c' est un animal raisonnable.
Je n' en crois rien ; s' il faut le définir à fond,
c' est un animal sot, superbe et misérable.
Chacun de nous sourit à son néant,
s' exagere sa propre idée :
tel s' imagine être un géant
qui n' a pas plus d' une coudée.
Aristote n' a pas trouvé notre vrai nom.
Orgueil et petitesse ensemble,
voilà tout l' homme ce me semble.
Est-ce donc là ce qu' on nomme raison ?
Quoiqu' il en soit, voici quelqu' un qui nous ressemble ;
au bon coeur près, tout homme est mon ciron.
Messire boeuf, las de vivre en province,
partoit d' Auvergne pour Paris.
Sur l' animal épais, l' animal le plus mince
cadet ciron voulut voir le pays.
Il prend place sur une corne ;
mais à peine s' est-il logé,
qu' il plaint le pauvre boeuf, et juge à son air morne,
qu' il se sent déja surchargé.
N' importe ; il faut suivre sa course ;
eh ! Comment sans cette ressource,
pouvoit-il voyager, et contenter son goût ?
Le boeuf lui tiendroit lieu de tout ;
d' hôtellerie ainsi que de voiture,
de lit, ainsi que de pâture :
à fatiguer le boeuf, le besoin le résout.
Ils partent donc. Déja de plaine en plaine
ils ont franchi bien du chemin.
Lorsque le boeuf s' arrête et prend haleine,
il est grévé ; mon dieu ! Que je lui fais de peine !
Dit le voyageur clandestin.
Si tourmenté de la saison brûlante,
de ses mugissemens l' animal frappe l' air,
par vanité compatissante
notre atome se fait leger.
Même, de peur d' amaigrir sa monture,
vous l' eussiez vû sobre dans ses repas.
Faisons, se disoit-il, faisons chere qui dure ;
je l' affoiblirois trop ; il n' arriveroit pas.
On arrive pourtant jusqu' à la capitale.
Cadet ciron sain et sauf arrivé,
demande excuse au boeuf qu' il croit avoir crevé,
qui me parle là-haut, dit d' une voix brutale
messire boeuf ? C' est moi. Qui ? Me voilà.
Eh ! L' ami qui te sçavoit-là ?
Je laisserois la fable toute nuë
qu' ici plus d' un ciron se reconnoîtroit bien !
Tel qui se grossit à sa vûë,
se croit quelque chose, et n' est rien.
Petits, les grands périls ne nous regardent pas.
L'Aigle et l'Aiglon.
Le Pellican et l'Araignée.
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La montre et le cadran solaire
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Qui ne me soit souverain bien, -
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