Analyses des fables .

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 


 

 
Antoine Houdar de La Motte.

  Fables.




Les deux Statues.
 

Sur le sommet d' un temple magnifique,
on voulut élever l' image de Pallas ;
et pour ce monument toute une république
mit en oeuvre deux Phidias,
grand prix pour qui feroit la plus belle statuë ;
on veut choisir. Un seul devoit avoir l' argent,
et la gloire par conséquent ;
l' autre rien. Chacun s' évertuë,
fait de son mieux ; honneur et gain
pressent nos ouvriers, leur conduisent la main.
Ils ont bien-tôt achevé leur ouvrage ;
on le porte au parvis. Le peuple d' y courir.
Alors de tous les yeux l' un ravit le suffrage ;
l' autre à peine se peut souffrir.
Celui qu' on admiroit brilloit de mille graces ;
tous les traits étoient délicats ;
les contours arondis : bref, malgré ses menaces,
la critique n' y mordit pas.
L' autre n' étoit auprès qu' une marbre encor informe ;
rien de fini ; chaque trait est grossier ;
contours monstrueux, taille énorme :
le peuple renvoyoit l' ouvrage à l' attelier.
Voilà le maître, et l' autre est l' écolier.
Tout beau, dit le sculpteur ; il faut nous éprouver.
Est-ce pour le parvis que ma statuë est faite ;
sur le temple avec l' autre il la faut élever ;
et vous verrez d' ici quelle est la plus parfaite.
On le fit, en plaignant les frais ;
mais d' abord tout changea de face.
La statuë admirée en perdit tous ses traits ;
l' éloignement les confond, les efface.
L' autre par la distance acquiert toute la grace.
Qu' on ne soupçonnoit point, en la voyant de près.
Il faut voir les choses en place.







 

 

 



 

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