Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
La Carpe et le Carpillons Prenez garde, mes fils, côtoyez moins le bord,
suivez le fond de la riviere ;
craignez la ligne meurtriere,
ou l' épervier, plus dangereux encor.
C' est ainsi que parloit une carpe de Seine
à de jeunes poissons qui l' écoutoient à peine.
C' étoit au mois d' avril ; les neiges, les glaçons,
fondus par les zéphyrs, descendoient des montagnes ;
le fleuve enflé par eux s' éleve à gros bouillons,
et déborde dans les campagnes.
Ah ! Ah ! Crioient les carpillons,
qu' en dis-tu, carpe radoteuse ?
Crains-tu pour nous les hameçons ?
Nous voilà citoyens de la mer orageuse ;
regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel,
les arbres sont cachés sous l' onde,
nous sommes les maîtres du monde,
c' est le déluge universel.
Ne croyez pas cela, répond la vieille mere ;
pour que l' eau se retire il ne faut qu' un instant.
Ne vous éloignez point, et, de peur d' accident,
suivez, suivez toujours le fond de la riviere.
Bah ! Disent les poissons, tu répetes toujours
mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine.
Parlant ainsi, nos étourdis
sortent tous du lit de la Seine,
et s' en vont dans les eaux qui couvrent le pays.
Qu' arriva-t-il ? Les eaux se retirerent,
et les carpillons demeurerent ;
bientôt ils furent pris,
et frits.
Pourquoi quittoient-ils la riviere ?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C' est qu' on se croit toujours plus sage que sa mere,
c' est qu' on veut sortir de sa sphere,
c' est que... c' est que... je ne finirois pas.