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| Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 |
Jean s'en alla comme il était venu, (1)
Mangea le fonds avec le revenu, (2)
Tint les trésors chose peu nécessaire. (3)
Quant à son temps, bien le sut dispenser :
Deux parts en fit, dont il soulait (4) passer
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire. (5)

1. La Servante justifiée vers 69.
2. En effet il abandonna ou vendit successivement sa maison et ses termes à sa femme, à son beau-frère, à ses amis, c'est-à-dire au plus bas prix possible.
3. On lit dans le texte donné par Chardon de la Rochette :
Mangea le fonds après le revenu. Tint le travail chose peu nécessaire.
Dans le recueil cité du P. Boubours, dans une édition des Contes, Amsterdam, 1696, et dans les Pièces de théatre, 1702 :
Mangeant son fonds après le revenu, Croyant le bien chose peu nécessaire.
Dans le Recueil des plus belles êpigrammes :
Mangea le fonds, mangea le revenu, Jugea trésors chose peu nécessaire.
4- Tome VI, p. 28o. — « Bien sut le dépenser », dans le Recueil des plus belles epigrammes.
5. Avait coutume : du latin solere.
ÉPITAPHE D'UN PARESSEUX.
Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de citer cette épitaphe, et de dire ce qu'il fallait penser de la « paresse » de la Fontaine.
Elle a été publiée, sous le titre que nous donnons, dans les Fables nouvelles de 1671, p. 99.
Chardon de la Rochette l'a fait précéder (1) de cette note autographe de Pellisson qu'il avait lue au bas de notre épître II, (ci-dessous, p. 107) : "Je ne fais pas difficulté d'ajouter à cette lettre, que M. de la Fontaine m'a envoyée, un tableau qu'il fit de la vie d'un de ses proches, au lieu d'épitaphe, le jour de sa mort L'Epitaphe d'un grand parleur, ci-dessus.), et,une épigramme
de six vers, que j'ai trouvée assez belle, et parfaitement bien appliquée au sujet, qui convient à un paresseux. »
L'Epitaphe d'un paresseux a été bien souvent réimprimée à la suite des Contes et des Fables, et aussi dans le Recueil de vers choisis du P. Bouhours, p. 288 (2), dans les Œuvres posthumes, 1696, p. 276, dans le Recueil des plus belles épigrammes, 1698, tome I, p. 241, dans les Pièces de théâtre, 1702, dans les OEuvres diverses de 1729, tome I, p. 164, etc., etc.
Elle a été traduite en latin par le P. Sanadon.
Voyez l'Histoire de la Fontaine de Walckenaer, tome I, p. 54-55; l'édition des Œuvres diverses de Maucroix par Louis Paris, tome I, p.CXVII-CXVIII
(1). Dans lHistoire de la Fontaine par Mathieu Marais, p. 24.
(2). Édition de 1693; elle n'est pas dans celle de 1701.
LETTRE A MONSIEUR DE MAUCROIX, Chanoine de Reims
.
Tu te trompes assurément, mon cher ami, s’il est bien vrai, comme Monsieur de Soissons me l'a dit, que tu me croies plus malade d'esprit que de corps. Il me l'a dit pour tâcher de m'inspirer du courage, mais ce n'est pas de quoi je manque. Je t’assure que le meilleur de tes amis n'a plus à compter sur quinze jours de vie. Voilà deux mois que je ne sors point, si ce n’est pour aller un peu à l’Académie, afin que cela m'amuse. Hier, comme j'en revenais, il me prit au milieu de la rue du Chantre une si grande faiblesse que je crus véritablement mourir. O mon cher, mourir n’est rien; mais songes-tu que je vais comparaître devant Dieu? Tu sais comme j'ai vécu. Avant que tu reçoives ce billet, les portes de l’Eternité seront peut-être ouvertes pour moi.
Jean de La Fontaine.
Homélie de Fénélon. A la fin de sa vie, épuisé par la maladie, hanté par le péché - il ne se consacra plus qu'aux ouvrages pieux.
Le 14 avril 1695 Jean de La Fontaine meurt chez Madame d'Hervard, rue Plâtrière à Paris, alors âgé de soixante-quatorze ans. Dans une homélie très émouvante, en latin, dite par l' Abbé Fénelon, celui-ci rend un hommage très touchant à La Fontaine : "La Fontaine n'est plus ! Il n'est plus! et avec lui ont disparu les jeux badins, les ris folâtres, les grâces naïves et les doctes Muses. Pleurez, vous tous qui avez reçu du ciel un coeur et un esprit capables de sentir tous les charmes d'une poésie élégante, naturelle et sans apprêt: il n'est plus cet homme à qui il a été donné de rendre la négligence même de l'art préférable à son poli le plus brillant!
... La Fontaine vit tout entier et vivra éternellement dans ses immortels écrits. Par l'ordre des temps, il appartient aux siècles modernes mais par son génie, il appartient à l'Antiquité, qui'il nous retrace dans tout ce qu'elle a d'excellent..."
*** Alphonse de Lamartine : " On me faisait bien apprendre aussi par coeur quelques fables de La Fontaine; mais ces vers boiteux, disloqués, inégaux, sans symétrie ni dans l'oreille ni sur la page, me rebutaient...."
*** Observations diverses sur les fables de La Fontaine. J'offre aux admirateurs de La Fontaine, par conséquent à tous les âges et à toutes les conditions, un Ouvrage qui m'aurait épargné bien des recherches et procuré de douces jouissances, s'il eût été fait avant moi. Corneille, Racine, Despréaux, Molière, Malherbe lui-même, ont eu leurs Com- mentateurs ; comment se fait-il que La Fontaine n'en ait pas eu? L'Abbé Guillon - ( voir les fables).
*** Notes sur les fables de La Fontaine. Le plus modeste des écrivains , La Fontaine, à lui-même, sans le savoir, fait son éloge, et presque son apothéose, lorsqu'il a dit que,
Si l'apologue est un présent des hommes, Celui qui nous l'a fait mérite des autels. par Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort - ( voir les fables).
*** Observations et réflexions critiques sur le genre de l'apologue , et en particulier sur les fables de La Fontaine - J'entrepris, il y a de cela bien longtemps, dans l'intérêt de mes élèves et pour ma propre instruction, un examen critique et détaillé du plus étonnant ouvrage de poésie dont se glorifie notre langue M. Decampe.
*** Conjonctures sur les sources où La Fontaine a puisé les sujets de ses fables. Les hommes éclairés qui commencèrent les recherches dont je présente aujourd'hui le résultat s'étoient proposé de mettre les lecteurs à même de comparer les différentes manières dont on avoit traité l'apologue, suivant la diversité des temps, des lieux et des personnes; mais ils avoient bien senti que cette tache seroit impossible à remplir... les sources où La Fontaine a puisé les sujets de ses fables
*** Notice sur les fabulistes par A. C. M. Robert conservateur de la bibliothèque de sainte geneviève. 1825 . La Fontaine ne s'est pas donné pour l'inventeur des fables qui portent son nom ; il les a intitulées : Fables choisies , mises en vers. Ce ne serait donc pas vouloir lui ravir une partie de sa gloire que de chercher les sources où il a puisé ....Notice sur les fabulistes.
La notice sur la vie de La Fontaine par Honoré Balzac.
La fable et l'aoplogue : Marmontel.
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse. |
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