Le Religieux, la Colombe, le Corbeau, le Serpent venimeux et le Cerf. (Il faut maîtriser ses passions.)

Il y avait une fois un religieux nommé Vîryabala. Il demeurait au milieu des montagnes, et restait en silence au pied d'un arbre pour obtenir l'intelligence. A la même époque, il y avait quatre animaux qui habitaient tout près de lui et le laissaient constamment en paix. C'étaient une colombe, un corbeau, un serpent venimeux et un cerf. Ces quatre animaux sortaient le jour pour chercher leur nourriture, et rentraient le soir au gîte. Pendant une certaine nuit, ils s'interrogèrent l'un l'autre et se demandèrent quelle était, dans ce monde, la plus grande cause de souffrance. « C'est la faim et la soif, dit le corbeau. Lorsqu'on est tourmenté par la faim et la soif, le corps maigrit, les yeux s'éteignent, l'esprit est agité, on se jette aveuglément dans les filets et l'on ne s'inquiète pas des armes les plus meurtrières. Notre mort prématurée n'a jamais d'autre cause. C'est pourquoi je dis que la faim et la soif sont la plus grande cause de souffrance.
— Je pense, dit la colombe, que l'amour est la plus grande cause de souffrance. Quand l'amour nous enflamme, aucune considération ne nous arrête ; les dangers que nous courons, la mort qui nous atteint n'ont jamais d'autre cause.
— Pour moi, dit le serpent venimeux, je trouve que la colère est la plus grande cause de souffrance. Dès qu'une pensée haineuse s'est élevée dans notre âme, nous immolons même nos parents, et souvent nous poussons la rage jusqu'à nous tuer nous-mêmes.
— C'est l'effroi, dit le cerf, qui est la plus grande cause de souffrance. Quand nous sommes au milieu des bois et des plaines, notre âme est constamment en proie à la crainte; s'il nous semble entendre la voix des chasseurs ou les cris des loups, nous nous précipitons dans les fossés ou du haut des rochers; la mère, palpitant d'effroi, abandonne ses petits. Voilà pourquoi je dis que la crainte est la plus grande cause de souffrance. »
Après avoir entendu ces discours, le religieux leur dit : « Vous raisonnez sur les causes accessoires, sans rechercher la cause première de la souffrance. Dans ce monde, le plus grand malheur des créatures est d'avoir un corps. Le corps est la plus grande source de souffrance ; c'est lui seul qui nous cause des craintes et des douleurs, sans bornes. »

(Extrait de l'ouvrage intitulé : Fa-kiu-pi-yu-king, ou Livre des comparaisons tirées des livres sacrés.)


 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

blog comments powered by    
 


Website templates