Analyses des fables .

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 

 

 
Jean-Pierre Claris de Florian

  Florian.


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  Le Calife


Autrefois dans Bagdad le calife Almamon
fit bâtir un palais plus beau, plus magnifique,
que ne le fut jamais celui de Salomon.
Cent colonnes d' albâtre en formoient le portique ;
l' or, le jaspe, l' azur, décoroient le parvis ;
dans les appartements embellis de sculpture,
sous des lambris de cedre, on voyoit réunis
et les trésors du luxe et ceux de la nature,
les fleurs, les diamants, les parfums, la verdure,
les myrtes odorants, les chefs-d' oeuvre de l' art,
et les fontaines jaillissantes
roulant leurs ondes bondissantes
à côté des lits de brocard.
Près de ce beau palais, juste devant l' entrée,
une étroite chaumiere, antique et délabrée,
d' un pauvre tisserand étoit l' humble réduit.
Là, content du petit produit
d' un grand travail, sans dette et sans soucis pénibles,
le bon vieillard, libre, oublié,
couloit des jours doux et paisibles,
point envieux, point envié.
J' ai déja dit que sa retraite
masquoit le devant du palais.
Le visir veut d' abord, sans forme de procès,
qu' on abatte la maisonnette :
mais le calife veut que d' abord on l' achete.
Il fallut obéir, on va chez l' ouvrier,
on lui porte de l' or. Non, gardez votre somme,
répond doucement le pauvre homme ;
je n' ai besoin de rien avec mon attelier.
Et quant à ma maison, je ne puis m' en défaire :
c' est là que je suis né, c' est là qu' est mort mon pere,
je prétends y mourir aussi.
Le calife, s' il veut, peut me chasser d' ici,
il peut détruire ma chaumiere ;
mais, s' il le fait, il me verra
venir, chaque matin, sur la derniere pierre
m' asseoir et pleurer ma misere :
je connois Almamon, son coeur en gémira.
Cet insolent discours excita la colere
du visir, qui vouloit punir ce téméraire
et sur-le-champ raser sa chétive maison.
Mais le calife lui dit : non,
j' ordonne qu' à mes frais elle soit réparée ;
ma gloire tient à sa durée :
je veux que nos neveux, en la considérant,
y trouvent de mon regne un monument auguste ;
en voyant le palais, ils diront, il fut grand ;
en voyant la chaumiere, ils diront, il fut juste.








 

 

 


   


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