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Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
 L'enfant et le Maître d'école

Dans ce récit je prétends faire voir
D'un certain sot la remontrance vaine.
Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir,
En badinant sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu'un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un Maître d'école.
L'Enfant lui crie : "Au secours ! je péris. "
Le Magister, se tournant à ses cris,
D'un ton fort grave à contre-temps s'avise
De le tancer : "Ah! le petit babouin !
Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux qu'il faille
Toujours veiller à semblable canaille !
Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! "
Ayant tout dit, il mit l'enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
Se peut connaître au discours que j'avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l'engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d'exercer leur langue.
Hé ! mon ami, tire-moi de danger :
Tu feras après ta harangue.

 



 
Notes sur la fable:
*babouin : au sens figuré, un étourdi. *a béni : dans la genèse, " Croissez et multipliez"
Source : - L'enfant au bain - Un enfant qui se baignait un jour dans un fleuve était en danger de se noyer. Apercevant un passant, il lui demanda à grands cris de l'aide. L'autre de gronder l'enfant et de l'appeler imprudent; mais celui-ci : "Pour le moment, dit-il, je te prie de me porter secours; plus tard, quand tu m'auras sauvé, tu me gronderas.". Appliquons cette fable à ceux qui fournissent à autrui l'occasion de leur nuire. - Esope, absente de Nevelet - Faerne, fable 49, - Le renard et le loup -

Commentaires et analyses par Chamfort . 1796.

Dans ce récit, La Fontaine pouvait se dispenser d'annoncer son dessein. Cela diminue la curiosité, d'autant plus qu'il y revient à la fin de la fable, et même d'une manière trop longue et peu piquante.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon .1803.

(1) Après Dieu. Dieu , cause première, providence suprême , dispose les événemens qui agissent comme causes secondes.
(2) Ayant tout dit : mot d'une admirable naïveté. Heureusement qu'il ne lui restoit plus rien à dire, sans quoi l'enfant étoit perdu.
(3) Le Créateur en a béni l'engeance : tant l'espèce en est commune. Allusion à ces mots : benedicens dixit ; crescite et multiplicamini.
(4) Tu feras après ta harangue. Cette manie de dogmatiser avoit été déjà le sujet des plaisanteries de Rabelais. Dans Gargantua , a Un moine passant à cheval sous un noyer, lasche la bride et se trouve pendu aux branches, cependant que le cheval se desrobe de dessoubs lui.Par ce moyen demoura le moyne pendant au noyer, et criant à l'aide et au meurtre. Endemon premier l'apperçeut, et appelant Gargantua, Cyre, dist-il, venez envoyez Absalon pendu. Gargantua venu , considéra la contenance du moyne, et la forme dont il pendoit, et dist à Eudemon, vous avez mal rencontré, le comparant à Absalon ; car Absalon se pendit par les cheveux, mais le moyne, ras de teste, s'en pendu par les aureilles.
Aidez-moy, dist le moyne , de par le diable. N'est-il pas bien le temps de jaser? Vous me semblez les prescheurs decretalistes qui disent que quiconque voisra son prochain en dangier de mort , il le doit, soubs peine d'excommunication , plustôt admonester de soy confesser et mettre en estat de grâce, que de luy aider. ( Gargantua , L. I. ch. 43 ), » S. Augustin lui-même s'est moqué de cette manie , comme l'a fort bien remarque Melander dans ses Jocoseria, Tom. I. n°. 520. Rabel. T. I. édit. d'Amsterd. 1725, pag.268, note.

 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

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Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
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En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
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Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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