Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
De l'origine de la fable, de la parabole et de l'énigme par Etienne Bonnot de Condillac.
Partout ce qui a été dit, il est évident que, dans l'origine des langues, c'était une nécessité pour les hommes de joindre le langage d'action à celui des sons articulés, et de ne parler qu'avec des images sensibles. D'ailleurs les connaissances aujourd'hui les plus communes étaient si subtiles, par rapport à eux, qu'elles ne pouvaient se trouver à leur portée qu'autant qu'elles se rapprochaient des sens. Enfin, l'usage des conjonctions n'étant pas connu, il n'était pas encore possible de faire des raisonnemens. Ceux qui voulaient, par exemple, prouver combien il est avantageux d'obéir aux lois, ou de suivre les conseils des personnes plus expérimentées, n'avaient rien de plus simple que d'imaginer des faits circonstanciés : l'événement qu'ils rendaient contraire ou favorable, selon leurs vues, avait le double avantage d'éclairer et de persuader. Voilà l'origine de l'apologue ou de la fable.
On voit que son premier objet fut l'instruction, et que, par conséquent, les sujets en furent empruntés des choses les plus familières, et dont l'analogie était plus sensible : ce fut d'abord parmi les hommes, ensuite parmi les bêtes, bientôt après parmi les plantes ; enfin, l'esprit de subtilité, qui de tout temps a eu ses partisans, engagea à puiser dans les sources les plus éloignées.
On étudia les propriétés les plus singulières des êtres pour en tirer des allusions fines et délicates; de sorte que la fable fut, par degrés, changée en parabole, enfin rendue mystérieuse au point de n'être plus qu'une énigme. Les énigmes devinrent d'autant plus à la mode que les sages, ou ceux qui se donnaient pour tels, crurent devoir cacher au vulgaire une partie de leurs connaissances. Par-là le langage imaginé pour la clarté fut changé en mystère. Rien ne retrace mieux le goût des premiers siècles que les hommes qui n'ont aucune teinture des lettres : tout ce qui est figuré et métaphorique leur plaît, quelle qu'en soit l'obscurité ; ils ne soupçonnent pas qu'il y ait dans ces occasions quelque choix à faire. ...
Oeuvre complète de : Bonnot de Condillac - Publié 1822 -
Biographie : Académie Française.