que les doux zéphirs de leur main
nous offrent fraîchement écloses ;
saisissons un plaisir certain ;
de vin, d' amour doublons les doses ;
hâtons-nous ; nous mourrons demain.
C' est fort mal conclu, n' en déplaise
au bon Horace, au vieillard de Theos
ils posent par tout cette these ;
moi, j' en pose une autre en deux mots.
Laissons-là le plaisir ; songeons à la justice ;
les momens que nous différons,
pis que perdus pour nous, sont gagnés pour le vice ;
hâtons-nous, demain nous mourrons.
Ces gens pour le plaisir tenant l' affirmative,
fondez sur un prochain trepas,
ne le voyoient pourtant qu' en perspective ;
ils en parloient ; mais ils n' y pensoient pas.
Qui croit mourir demain, se tient sur le qui vive ;
il voudroit être juste à vingt-quatre carats.
Ce n' est pas des plaisirs que l' on compte là-bas
avec Minos et ses confreres ;
ils veulent des vertus : songeons à nos affaires.
Ce Minos à la mort faisoit un jour sa plainte :
vous ne nous envoyez ici que des pervers ;
les bons de votre faux bravent-ils donc l' atteinte ?
Il n' en vient pas-un aux enfers.
Voluptueux, perfide, ambitieux, avare,
on n' y voit autre chose ; il faut toûjours punir.
Tout regorge dans le Tartare.
Megere aux criminels ne sçauroit plus fournir ;
s' il en arrive encor, où pourront-ils tenir ?
L' Elisée est desert, et ses heureux ombrages
n' hebergent plus d' hôtes nouveaux.
Par ci, par-là, quelques anciens sages
tout esseulés errent au bord des eaux :
j' ai presque peur que l' ennui ne les gagne ;
c' est peu d' un bois fleuri, d' une belle campagne ;
si quelqu' un n' admire avec nous,
c' est bien-tôt fait. Or je m' en prends à vous.
Moi, dit la mort, j' abats ce que je trouve.
Qu' y faire, si Minos réprouve
tous les humains que moissonne ma faux ?
Quelle part ai-je à leurs défauts ?
Oüi, vous dis-je, c' est vôtre faute ;
vous les frappez, sans vous montrer.
Tenez-leur la bride plus haute ;
d' une utile frayeur sçachez les pénétrer ;
guérissez-les de la longue espérance ;
vous verrez changer cette engeance :
et par plaisir, essayez ces moyens ;
l' Elisée en aura bien-tôt des citoyens.
Volontiers, dit la mort. Alors d' un pas rapide,
au milieu d' une ville elle va se loger ;
fait trembler le plus intrépide ;
se montre à tous, ne les laisse songer
qu' au glaive pendu sur leur tête.
Plus de jeux, plus de folle fête ;
le squelette à toute heure est présent à leurs yeux,
leur prêchant le devoir et la crainte des dieux.
Tout prit bien-tôt une face nouvelle.
Le magistrat fut juste, et le prêtre fut saint ;
le mari sage et la femme fidelle,
l' enfant soûmis. C' est la faux que l' on craint,
il est vrai ; mais la crainte amena la sagesse ;
par ses propres appas elle se fit aimer.
Cette ville devint celle que dans la Grece
Platon auroit voulu former.
On n' y vit ni crimes, ni fautes.
Minos fut satisfait ; l' Elisée eut des hôtes.
L'Aigle et l'Aiglon.
Le Pellican et l'Araignée.
Le Perroquet.
Le Renard et le Chat.
Le Medecin astrologue.
Le Mocqueur.
Le Chat et la Chauve-souris
La Ronce et le Jardinier.
Les Singes
Les Deux Oracles.
La Pie.
L'Enfant et les Nois.
Le Lynx et la Taupe.
Les deux Songes.
L'Orne et le Noyer.
Les Singes matelots.
La Rose et le Papillon.
Le Caméléon.
Les sacs des Destinées.
Les deux Lezards.
Le Boeuf et le Ciron.
La Lotterie de Jupiter.
Les deux Statues.
La Magicienne.
Les Oiseaux.
Les Dieux d'Egypte.
L'Avare et Minos.
Apollon , Mercure et le Berger.
Le Fromage.
L'Eclipse.
Mercure et les Ombres.
L'Ecrevisse qui se romp la jambe.
L'Huitre.
Le Corbeau et le Faucon.
L'Homme et la Sirène.
L'Asne et le Lièvre.
Les Grillons.
Minos et la Mort .
La montre et le cadran solaire
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 



