La Cicala e la Formica.   




La Cicala che imprudente
tutto estate al sol cantò,
provveduta di niente
nell'inverno si trovò,
senza più un granello e senza
una mosca in la credenza.
Affamata e piagnolosa
va a cercar della Formica
e le chiede qualche cosa,
qualche cosa in cortesia,
per poter fino alla prossima
primavera tirar via:
promettendo per l'agosto,
in coscienza d'animale,
interessi e capitale.
La Formica che ha il difetto
di prestar malvolentieri,
le dimanda chiaro e netto:
- Che hai tu fatto fino a ieri?
- Cara amica, a dire il giusto
non ho fatto che cantare
tutto il tempo. - Brava ho gusto;
balla adesso, se ti pare.

La suite de La Cigale et la Fourmi par Barthélemy de Beauregard
Analyse de la fable par Henri de Regnier.
Trait historique ou biographique de la fable par Hugin-Furcy.
A lire aussi :
"La Cigale et la Fourmi" vue par Alfred de Courcy
Champeau : La Cigale et la Fourmi, (dialogue).
Plan commentaire et analyse de cette fable par Clodomir Rouzé.

Commentaires et analyses par Chamfort  - 1796.
La Cigale et la Fourmi.
Cette fable est une des plus faibles de La Fontaine. Elle n'est très-citée que parce qu'elle est la première. La fourmi qui paiera l'intérêt et le principal. Je chantais, eh bien dansez maintenant. La brièveté la plus concise vaudrait mieux que ces prétendus ornemens.
V. 15. La fourmi n'est pas prêteuse ; C'est là son moindre défaut.
Il y a là une équivoque, on plutôt une vraie faute. La Fontaine veut dire que d'être prêteuse est son moindre défaut, pour faire entendre qu'elle ne l'est pas , et on peut croire qu'il dit que de n'être pas prêteuse est son moindre défaut, c'est-à-dire qu'elle a de bien plus grands défauts que de ne pas prêter.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon - 1803.
(1) Bise, vent de nord, qui annonce le froid de l'hiver. Clément Marot avoit dit:
D'autre costé j'oy (j'entends) la bise arriver, qui en soufflant me prononce l'hiver.
(Eglog. au Roi, C.I pag. 32).
(2) Quelque grain au singulier. La Cigale n'en demande point une grande quantité ; il ne lui en faut pas plusieurs. _ Encore, si c'étoit un don ! mais non : ce n'est rien qu'un simple prêt qu'on ne refuseroit pas à une étrangère, à plus forte raison à sa voisine. Aura-t-elle le courage de la laisser mourir de faim ?
(3) Avant l'oust, avant la moisson qui se fait au mois d'août.
(4) Intérêt et principal.Voilà donc un bénéfice certain.Ce grain, inutile dans les magasins de la fourmi, va lui produire intérêt; résistera- t-elle à son propre avantage?
(5) La Fourmi n'est pas prêteuse : Cest-là son moindre défaut.
Quels sont les autres ? peut-être d'être carnacière, d'être armée d'un aiguillon très-piquant, qui la rend souvent incommode au voyageur.
(6) Emprunteuse. Terme de mépris, qui prépare au dénouement.
(7) A tout venant , comme on dit, à tout propos, sans règle et sans raison, à l'oreille du premier-venu.
(8) Vous chantiez ? j'en suis fort aise, et à cette réponse de la Fourmi a essuyé des critiques, qui retombent sur les inventeurs du sujet et non sur notre poète. Le simple refus d'une aumône légère fait à un animal mourant de faim, était déjà bien dur:la plaisanterie qui l'accompagne est cruelle. Le malheureux devient un être sacré, eût-il mérité sa disgrace. On peut répondre que l'expression badine de la Cigale demandant la charité, provoque la réponse insultante de la Fourmi ; que le fabuliste n'a prétendu donner qu'une leçon de prévoyance et non d'humanité;qu'enfin cette leçon eut été manquée, si la bienfaisance de la Fourmi eût détourné le châtiment du à l'imprévoyance de la Cigale, à qui d'ailleurs la futilité de son talent donne peu de droits à l'intérêt.
Champfort regarde cette fable comme une des plus foibles de La Fontaine ; oui, peut-être, en la comparant avec les chefs-d'œuvre qui suivent ; mais aussi qu'on la rapproche des apologues qui avoient précédé.

Notes sur la fable : La Cigale et la Fourmi.
*vermisseau : La cigale ne mange ni les vers ni les vermisseaux - la cigale n'a jamais chanté - l'auteur l'ignorait peut-être.
*moindre défaut : La Fontaine parle comme pourrait penser la fourmi de "l'avarice", un défaut mineur.
Source : La cigale et les fourmis - Pendant l'hiver , leur blé étant humide , les fourmis le faisaient sécher. La cigale, mourant de faim, leur demandait de la nourriture. Les fourmis lui répondirent : - pourquoi en été n'amassait-tu pas de quoi manger ? - je n'était pas inactive, dit celle-ci, mais je chantais mélodieusement -. Les fourmis se mirent à rire - Eh bien , si en été tu chantais , maintenant que c'est l'hiver, danse -
Cette fable montre qu'il faut pas être négligeant en quoi que ce soit, si l'on veut éviter le chagrin et les dangers.

Esope - Nevelet.


Commentaires et analyses des fables : Chamfort et Mns. Guillon -
Illustrées par J.J. Granville.
A lire "les origines des fables de La Fontaine par : A. C. M. Rober ."




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