Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
Antoine Houdar de La Motte.
Fables.
Les Dieux d'Egypte.
Dans l' égypte jadis toute bête étoit dieu ;
tant l' homme au contraire étoit bête !
Tel animal ailleurs, qui n' a ni feu ni lieu,
avoit là son temple et sa fête.
On avoit fait un jour dans le temple du chat
d' un rat blanc et sans tache un pompeux sacrifice.
Le lendemain, c' est le tour du dieu rat :
il faut, pour le rendre propice,
qu' à ses autels un chat périsse.
Maître matou marchoit de festons couronné,
et de prêtres environné.
Du dieu rat jusqu' aux cieux on portoit la loüange.
Strophe, antistrophe, épode, harmonieux ramas :
petits faits et grands mots ; pindarique mélange.
Chacun prioit le dieu de menager sa grange.
Ne nous punissez point des insultes des chats,
disoit-on : que le sang de celui-ci vous vange.
Lui dieu ! Disoit le chat. Et ! Vous n' y pensez pas :
qui suis-je donc moi qui le mange ?
Hier c' étoit pour moi que fumoit l' encensoir ;
aujourd' hui mon trépas vous paroît legitime.
Pourquoi passer ainsi du blanc au noir ?
J' étois dieu ; me voilà victime.
Reproche embarrassant qu' on ne résolut point.
Nous sommes tous d' égypte, et leur mode est la nôtre.
Quels sont nos dieux ? Nos passions,
que suivant les occasions
nous immolons tour à tour l' une à l' autre.