Analyses des fables .

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 


 

 
Antoine Houdar de La Motte.

  Fables.




Les deux Lezards.
 

Au coin d' un bois, le long d' une muraille,
deux lezards, bons amis, conversoient au soleil.
Que notre état est mince ! En est-il un pareil ?
Dit l' un. Nous respirons ici vaille que vaille ;
et puis c' est tout ; à peine le sçait-on,
nul rang, nulle distinction.
Que maudit soit le sort de m' avoir fait reptile.
Encor, si comme on dit que l' on en trouve ailleurs,
il m' eût fait gros lezard, et nommé crocodile,
j' aurois ma bonne part d' honneurs :
je ferois revenir la mode
du tems où sur le Nil l' homme prenoit sa loi ;
encensé comme une pagode
je tiendrois bien mon quant à moi.
Bon, dit l' ami sensé ; quel regret est le vôtre ?
Comptez-vous donc pour rien de vivre sans souci ?
L' air, la campagne, l' eau, le soleil, tout est nôtre :
jouissons-en, rien ne nous trouble ici.
Mais l' homme nous méprise : en voilà bien d' une autre.
Ne sçaurions-nous le mépriser aussi ?
Que vous avez l' ame petite,
dit le reptile ambitieux !
Non, mon obscurité m' irrite,
et je voudrois attirer tous les yeux.
Ah ! Que j' envie au cerf cette taille hautaine,
et ce bois menaçant qui doit tout effrayer !
Je l' ai vû se mirer tantôt dans la fontaine,
et cent fois de dépit j' ai pensé m' y noyer.
Il est interrompu par un grand bruit de chasse ;
et bien-tôt le cerf relancé
tombe près d' eux, et pleurant sa disgrace,
céde aux chiens dont il est pressé.
Au bruit d' un cor perçant, tout court à la curée ;
ni meute, ni chasseur ne songent au lezard ;
mais la bête superbe à la meute est livrée ;
brifaut, gersaut, miraut, chacun en prend sa part.
Après sa sanglante avanture,
fait-il bon être cerf, dit l' ami sage ? Hélas !
Dit le fou détrompé ; vive la vie obscure.
Petits, les grands périls ne nous regardent pas.







 

 

 



 

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