Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Un auteur se plaignoit que ses meilleurs écrits
étoient rongés par les souris.
Il avoit beau changer d' armoire,
avoir tous les pieges à rats,
et de bons chats ;
rien n' y faisoit : prose, vers, drame, histoire,
tout étoit entamé ; les maudites souris
ne respectoient pas plus un héros et sa gloire,
ou le récit d' une victoire,
qu' un petit bouquet à Chloris.
Notre homme au désespoir, et, l' on peut bien m' en
croire,
pour y mettre un auteur peu de chose suffit,
jette un peu d' arsenic au fond de l' écritoire ;
puis, dans sa colere, il écrit.
Comme il le prévoyoit, les souris grignotterent,
et creverent.
C' est bien fait, direz-vous ; cet auteur eut raison.
Je suis loin de le croire : il n' est point de volume
qu' on n' ait mordu, mauvais ou bon ;
et l' on déshonore sa plume
en la trempant dans du poison.