Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
La brebis et le chien, de tous les temps amis,
se racontoient un jour leur vie infortunée.
Ah ! Disoit la brebis, je pleure et je frémis
quand je songe aux malheurs de notre destinée.
Toi, l' esclave de l' homme, adorant des ingrats,
toujours soumis, tendre et fidele,
tu reçois, pour prix de ton zele,
des coups et souvent le trépas.
Moi, qui tous les ans les habille,
qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,
je vois chaque matin quelqu' un de ma famille
assassiné par ces méchants.
Leurs confreres les loups dévorent ce qui reste.
Victimes de ces inhumains,
travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,
voilà notre destin funeste !
Il est vrai, dit le chien : mais crois-tu plus heureux
les auteurs de notre misere ?
Va, ma soeur, il vaut encor mieux
souffrir le mal que de le faire.