Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
Bidpai ou Pilpai .
Bidpaï.
Les apologues de Bidpaï sont les plus anciens que l'on connaisse dans ce genre, et Bidpaï aurait été un brachmane Indien.
Le nom de Bidpaï est assez connu, grâce à La Fontaine. Bidpaï est le nom d'un philosophe indien, auquel les Persans et les Arabes ont attribué un recueil d'apologues intitulé par eux, Calila et Dimna, recueil très célèbre en Orient, et qui a été traduit en latin dès le XIIIe siècle de notre ère.
L'invention de l'apologue se perd dans la nuit des temps. L'idée de cacher un précepte utile sous le voile de l'allégorie, et de rendre plus sensible une vérité morale en l'appuyant sur une fiction ingénieuse, se retrouve chez tous les peuples de l'antiquité; mais c'est en Orient, et peut-être particulièrement dans l'Inde, qu'il faut chercher l'origine de cette invention.
Bidpaï est celui qui fit connaître dans tout l'Orient et plus-tard en Occident ce genre de fables mettant en scène des animaux pour parler aux humains. En effet, dans un pays où parmi les croyances se trouve le dogme de la métempsychose, où l'on attribue aux animaux une âme semblable à celle de l'homme, il était naturel de leur prêter les idées, les passions et le langage de l'espèce humaine.
Les recueils d'apologues et de sentences morales étaient très recherchés au moyen âge qu'ils ne le sont aujourd'hui, et les nombreuses imitations des livres de Bidpaï furent nombreuses. Il a vécu sous un roi puissant, dont il fut le premier ministre, ce qui démontre aussi que son pays était assez civilisé depuis longtemps.
Il faudrait reconnaître que les Indiens jouissent dans ce genre de litterature d'une haute supériorité; chez les Indiens, en effet, au lieu d'être un récit isolé, l'apologue est un traité complet de politique et de morale, et qui a une forme presque toujours dramatique. Dans les livres indiens, une fiction principale encadre plusieurs fables ou contes débités par les premiers personnages que les situations amènent dans ces récits ; ces fables sont en prose et semées de vers sentencieux, empruntés aux légendes héroïques ou sacrées et aux drames dans leurs poésies.