De ce qu'on le faisait lever devant l'Aurore.
Les Coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin ;
Je suis plus matineux encor.
Et pourquoi ? Pour porter des herbes au marché.
Belle nécessité d'interrompre mon somme !
Le sort de sa plainte touché
Lui donne un autre Maître ; et l'Animal de somme
Passe du Jardinier aux mains d'un Corroyeur.
La pesanteur des peaux, et leur mauvaise odeur
Eurent bientôt choqué l'impertinente Bête.
J'ai regret, disait-il, à mon premier Seigneur.
Encor quand il tournait la tête,
J'attrapais, s'il m'en souvient bien,
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien.
Mais ici point d'aubaine ; ou, si j'en ai quelqu'une,
C'est de coups. Il obtint changement de fortune,
Et sur l'état d'un Charbonnier
Il fut couché tout le dernier.
Autre plainte. Quoi donc ! dit le Sort en colère,
Ce Baudet-ci m'occupe autant
Que cent Monarques pourraient faire.
Croit-il être le seul qui ne soit pas content ?
N'ai-je en l'esprit que son affaire ?
Le Sort avait raison ; tous gens sont ainsi faits :
Notre condition jamais ne nous contente :
La pire est toujours la présente.
Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
Qu'à chacun Jupiter accorde sa requête,
Nous lui romprons encor la tête.
- analyses par Chamfort 1796.
- Commentaires MNS Guillon 1803.
- Livre : VIe. La Fontaine.
Il faut convenir que l'âne n'a pas tout-à-fait tort de se plaindre. Le Destin , dans cette fable-ci, a presque autant d'humeur que Jupiter dans la fable des grenouilles , du soliveau et de l'hydre. Mais j'ai déjà observé que la morale de la résignation est toujours excellente à prêcher aux hommes, bien entendu que le mal est sans remède.
Le Lion et le Chasseur
Phébus et Borée
Jupiter et le Métayer
Le Cochet, le Chat, et le Souriceau
Le Renard, le Singe, et les Animaux
Le Mulet se vantant de sa généalogie
Le Vieillard et l'Ane
Le Cerf se voyant dans l'eau
Le Lièvre et la Tortue
L'Ane et ses Maîtres
Le Soleil et les Grenouilles
Le Villageois et le Serpent
Le Lion malade et le Renard
L'oiseleur, l'Autour, et l'Alouette
Le Cheval et l'Ane
Le Chien qui lâche sa proie pour l'ombre
Le Chartier embourbé
Le Charlatan
La Discorde
La Jeune Veuve
Epilogue
Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."
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La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




