Contes Berbères par René Basset.
René Basset (1855-1924), était un spécialiste de langue berbère et arabe. il était le père d'André Basset.
Auteur de l'anthologie Mille et un contes, récits et légendes arabes.
....« Les Berbères, dit Ibn Khaldoun, racontent un si grand nombre d'histoires que, si on se donnait la peine de les mettre par écrit, on remplirait des volumes ». Et, à l'appui de son dire, il cite la légende suivante : « La sœur de Yala ben Ahmed El Ifreni, enfanta, sans avoir eu commerce avec un homme, un fils nommé Kelman, surnommé Ibn Asad (fils de lion), parce que sa mère l'avait conçu par l'effet de la bave d'une bête féroce qui s'abreuvait dans une source d'eau chaude où elle s'était baignée. » (Histoire des Berbères, t. I, p 2o5)....
....Les naissances miraculeuses étaient donc un des éléments de ces contes, et sans remonter jusqu'à Hérodote qui fiait emprunter aux Libyens par les Grecs le culte de Poséidon et d'Athénè Tritogenis, on trouvera dans des récits plus modernes des traits de superstition non moins curieux. Moh'am-med ben Yousofi et son abréviateur El Bekri tiennent de témoins oulaires que chez les Fadela et les Benou Akidan (tribus berbères orientales, sur les
confins de l'Egypte et de la Tripolitaine) « il n'est pas rare de voir la fille qui « vient de naître, se métamorphoser en « ogresse et se jeter sur les hommes jus-« qu'à ce qu'on la lie et la garrotte ». Les sorciers Azier étaient également célèbres au temps d'Èdrisi. Les ogres (aouar zeniou, amez) jouent un rôle considérable dans les contes fantastiques berbères : tantôt on peut les considérer comme un souvenir d'une population antérieure, ou du moins d'une race professant un culte disparu, comme les, Djohala (païens) ou les Iroumien (chrétiens); tantôt ce sont des êtres purement mythologiques, analogues aux ghoules et aux afrites des Arabes, gardiens de l'eau de la vie, de la pomme de jeunesse et d'autres talismans; parfois, lorsqu'un enchantement est rompu, ils dépouillent leur peau d'ogre pour vivre en honnêtes musulmans. Les djinns et les fées sont aussi fréquemment cités, mais il est difficile de faire la part de l'élément purement berbère dans ces contes dont beaucoup ont été empruntés aux Arabes. Cependant on peut admettre que les légendes locales, ayant pour théâtre une montagne, une grotte et surtout une source, soit dans le Tell, soit dans le Sahara, ont un fonds berbère, malgré de nombreux traits empruntés à la mythologie musulmane.
...El Qazouini racontait la légende suivante à laquelle avaient donné naissance les monuments de Cherchel : « Les ruines qu'on voit à Cherchel sont celles d'un palais construit par un roi a pour son fils, à qui les astrologues avaient prédit qu'il mourrait de la piqûre d'un scorpion. Le prince fit bâtir le palais en pierre, pour que ces animaux ne pussent s'y reproduire, ni s'y introduire à cause du poli des colonnes (qui soutenaient l'édifice). Mais un jour, on apporta un panier de raisins dans lequel se trouvait un scorpion. Le jeune prince, en voulant prendre un fruit, fut piqué et mourut ». Faut-il voir ici un souvenir de l'aspic de Cléopâtre dont la fille, Cléopâtre Sélénè, épousa le roi Juba?
...Comme dans toutes les littératures, les Berbères ont des fables et des contes d'animaux, où naturellement le chacal joue un grand rôle. Le renard n'y paraît pas, bien qu'il existe en Algérie et porte même un nom kabyle indigène. Toutefois le chacal, si habile qu'on le représente, ne laisse pas d'être dupé en maintes circonstances, et l'on dirait que le narrateur berbère aime à voir le plus rusé des animaux tomber dans les pièges que lui tendent le coq, la perdrix ou le hérisson,
Car c'est double plaisir de tromper un trompeur.
... la plus grande partie du volume est consacrée aux contes des Zouaouas, des Beni Menacer, des Chelhas du Sous marocain et des Qsouriens du Sud Oranais. ...
Lunéville (Meurthe et Moselle) 19 octobre 1886.
Les contes : Le Chacal et le Hérisson.
Le Lièvre et le Chacal.
Le Lion le Chacal et l'Homme.
Le Chacal et l'Homme.
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