Dans ce récit je prétends faire voir
D'un certain sot la remontrance vaine.
Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir,
En badinant sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu'un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un Maître d'école.
L'Enfant lui crie : "Au secours ! je péris. "
Le Magister, se tournant à ses cris,
D'un ton fort grave à contre-temps s'avise
De le tancer : "Ah! le petit babouin !
Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux qu'il faille
Toujours veiller à semblable canaille !
Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! "
Ayant tout dit, il mit l'enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
Se peut connaître au discours que j'avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l'engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d'exercer leur langue.
Hé ! mon ami, tire-moi de danger :
Tu feras après ta harangue.
Fables liées :
Les fables en chansons : Le renard et la Cogogne.
(2) Ayant tout dit : mot d'une admirable naïveté. Heureusement qu'il ne lui restoit plus rien à dire, sans quoi l'enfant étoit perdu.
(3) Le Créateur en a béni l'engeance : tant l'espèce en est commune. Allusion à ces mots : benedicens dixit ; crescite et multiplicamini.
(4) Tu feras après ta harangue. Cette manie de dogmatiser avoit été déjà le sujet des plaisanteries de Rabelais. Dans Gargantua , a Un moine passant à cheval sous un noyer, lasche la bride et se trouve pendu aux branches, cependant que le cheval se desrobe de dessoubs lui.Par ce moyen demoura le moyne pendant au noyer, et criant à l'aide et au meurtre. Endemon premier l'apperçeut, et appelant Gargantua, Cyre, dist-il, venez envoyez Absalon pendu. Gargantua venu , considéra la contenance du moyne, et la forme dont il pendoit, et dist à Eudemon, vous avez mal rencontré, le comparant à Absalon ; car Absalon se pendit par les cheveux, mais le moyne, ras de teste, s'en pendu par les aureilles.
Aidez-moy, dist le moyne , de par le diable. N'est-il pas bien le temps de jaser? Vous me semblez les prescheurs decretalistes qui disent que quiconque voisra son prochain en dangier de mort , il le doit, soubs peine d'excommunication , plustôt admonester de soy confesser et mettre en estat de grâce, que de luy aider. ( Gargantua , L. I. ch. 43 ), » S. Augustin lui-même s'est moqué de cette manie , comme l'a fort bien remarque Melander dans ses Jocoseria, Tom. I. n°. 520. Rabel. T. I. édit. d'Amsterd. 1725, pag.268, note.
*a béni : dans la genèse, " Croissez et multipliez"
Source : - L'enfant au bain - Un enfant qui se baignait un jour dans un fleuve était en danger de se noyer. Apercevant un passant, il lui demanda à grands cris de l'aide. L'autre de gronder l'enfant et de l'appeler imprudent; mais celui-ci : "Pour le moment, dit-il, je te prie de me porter secours; plus tard, quand tu m'auras sauvé, tu me gronderas.". Appliquons cette fable à ceux qui fournissent à autrui l'occasion de leur nuire. - Esope, absente de Nevelet - Faerne, fable 49, - Le renard et le loup -
Le Corbeau et le Renard
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf
Les Deux Mulets
Le Loup et le Chien
La Génisse, la Chèvre, et la Brebis, en société avec le Lion
La Besace
L'Hirondelle et les petits Oiseaux
Le Rat de ville et le Rat des champs
Le Loup et l'Agneau
L'Homme et son image
Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues
Les Voleurs et l'Ane
Simonide préservé par les Dieux
La Mort et le Malheureux
La Mort et le Bucheron
L'Homme entre deux âges et ses deux Maîtresses
Le Renard et la Cigogne
L'enfant et le Maître d'école
Le Coq et la Perle
Les Frelons et les mouches à miel
Le chêne et le Roseau
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
La Fontaine et de nombreux autres fabulistes ont copié ou se sont inspirés des fables du Phrygien; Mais comment savoir qui s'est inspiré de qui ? Et qui a copié quoi ?. Alors Fabulistes.net essayera de répertorier ces fables...essayera seulement ! - Il a été créé pour mettre en parallèle les fables de ces deux auteurs, et pour se rendre compte de l'incontestable contribution d'Esope, à la "FABLE" et aux "FABULISTES". - fabulistes.net.
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Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
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