e la peau du Lion l'Ane s'étant vêtu
Etait craint partout à la ronde,
Et bien qu'animal sans vertu,
Il faisait trembler tout le monde.
Un petit bout d'oreille échappé par malheur
Découvrit la fourbe et l'erreur.
Martin fit alors son office.
Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice
S'étonnaient de voir que Martin
Chassât les Lions au moulin.
Force gens font du bruit en France,
Par qui cet Apologue est rendu familier.
Un équipage cavalier
Fait les trois quarts de leur vaillance.

1) Un petit bout d'oreille, etc. C'est surtout à la lecture qu'on réussiroit à faire sentir la finesse de ce vers. ( V. M. l'abbé Aubert, Tome I.
discours sur la manière de lire les Fables ; à la suite de ses fables. )
(2) Martin fit alors son office. C'est le Martin-bâton qui s'est déjà exercé sur l'Ane de la fable 5 du Liv. IV. Cette burlesque dénomination est prise de Rabelais, L. III. ch, 13, et elle a été cent fois imitée depuis.
La plupart des autres fabulistes amènent sur la scène un Renard qui découvre la fraude. Les autres animaux en font justice en l'assommant. Le rôle du Renard est inutile : aussi La Fontaine ne l'a-1-il pas employé. Et puis, pourquoi faire mettre à mort un pauvre Ane qui n'est que ridicule ? il y a bien plus de comique à le ramener au moulin.
On peut reconnoître la haute antiquité de cette fable au pro verbe populaire commun chez les Grecs : Vous m'avez mis snr les épaules une peau de lion. En effet, c'est là l'origine à laquelle Erasme là rapporte dans ses adages, p. 146. éd. in-fol.
Le Pot de terre et le Pot de fer
Le petit Poisson et le Pêcheur
Les Oreilles du Lièvre
Le Renard ayant la queue coupée
Le Satyre et le Passant
Le Cheval et le Loup
La Vieille et les deux Servantes
Le Laboureur et ses Enfants
La Montagne qui accouche
La Fortune et le jeune Enfant
Les Médecins
La Poule aux oeufs d'or
L'Ane portant des reliques
Le Cerf et la Vigne
Le Serpent et la Lime
Le Lièvre et la Perdrix
L'Aigle et le Hibou
Le Lion s'en allant en guerre
L'Ours et les deux Compagnons
L'Ane vêtu de la peau du lion
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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