Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Le chateau de cartes Un bon mari, sa femme, et deux jolis enfants,
couloient en paix leurs jours dans le simple hermitage
où, paisibles comme eux, vécurent leurs parents.
Ces époux, partageant les doux soins du ménage,
cultivoient leur jardin, recueilloient leurs moissons,
et le soir, dans l' été soupant sous le feuillage,
dans l' hiver devant leurs tisons,
ils prêchoient à leurs fils la vertu, la sagesse,
leur parloient du bonheur qu' ils procurent toujours :
le pere par un conte égayoit ses discours,
la mere par une caresse.
L' aîné de ces enfants, né grave, studieux,
lisoit et méditoit sans cesse ;
le cadet, vif, léger, mais plein de gentillesse,
sautoit, rioit toujours, ne se plaisoit qu' aux jeux.
Un soir, selon l' usage, à côté de leur pere,
assis près d' une table où s' appuyoit la mere,
l' aîné lisoit Rollin ; le cadet, peu soigneux
d' apprendre les hauts faits des romains ou des parthes,
employoit tout son art, toutes ses facultés,
à joindre, à soutenir par les quatre côtés
un fragile château de cartes.
Il n' en respiroit pas d' attention, de peur.
Tout-à-coup voici le lecteur
qui s' interrompt : papa, dit-il, daigne m' instruire
pourquoi certains guerriers sont nommés conquérants,
et d' autres fondateurs d' empire :
ces deux noms sont-ils différents ?
Le pere méditoit une réponse sage,
lorsque son fils cadet, transporté de plaisir,
après tant de travail, d' avoir pu parvenir
à placer son second étage,
s' écrie : il est fini ! Son frere murmurant
se fâche, et d' un seul coup détruit son long ouvrage ;
et voilà le cadet pleurant.
Mon fils, répond alors le pere,
le fondateur, c' est votre frere,
et vous êtes le conquérant.