Barbe Bleue. 1846.  

Air de la complainte du Juif Errant

Dans un coin d' la banlieue,
Il était une fois
Un Mossieur Barbe-Bleue,
Perrault dit : et je crois
Qu'jamais on n'avait vu
Un homm' aussi barbu !
Air : Ton laine ton ton.
Quand, veuf de sa sixième épouse,
Il se remaria, dit-on,
Ton ton, ton ton, ton taine. Ton ton.
La septième fut peu jalouse
De la couleur de son menton,
Ton ton, ton taine., ton ton.
Air : partant pour la Syrie;
Partant pour Romainville,
A sa femme, un beau jour,
Il dit : Sois bien tranquille,
Je s'rai bientôt de r'tour.
Amus'-toi bien, ma p'tite,
Et comm' j'ai du quibus.
Pour revenir plus vite,
Je prendrai l'omnibus.
Air : Au clair de la lune.
Tu peux, ma Fifine,
Dît-il, sans m'fâcher,
Ouvrir ta cuisine,
Ta chambre à coucher;
Mais, fais bien en sorte
D' n'ouvrir en ce lieu
Aucune autre porte,
Pour l'amour de Dieu.
Air : A la façon de Barbari.
Il sort, et désirant tout voir,
L'épouse curieuse
Ouvrit un grand cabinet noir:
Bientôt, la malheureuse
Vit six corps morts dans six jupons !
La fari dondaine, la fari dondon,
Enterrés la par son mari,
Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami.
Air: J'ai du bon tabac
D' frayeur la pauvr' femm' etait presque morte,
Lorsqu'elle entendit monter doucement.
On sonne ; aussitôt elle ouvre la porte ;
C'était son mari, quel saisissement !
Que voulez-vous ? dit-elle tendrement.
Le Judas répondit faussement :
J' viens prendr' mon mouchoir et ma tabatière.
Puis, voyant son trouble, il reprit tout bas :
Tu pourrais jaser avec la portière,
Du cabinet noir tu n' sortiras pas !
Air du tra la la la.
Ah ! r'prit-il en fureur, en s'armant d'un cout'las,
Plutôt que d'vous distraire à m'tricoter des bas,
Vous m' désobéissez vous mourrez sur l'honneur !
Lâchez-moi, lui dit-elle, ou je vais app'ler ma sœur.
Sur l'air du tra la la la, (bis.)
Sur l'air du tra déri, déra, la la la.
Air : J'veux être un chien.
Anne, se prit-elle à crier,
A sa sœur, logeant au grenier,
N' vois-tu rien venir dans la rue ?
En r'gardant par un œil de bœuf.
Ann' répondit : Je n' vois rien d' neuf
Si c' n'est l' soleil
A l'horizon vermeil,
Qui vient éclairer la cohue.
Air : Bonjour, mon ami Vincent
Prenant sa femm" par les ch'veux,
L'époux, sans délicatesse,
Lui dit, roulant ses gros yeux :
Dépêchons-nous, le temps presse.
Il allait frapper, mais, hasard heureux.
Enfonçant la port', deux gars vigoureux.
Pour sauver leur sœur tombant en faiblesse.
Assommant l' brutal, lui disaient tout bas :
Ça vous va-t'y bien ça n'vous bless' t'y pas? (bis)
Air; Flon flon flon, la ri ra don daine.
L'épouse triomphante
D' la mort de son époux,
Rev'nantd' son épouvante,
Fredonnait à genoux :
Fon flon flon, la ri ra dondaine, (bis)
Gai gai gai, la ri ra dondé. (bis)

Alexis Dalès.

La musique se trouve A Paria chez M. Pâté, éditeur, passage du Grand-Cerf, 14.

Fables liées :


Charles Perrault: Barbe Bleue.



 

Les fables en chansons:

Le Corbeau Vengé.
Le Renard et le Corbeau.
Le Vin de Bordeaux et le Vin de Champagne.
Le Chêne et le Roseau - par Marc Constantin.
Le Chêne et le Roseau - par Fortoul.
Les Grenouilles qui demandent un Roi.
Le Lion et le Rat.
Le Petit Chaperon Rouge.
Le Renard et les Raisins.
L'Ane et la Flûte.
Perrette et le Pot de lait.
Riquet à la Houppe.
Le Loup et l'Agneau.
Le Renard et la Cigogne.
La Grenouille et le Boeuf.
Le Lapin et la Sarcelle.
La Cigale et la Fourmi.
Les plaideurs et l'Huître.
Le Chien et le Loup.
Le Chat, la Belette et le petit Lapin.
La Grenouille et le Boeuf.
Le Rat de la Ville et le Rat des Champs.
Barbe Bleue.
Le Rat de ville et le Rat des Champs.
Histoire de Cendrillon.


Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

blog comments powered by    
 

Website templates