Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Dieu, par sa miséricorde le veuille mettre en son saint repos. C' était l'âme la plus sincère et la plus candide que j'ai jamais connue : jamais de déguisement, je ne sais s'il a menti en sa vie ; c'était au reste un bel esprit capable de tout ce qu'il voulait entreprendre. Ses fables, au sentiments des plus habiles ne mouront jamais et lui feront honneur dans la postérité. MAUCROIX La Fontaine n'est plus !
Il n'est plus ! et avec lui ont disparu les jeux badins, les ris folâlres, les grâces naïves et les doctes Muses. Pleurez, vous tous qui avez reçu du ciel un coeur et un esprit capables de sentir tous les charmes d'une poésie élégante, naturelle et sans apprêt : il n'est plus cet homme à qui il a été donné de rendre la négligence même de l'art préférable à son poli le plus brillant! Pleurez donc, nourrissons des Muses; ou plutôt, nourrissons des Muses, consolez-vous: la fontaine vit tout entier, et vivra éternellement dans ses immortels écrits. Par l'ordre des temps, il appartient aux siècles modernes; mais par son génie il appartient à l'antiquité, qu'il nous retrace dans tout ce qu'elle a d'excellent. Usez-le, et dites si Anacréon a su badiner avec plus de grâce; si Horace a paré la philosophie et la morale d'ornements poétiques plus variés et plus attrayants; si Térence a peint les moeurs des hommes avec plus de naturel et de vérité; si Virgile enfin a été plus touchant et plus harmonieux '. » FENELON LOUISON - Je vous dirai, si vous voulez, pour vous désennnuyer, le conte de Peau d'Ane, ou bien la fable du Corbeau et du Renard, qu'on m'a apprise depuis peu. MOLIERE - Le malade imaginaire -
" Vous retrouvez dans tous ses ouvrages, dit-il, cette sensibilité , l'âme de tous les talens ; non celle qui est vive, impétieuse , énergique, passionnée, et qui doit animer la tragédie ou l'épopée, et tous les grands ouvrages de l'imagination ; mais cette sensibilité douce et naïve qui convient si bien au genre d'écrire que La Fontaine avait choisi ; qui se fait apercevoir à tout moment dans ses ouvrages, sans qu'il paraisse y penser, et joint à tous les àgrémens qui s'y rassemblent un nouveau charme plus attachant encore que tous les autres. Quelle foule de sentimens aimables répandue dans ses écrits! Comme on y trouve l'épanchement d'une âme pure, et l'effusion d'un bon cœur! Avec quel intérêt il parle des attraits de la solitude et des douceurs de L'amitié ! Qui ne voudrait être l'âme de l'homme qui a fait la fable des Deux Amis? Se lassera-t-on jamais de relire celle des Deux Pigeons ce morceau dont l'impression est si délicieuse, à qui peut-être l'on donnerait la palme sur tous les ouvrages de La Fontaine, si parmi tant de chefs-d'oeuvre on avait la confiance de juger ou le courage de choisir ?
qu'elle est belle cette fable! qu'elle est touchante !
que ces deux Pigeons sont un couple charnant !
quelle tendresse éloquente dans leurs adieux !
Quel intérêt dans les aventures du Pigeon voyageur !
quel plaisir dans leur réunion !
Et lorsqu'en-suite le fabuliste finit par un retour sur lui-même, qu'il regrette et redemande les plaisirs qu'il a goûtés dans l'amour, quelle tendre mélancolie ! quel besoin d'aimer ! On croit entendre les soupirs de Tibulle." Laharpe