Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Notice sur Esope et les fables qui lui ont été attribuées.
La vie et la patrie d'Ésope sont entourées d'obscurité. D'après !es conjectures les plus vraisemblables, ce fabuliste, Phrygien d'origine , contemporain de solon et des Pisistratides, esclave du Samien Iadmon et de Xanthus qui l'affranchit, fut précipité du haut d'un rocher dans la mer par les habitants de Delphes, qui se croyaient offensés par lui, 650 av. J.C.
Les fables connues sous le nom de fables d'Ésope sont-elles toutes de cet auteur, ont-elles été composées par lui, en est-il même l'inventeur?
La fable ne doit son origine ni à un peuple ni à un poëte en particulier. On la retrouve chez tous les peuples, aux premières époques de leur civilisation : la fable est pour l'homme encore enfant son premier livre de morale; elle est originaire de l'Orient ; et longtemps avant Ésope, les Grecs la connaissaient par Hésiode, Archiloque, Stésichore, etc. Maïs c'est surtout au fabuliste phrygien qu'elle doit son perfectionnement.
Il ne paraît pas toutefois qu'il ait composé ses fables comme une oeuvre d'imagination : il ne s'en servait que comme d'un moyen de persuasion. Aussi, pour ces deux motifs,est-il raisonnable de penser qu'elles étaient racontées en prose. Quoique rien ne l'indique positivement, il n'est pas moins raisonnable de croire qu'Ésope n'a pas écrit ses fables. Elles se sont propagées et transmises par la tradition orale.
On conçoit alors que toute fable dont on ne put nommer l'auteur fut attribuée à Esope. Aussi la critique est-elle dans l'impossibilité de déterminer celles qui lui appartiennent. Une chose certaine seulement, c'est qu'un certain Babrius, Babrias ou Gabrias, qu'à l'élégance et à la pureté de sa diction on croit avoir vécu vers le siècle d'Auguste, mit les fables Ésopiennes en vers Chonambiques.
On en aperçoit encore aujourd'hui des traces malgré les mutilations et les métamorphoses que ces ïambes ont subies. Car les vers de Babrius ont été remis en prose, augmentés de courtes affabulations par divers aulteurs, accrus de nouvelles additions faites par le rhéteur Aphthonius, 350 ap. J.C , recueillis et probablement encore arrangés par Planude, moine de Nicomédie, 1350 ap. J.C.
Quoi qu'il en soit de tous ces changements ou altérations, le recueil des fables d'Ésope n'en est pas moins un des livres les plus propres à initier les élèves à la connaissance de la langue grec-que. Cet avantage, il le doit à sa brièveté, à la pureté et à la simplicité du style, à la clarté et à l'intérêt des petits drames qui y sont représentés, et qui, sans avoir positivement une signification directe et personnelle, n'en sont pas moins autant de miroirs où chacun peut se voir agir et penser, et une succession du tableaux remplis de préceptes et d'exemples bien propres à donner pour ainsi dire une expérience anticipée.
** Les illustrations des fables sont extraites du livre : " Les fable d'Esope mises en français, avec le sens morale en quatre vers.
A Lons-Le-Saunier - Chez Gauthier Neveu - 1709." Notes - par une société de professeurs et d'héllenistes. Esope fables choisies - 1869.