- Les Roi est la tête d'un individu dont le peuple forme le corps : si le Roi est ignorant ou injuste , il déchire son corps avec tes propres dents.
- Le Roi peut se comparer à un mur épais , dont la solidité ne consiste que dans la droiture : dès qu'il penche et cesse d'être droit, il approche de sa ruine.
- Lorsqu'un Roi s'occupe à rendre la justice , le peuple s'affectionne à lui rendre l'obéissance.
- Le plus méchant de tous les princes est celui que craignent les gens de bien, et de qui les méchans espèrent beaucoup .
- L'autorité royale ne se soutient que par les troupes, les troupes ne s'entretiennent que par l'argent , l'argent ne s'acquiert que par la culture des terres , et cette culture ne fleurit que lorsque l'on fait observer la justice et la police.
- L'heureux Féridoun n'était point un ange , il n'était point formé de musc ni d'ambre gris, il acquit sa gloire par la justice et par la libéralité ; sois juste et libéral, et tu seras un Féridoun.
- Le Roi est le pasteur des pauvres, les brebis ne sont point pour le pasteur , mais le pasteur est pour les brebis.
- C'est un spectacle digne des pleurs du sage que le loup dévorant les brebis , tandis que le berger est livré au plaisir ou au sommeil.
- Monarque , toi à qui le destin a confié le bonheur d'une portion de tes semblables , écoute bien ces paroles d'un homme comme toi , et qu'elles, retentissent long-tems dans l'oreille de ton cœur: il n'y aura personne d'heureux parmi ton peuple si tu ne penses qu'à toi.
- Prend soin de ton peuple , car c'est pour cela que le Tout-puissant t'a posé le diadème sur le front ,
- Ne donne jamais ton consentement à la mort d'un coupable, sans être vi venient touché du regret de faire mourir un homme ; mais sur-tout n'élève point l'échaffaud sur sa propre maison. Quelle part ont à son crime la veuve et les orphelins ?
- Préviens les demandes , donne peu à celui qui t'importune : n'oublie pas celui qui garde le silence ; les hommes de mérite demandent rarement, les autres au contraire sont insatiables. Tu peux avec assurance verser tes libéralités sur les premiers , mais les autres en sont indignes.
- Haroun ar Raschild ( c'est- à- dire , le juste ) ayant découvert qu'un de ses domestiques lui avait volé un ducat, le chassa aussi - tôt. Quelques jours après les courtisans lui demandèrent la grâce du coupable ; comme ils alléguaient entr'autres excuses la médiocrité du vol , le prince leur fit cette sage réponse: " ce n'est point pour la valeur de l'objet que je l'ai chassé, mais pour la conséquence de ce vol ; car s'il a eu l'audace de me faire tort d'un ducat, il prendra le sang de mes sujets ".
- Dédaigne la pompe , car la parure et les bijoux ne conviennent qu'aux femmes.
- L'affabilité , la clémence et la libé- ralité, voilà les ornemens dignes des princes.
- N'étale point un luxe qui te rende redoutable au peuple , et qui t'attire ses malédictions .
- Celui-là est toujours fidèlement servi, dont dont la pratique ordinaire est la bienfaisance.
- Pourquoi se ferait- il accompagner par un grand nombre de satellites, lorsque tous ses sujets s'empressent de lui obéir et se rendent volontairement ses esclaves?
- Si la douceur et la clémence n'environnent pas le trône des Rois , ils écartent les serviteurs fidèles , ils aliènent les cœurs : les ministres intimidés n'osent finir aucune affaire, un découragement universel s'empare de tous les esprits , le trouble et la confusion sont les fruits d'une sévérité outrée ; les princes se privent encore du plus pur , peut- être de l'unique plaisir qu'ils puissent goûter, celui de faire des heureux.
" Je ne suis jamais si heureux que quand je pardonne, disait un Roi des Indes ".
- Un Roi doit être dans son empire comme la rose au milieu d'un jardin où elle couche sur les épines.
- La vengeance est indigne des Rois images du Tout - Puissant sur la terre , ils doivent comme lui savoir pardonner. La clémence doit donc être la vertu ta plus chere aux Rois : il est beau de faire grâce quand on a le pouvoir de se venger. Les Rois doivent laisser pénétrer jusqu'au pied de leur trône les plaintes des malheureux, c'est l'unique moyen de prévenir les injustices , et d'empêcher les Grands d'écraser les Petits .
- Si les hommes choisissaient eux-mêmes leurs souverains , ils ne donneraient la préférence ni aux plus vaillans , ni aux plus fastueux , mais aux plus modérés et aux plus humains : ils voudraient que leurs maîtres fussent aussi leurs pères.
Un courtisan empressé vint dire un jour à Nouchirvan, Roi de Perse : " Dieu a enlevé un de vos ennemis ». Dieu me passera-t-il ? répondit ce sage monarque.
Un Loup et un Renard
La Tortue et le Scorpion.
Le Rat et l'Epicier.
Le Chien et le Renard.
Le Chien et le morceau de pain.
Le Chameau et le Buisson.
Les Rois.
***De Jami, Firdawsi
Traduit par (Louis),
Langlès, Louis Mathieu
Langlès
Publié 1788
Chez Royez
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse. |
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