,
On la fit déloger des Cieux.
Chez l'Animal qu'on appelle Homme
On la reçut à bras ouverts,
Elle et Que-si-que-non, son frère,
Avecque Tien-et-mien son père.
Elle nous fit l'honneur en ce bas Univers
De préférer notre Hémisphère
A celui des mortels qui nous sont opposés ;
Gens grossiers, peu civilisés,
Et qui, se mariant sans Prêtre et sans Notaire,
De la Discorde n'ont que faire.
Pour la faire trouver aux lieux où le besoin
Demandait qu'elle fût présente,
La Renommée avait le soin
De l'avertir ; et l'autre diligente
Courait vite aux débats et prévenait la Paix,
Faisait d'une étincelle un feu long à s'éteindre.
La Renommée enfin commença de se plaindre
Que l'on ne lui trouvait jamais
De demeure fixe et certaine.
Bien souvent l'on perdait à la chercher sa peine.
Il fallait donc qu'elle eût un séjour affecté,
Un séjour d'où l'on pût en toutes les familles
L'envoyer à jour arrêté.
Comme il n'était alors aucun Couvent de Filles,
On y trouva difficulté.
L'Auberge enfin de l'Hyménée
Lui fut pour maison assignée.
- analyses par Chamfort 1796.
- Commentaires MNS Guillon 1803.
- Livre : VIe. La Fontaine.
V. 4. Chez l'animal qu'on appelle homme , On la reçut à bras ouverts.Bonne satire de l'humanité en général ; puis vient la satire de la société, de l'homme civilisé qui n'a fait, par les conventions sociales, que multiplier les sujets de discorde. La Fontaine ne sort pas du ton de la plus simple bonhommie , et c'est ce qui rend cette fable si piquante. La difficulté de loger la discorde , parce qu'il n'y avait point de couvent de filles , est un trait imité de l'Arioste , qui la loge chez les moines ; mais La Fontaine qui voulait la loger chez lés époux, a su tirer parti de cette imagination de l'Arioste.
(2) Elle et Que-si-que-non, son frère ,
Avecque tien-et-mien, son père. « Si La Fontaine introduit des personnages allégoriques de sa façon, c'est toujours en homme simple : c'est Que-si-que-non , frère de la Discorde ; c'est Tien et-mien, son père, etc. ». ( Marmontel. )
Les uns disent que si, et les autres que non.
( Scarron. )
Platon dit qu'une ville est heureuse, quand on n'y connoit pas le tien et le mien. (Plutarque, Préceptes de Mariage, T. II. trad. de Ricard, p. 172. Boileau, Sat. XI. )
S'il y avoit un genre auquel il fallût assigner cette longue épi gramme, ce seroit au conte plutôt qu'à l'apologue. Quelques traits de satyre un peu malins contre les prêtres et les couvens, pour ront lui tenir lieu de tout autre mérite auprès de certains lecteurs , mais ne seront point des titres suffisans aux yeux de ces philo sophes qui veulent jusques dans les jeux de l'esprit une instruc tion grave et une morale saine.
C'est à Plutus, dieu de l'intérêt, que Gay rapporte la mésin telligence trop ordinaire entre l'amour et l'hymen.
Le Lion et le Chasseur
Phébus et Borée
Jupiter et le Métayer
Le Cochet, le Chat, et le Souriceau
Le Renard, le Singe, et les Animaux
Le Mulet se vantant de sa généalogie
Le Vieillard et l'Ane
Le Cerf se voyant dans l'eau
Le Lièvre et la Tortue
L'Ane et ses Maîtres
Le Soleil et les Grenouilles
Le Villageois et le Serpent
Le Lion malade et le Renard
L'oiseleur, l'Autour, et l'Alouette
Le Cheval et l'Ane
Le Chien qui lâche sa proie pour l'ombre
Le Chartier embourbé
Le Charlatan
La Discorde
La Jeune Veuve
Epilogue
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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Qui ne me soit souverain bien, -
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Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
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