Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Un renard plein d' esprit, d' adresse, de prudence,
à la cour d' un lion servoit depuis long-temps.
Les succès les plus éclatants
avoient prouvé son zele et son intelligence.
Pour peu qu' on l' employât, toute affaire alloit bien.
On le louoit beaucoup, mais sans lui donner rien ;
et l' habile renard étoit dans l' indigence.
Lassé de servir des ingrats,
de réussir toujours sans en être plus gras,
il s' enfuit de la cour ; dans un bois solitaire
il s' en va trouver son grand-pere,
vieux renard retiré, qui jadis fut visir.
Là, contant ses exploits, et puis les injustices,
les dégoûts qu' il eut à souffrir,
il demande pourquoi de si nombreux services
n' ont jamais pu rien obtenir.
Le bon homme renard, avec sa voix cassée,
lui dit : mon cher enfant, la semaine passée,
un bléreau mon cousin est mort dans ce terrier :
c' est moi qui suis son héritier,
j' ai conservé sa peau : mets-la dessus la tienne,
et retourne à la cour. Le renard avec peine
se soumit au conseil ; affublé de la peau
de feu son cousin le bléreau,
il va se regarder dans l' eau d' une fontaine,
se trouve l' air d' un sot, tel qu' étoit le cousin.
Tout honteux, de la cour il reprend le chemin.
Mais, quelques mois après, dans un riche équipage,
entouré de valets, d' esclaves, de flatteurs,
comblé de dons et de faveurs,
il vient de sa fortune au vieillard faire hommage :
il étoit grand visir. Je te l' avois bien dit,
s' écrie alors le vieux grand-pere :
mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire
doit d' abord cacher son esprit.