Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Qu'on fait d'injure à l'art de lui voler la Fable!
C'est interdire aux vers ce qu'ils ont d'agréable,
Anéantir leur pompe, éteindre leur vigueur,
Et hasarder la Muse à sécher de langueur.
O vous, qui prétendez qu'à force d'injustices
Le vieil usage cède à de nouveaux caprices,
Donnez-nous par pitié du moins quelques beautés
Qui puissent remplacer ce que vous nous ôtez;
Et ne nous livrez pas aux tons mélancoliques
D'un style estropié par de vaines critiques !
Quoi ! bannir des Enfers Proserpine et Pluton,
Dire toujours le Diable, et jamais Alecton,
Sacrifier Hécate et Diane à la Lune,
Et dans son propre sein noyer le vieux Neptune?
Un berger chantera ses déplaisirs secrets,
Sans que la trisle Echo répète ses regrets?
Les bois autour de lui n'auront point de Dryades?
L'air sera sans Zéphyrs, les fleuves sans Naïades?
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Otez Pan et sa flûte, adieu les pâturages;
Otez Pomone et Flore, adieu les jardinages.
Des roses et des lis le plus superbe éclat,
Sans la Fable, en nos vers n'aura rien que de plat.
Qu'on y peigne en savant une plante nourrie
Des impures vapeurs d'une plante pourrie;
Le portrait plaira-t-il, s'il n'a pour ornement
Les larmes d'une amante ou le sang d'un amant?
Qu'aura de beau la guerre à moins qu'on né crayonne?
Ici le char de Mars , là celui de Bellone,
Que la Victoire vole , et que les grands exploits
Soient portés en cent lieux par la Nymphe aux cent voix?
Qu'ont la terre et la mer, si l'on n'ose décrire
Ce qu'il faut de Tritons à pousser un navire?
Cet empire qu'Eole a sur les tourbillons,
Bacchus sur les coteaux, Cérès surlcs sillons?
Tous ces vieux ornemens, traitez-les d'antiquailles :
Moi, si je peins jamais Trianon et Versailles,
Les Nymphes, malgré vous, danseront à l'entour,
Cent demi-Dieux badins leur parleront d'amour,
Des Satyres cachés les brusques échappées
Dans les bras des Sylvains feront fuir les Napées;
Et, si le bal s'ouvrait en ces aimables lieux,
J'y ferais, malgré vous , trépigner tous les Dieux .