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| Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 |
To win a race, the swiftness of a dart
Availeth not without a timely start.
The hare and tortoise are my witnesses.
Said tortoise to the swiftest thing that is,
'I'll bet that you'll not reach, so soon as I
The tree on yonder hill we spy.'
'So soon! Why, madam, are you frantic?'
Replied the creature, with an antic;
'Pray take, your senses to restore,
A grain or two of hellebore.'[13]
'Say,' said the tortoise, 'what you will;
I dare you to the wager still.'
'Twas done; the stakes were paid,
And near the goal tree laid--
Of what, is not a question for this place,
Nor who it was that judged the race.
Our hare had scarce five jumps to make,
Of such as he is wont to take,
When, starting just before their beaks
He leaves the hounds at leisure,
Thence till the kalends of the Greeks,[14]
The sterile heath to measure.
Thus having time to browse and doze,
And list which way the zephyr blows,
He makes himself content to wait,
And let the tortoise go her gait
In solemn, senatorial state.
She starts; she moils on, modestly and lowly,
And with a prudent wisdom hastens slowly;
But he, meanwhile, the victory despises,
Thinks lightly of such prizes,
Believes it for his honour
To take late start and gain upon her.
So, feeding, sitting at his ease,
He meditates of what you please,
Till his antagonist he sees
Approach the goal; then starts,
Away like lightning darts:
But vainly does he run;
The race is by the tortoise won.
Cries she, 'My senses do I lack?
What boots your boasted swiftness now?
You're beat! and yet, you must allow,
I bore my house upon my back.'
Le Lièvre et la Tortue analysée par B. Van Hollebeke. ICI
V. 7. Avec quatre grains d'ellébore.
C'était l'herbe avec laquelle on traitait la folie. Cette plante a perdu chez nous cette propriété.
V. 25. Croit qu'il y va de son honneur De partir tard. . . .
Toujours la vanité.
V. 31. Furent vains. . . La coupe de ce vers et ce monosyllabe au troisième pied, expriment à merveille l'inutilité de l'effort que fait le lièvre.
V. 54. ... Et que serait-ce Si vous portiez une maison?
Trait admirable ; la tortue non contente d'être victorieuse, brave encore le vaincu. C'est dans la joie qui suit un avantage remporté, que l'amour-propre s'épanche plus librement. La nature est ainsi faite chez les tortues et chez les hommes. Louez une jolie pièce de vers,il est bien rare que l'auteur n'ajoute , je n'ai mis qu'une heure, un jour , plus ou moins ; et s'il s'abstient de dire cette sottise, c'est qu'il y réfléchit, c'est qu'il remporte une victoire sur lui-même, c'est qu'il craint le ridicule.
(1) Ma commère , il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore. Ma commère, expression de familiarité et de dédain , telle qu'on l'adresse à une folle, à une radoteuse. Vous purger.... d'ellébore. L'ellébore est une herbe mé dicinale très-commune à Antieyre , que l'on feroit propre a guérir la folie! De là ces invitations proverbiales : allez à Antycire, prenez de l'ellébore. Horace ( Sat. III. v. 82 ) : «D'abord je dis qu'on ne sauroit donner une dose trop forte d'ellébore aux avares : je ne sais même s'il ne seroit point à propos de leur réserver tout ce qu'en produit Antycire». La Fontaine n'en veut que Quatre grains ; mais la dose est déjà un peu forte. C'est que le médecin croit la cure difficile.
(2) Enjeux. Ce que les joueurs avancent pour être le prix du gagnant.
(3) Les renvoie aux Calendes. C'est-à-dire, aux Calendes grecques, terme indéfini par lequel le débiteur se libère de son créancier : il n'y a pas plus de calendes grecques que de semaine à trois jeudis : double expression proverbiale usitée par Rabelais et les anciens auteurs.
(4) Leur fait arpenter les landes. Les égare dans des terres Stériles, hérissées d'inégalités qui les fatiguent.
(5) Pour écouter d'où vient le vent. Expression populaire, pour marquer le désœuvrement et l' insouciance.
(6) Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard, etc. L'enjambement d'un vers sur l'autre, que la poésie proscrit par-tout ailleurs, est non seulement toléré dans la fable, mais il paroît y faire beauté : c'est sans doute parce que cette manière aisée d'étendre et de placer ce qu'on a à dire conserve à la fable cette aisance , cette liberté qui en font le carac tère distinctif ( Dardenne ). Et il cite cet exemple. Discours prélim. page 42.
(7) Avois-je pas raison ? au lieu de n'avois-je pas raison ? Il y a bien des cas où il faut retrancher pas de la négation: je n'en vois point où il soit permis d'ôter ne dans une interrogation.
(8) Si vous portiez une maison ? Non contente d'être victo rieuse , elle brave encore le vaincu. Cela est parfaitement dans la nature.
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse. |
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