Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Les deux voyageurs. Le compere Thomas et son ami Lubin
alloient à pied tous deux à la ville prochaine.
Thomas trouve sur son chemin
une bourse de louis pleine ;
il l' empoche aussitôt. Lubin, d' un air content,
lui dit : pour nous la bonne aubaine !
Non, répond Thomas froidement,
pour nous n' est pas bien dit, pour moi c' est
différent.
Lubin ne souffle plus ; mais, en quittant la plaine,
ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.
Thomas tremblant, et non sans cause,
dit : nous sommes perdus ! Non, lui répond Lubin,
nous n' est pas le vrai mot, mais toi , c' est
autre chose.
Cela dit, il s' échappe à travers les taillis.
Immobile de peur, Thomas est bientôt pris,
il tire la bourse et la donne.
Qui ne songe qu' à soi quand sa fortune est bonne
dans le malheur n' a point d' amis.