Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Dans certains pays de l' Asie
on révere les éléphants,
sur-tout les blancs.
Un palais est leur écurie,
on les sert dans des vases d' or,
tout homme à leur aspect s' incline vers la terre,
et les peuples se font la guerre
pour s' enlever ce beau trésor.
Un de ces éléphants, grand penseur, bonne tête,
voulut savoir un jour d' un de ses conducteurs
ce qui lui valoit tant d' honneurs,
puisqu' au fond, comme un autre, il n' étoit qu' une bête.
Ah ! Répond le cornac, c' est trop d' humilité ;
l' on connoît votre dignité,
et toute l' Inde sait qu' au sortir de la vie
les ames des héros qu' a chéris la patrie
s' en vont habiter quelque temps
dans les corps des éléphants blancs.
Nos talapoins l' ont dit, ainsi la chose est sûre.
-quoi ! Vous nous croyez des héros ?
-sans doute. -et sans cela nous serions en repos,
jouissant dans les bois des biens de la nature ?
-oui, seigneur. -mon ami, laisse-moi donc partir,
car on t' a trompé, je t' assure ;
et, si tu veux y réfléchir,
tu verras bientôt l' imposture :
nous sommes fiers et caressants ;
modérés, quoique tout-puissants ;
on ne nous voit point faire injure
à plus foible que nous ; l' amour dans notre coeur
reçoit des loix de la pudeur ;
malgré la faveur où nous sommes,
les honneurs n' ont jamais altéré nos vertus :
quelles preuves faut-il de plus ?