La ville de Balsora fut longtemps la capitale d’un royaume tributaire des califes. Le roi qui le gouvernait du temps du calife Haroun Alraschid s’appelait Zinebi, et l’un et l’autre étaient cousins, fils de deux frères. Zinebi n’avait pas jugé à propos de confier l’administration de ses états à un seul vizir ; il en avait choisi deux, Khacan et Saouy.
Khacan était doux, prévenant, libéral, et se faisait un devoir d’obliger ceux qui avaient affaire à lui, en tout ce qui dépendait de son pouvoir, sans porter préjudice à la justice qu’il était obligé de rendre. Il n’y avait aussi personne à la cour de Balsora, ni dans la ville, ni dans tout le royaume, qui ne le respectât et ne publiât les louanges qu’il méritait.
Saouy était d’un tout autre caractère : il était toujours chagrin, et il rebutait également tout le monde, sans distinction de rang ou de qualité. Avec cela, bien loin de se faire un mérite des grandes richesses qu’il possédait, il était d’une avarice achevée, jusqu’à se refuser à lui-même les choses nécessaires. Personne ne pouvait le souffrir, et jamais on n’avait entendu dire de lui que du mal. Ce qui le rendait plus haïssable, c’était la grande aversion qu’il avait pour Khacan, et qu’en interprétant en mal tout le bien que faisait ce digne ministre, il ne cessait de lui rendre de mauvais offices auprès du roi.
Un jour, après le conseil, le roi de Balsora se délassait l’esprit et s’entretenait avec ses deux vizirs et plusieurs autres membres du conseil. La conversation tomba sur les femmes esclaves, que l’on achète et que l’on tient parmi nous à peu près au même rang que les femmes que l’on a en mariage légitime. Quelques-uns prétendaient qu’il suffisait qu’une esclave que l’on achetait fût belle et bien faite, pour se consoler des femmes que l’on est obligé de prendre par alliance ou intérêt de famille, qui n’ont pas toujours une grande beauté ni les autres perfections du corps en partage.
Les autres soutenaient, et Khacan était de ce sentiment, que la beauté et toutes les qualités du corps n’étaient pas les seules choses que l’on devait rechercher dans une esclave, mais qu’il fallait qu’elles fussent accompagnées de beaucoup d’esprit, de sagesse, de modestie, d’agrément, et, s’il se pouvait, de plusieurs belles connaissances. La raison qu’ils en apportaient, est, disaient-ils, que rien ne convient davantage à des personnes qui ont de grandes affaires à administrer, que, après avoir passé toute la journée dans une occupation si pénible, de trouver en se retirant en leur particulier une compagnie dont l’entretien était également utile, agréable et divertissant. « Car enfin, ajoutaient-ils, c’est ne pas différer des bêtes que d’avoir une esclave pour la voir simplement et contenter une passion que nous avons commune avec elle. »
Le roi se rangea du parti des derniers, et il le fit connaître en ordonnant à Khacan de lui acheter une esclave qui fût parfaite en beauté, qui eût toutes les belles qualités que l’on venait de dire, et, sur toutes choses, qui fût très-savante.
Saouy, jaloux de l’honneur que le roi faisait à Khacan, et qui avait été de l’avis contraire : « Sire, reprit-il, il sera bien difficile de trouver une esclave aussi accomplie que votre majesté la demande. Si on la trouve, ce que j’ai de la peine à croire, elle l’aura à bon marché si elle ne lui coûte que dix mille pièces d’or.
– Saouy, repartit le roi, vous trouvez apparemment que la somme est trop grosse ; elle peut l’être pour vous, mais elle ne l’est pas pour moi. » En même temps le roi ordonna à son grand trésorier, qui était présent, d’envoyer les dix mille pièces d’or chez Khacan.
Dès que Khacan fut de retour chez lui, il fit appeler tous les courtiers qui se mêlaient de la vente des femmes et des filles esclaves, et les chargea, dès qu’ils auraient trouvé une esclave telle qu’il la leur dépeignit, de venir lui en donner avis. Les courtiers, autant pour obliger le vizir Khacan que pour leur intérêt particulier, lui promirent de mettre tous leurs soins à en découvrir une selon qu’il la souhaitait. Il ne se passait guère de jours qu’on ne lui en amenât quelqu’une, mais il y trouvait toujours quelque défaut.
Un jour, de grand matin, que Khacan allait au palais du roi, un courtier se présenta à l’étrier de son cheval avec grand empressement, et lui annonça qu’un marchand de Perse, arrivé le jour de devant fort tard, avait une esclave à vendre, d’une beauté achevée, au-dessus de toutes celles qu’il pouvait avoir vues. » À l’égard de son esprit et de ses connaissances, ajouta-t-il, le marchand la garantit pour tenir tête à tout ce qu’il y a de beaux esprits et de savants au monde. »
Khacan, joyeux de cette nouvelle, qui lui faisait espérer de bien faire sa cour, lui dit de lui amener l’esclave à son retour du palais, et continua son chemin.
Le courtier ne manqua pas de se trouver chez le vizir à l’heure marquée, et Khacan trouva l’esclave belle si fort au-delà de son attente, qu’il lui donna dès lors le nom de belle Persienne. Comme il avait infiniment d’esprit et qu’il était très-savant, il eut bientôt connu, par l’entretien qu’il eut avec elle, qu’il chercherait inutilement une autre esclave qui la surpassât en aucune des qualités que le roi demandait. Il demanda au courtier à quel prix le marchand de Perse l’avait mise.
« Seigneur, répondit le courtier, c’est un homme qui n’a qu’une parole : il proteste qu’il ne peut la donner, au dernier mot, à moins de dix mille pièces d’or. Il m’a même juré que, sans compter ses soins, ses peines et le temps qu’il y a qu’il l’élève, il a fait à peu près la même dépense pour elle, tant en maîtres pour les exercices du corps, et pour l’instruire et lui former l’esprit, qu’en habits et en nourriture. Comme il la jugea digne du roi, dès qu’il l’eut achetée dans sa première enfance, il n’épargna de tout ce qui pouvait contribuer à la faire arriver à ce haut rang. Elle joue de toutes sortes d’instruments, elle chante, elle danse, elle écrit mieux que les écrivains les plus habiles, elle fait des vers ; il n’y a pas de livres enfin qu’elle n’ait lus. On n’a pas entendu dire que jamais esclave ait su autant de choses qu’elle en sait. »
Le vizir Khacan, qui connaissait le mérite de la belle Persienne beaucoup mieux que le courtier, qui n’en parlait que sur ce que le marchand lui en avait appris, n’en voulut pas remettre le marché à un autre temps. Il envoya chercher le marchand, par un de ses gens, où le courtier enseigna qu’on le trouverait.
Quand le marchand de Perse fut arrivé : « Ce n’est pas pour moi que je veux acheter votre esclave, lui dit le vizir Khacan : c’est pour le roi ; mais il faut que vous la lui vendiez à un meilleur prix que celui que vous y avez mis.
– Seigneur, reprit le marchand, je me ferais un grand honneur d’en faire présent à sa majesté, s’il appartenait à un marchand comme moi d’en faire de cette conséquence. Je ne demande proprement que l’argent que j’ai déboursé pour la former et la rendre comme elle est. Ce que je puis dire, c’est que sa majesté aura fait une acquisition dont elle sera très-contente. »
Le vizir Khacan ne voulut pas marchander : il fit compter la somme au marchand ; et le marchand avant de se retirer : « Seigneur, dit-il au vizir, puisque l’esclave est destinée pour le roi, vous voudrez bien que j’aie l’honneur de vous dire qu’elle est extrêmement fatiguée du long voyage que je lui ai fait faire pour l’amener ici. Quoique ce soit une beauté qui n’a point de pareille, ce sera néanmoins tout autre chose si vous la gardez chez vous seulement une quinzaine de jours, et que vous donniez un peu de vos soins pour la faire bien traiter. Ce temps-là passé, lorsque vous la présenterez au roi, elle vous fera un honneur et un mérite dont j’espère que vous me saurez quelque gré. Vous voyez même que le soleil lui a un peu gâté le teint ; mais dès qu’elle aura été au bain deux ou trois fois, et que vous l’aurez fait habiller de la manière que vous le jugerez à propos, elle sera si fort changée que vous la trouverez infiniment plus belle. »
Khacan prit le conseil du marchand en bonne part, et résolut de le suivre. Il donna à la belle Persienne un appartement en particulier près de celui de sa femme, qu’il pria de la faire manger avec elle et de la regarder comme une dame qui appartenait au roi. Il la pria aussi de lui faire faire plusieurs habits, les plus magnifiques qu’il serait possible et qui lui conviendraient le mieux. Avant de quitter la belle Persienne : « Votre bonheur, lui dit-il, ne peut être plus grand que celui que je viens de vous procurer. Jugez-en vous-même : c’est pour le roi que je vous ai achetée, et j’espère qu’il sera beaucoup plus satisfait de vous posséder que je ne le suis de m’être acquitté de la commission dont il m’avait chargé. Ainsi je suis bien aise de vous avertir que j’ai un fils qui ne manque pas d’esprit, mais jeune, folâtre et entreprenant, et de vous bien garder de lui lorsqu’il s’approchera de vous. » La belle Persienne le remercia de cet avis, et après qu’elle l’eut bien assuré qu’elle en profiterait, il se retira.
Noureddin, c’est ainsi que se nommait le fils du vizir Khacan, entrait librement dans l’appartement de sa mère, avec qui il avait coutume de prendre ses repas. Il était très-bien fait de sa personne, jeune, agréable et hardi, et comme il avait infiniment d’esprit et qu’il s’exprimait avec facilité, il avait un don particulier de persuader tout ce qu’il voulait. Il vit la belle Persienne, et dès leur première entrevue, quoiqu’il eût appris que son père l’avait achetée pour le roi, et que son père le lui eût déclaré lui-même, il ne se fit pas néanmoins la moindre violence pour s’empêcher de l’aimer. Il se laissa entraîner par les charmes dont il fut frappé d’abord, et l’entretien qu’il eut avec elle lui fit prendre la résolution d’employer toute sorte de moyens pour l’enlever au roi.
De son côté, la belle Persienne trouva Noureddin très-aimable. « Le vizir me fait un grand honneur, dit-elle en elle-même, de m’avoir achetée pour me donner au roi de Balsora. Je m’estimerais très-heureuse quand il se contenterait de ne me donner qu’à son fils. »
Noureddin fut très-assidu à profiter de l’avantage qu’il avait de voir une beauté dont il était si amoureux, de s’entretenir, de rire et de badiner avec elle. Jamais il ne la quittait que sa mère ne l’y eût contraint. « Mon fils, lui disait-elle, il n’est pas bienséant à un jeune homme comme vous de demeurer toujours dans l’appartement des femmes. Allez, retirez-vous, et travaillez à vous rendre digne de succéder un jour à la dignité de votre père. »
Comme il y avait longtemps que la belle Persienne n’était allée au bain, à cause du long voyage qu’elle venait de faire, cinq ou six jours après qu’elle eut été achetée, la femme du vizir Khacan, eut soin de faire chauffer exprès pour elle celui que le vizir avait chez lui. Elle l’y envoya avec plusieurs de ses femmes esclaves, à qui elle recommanda de lui rendre les mêmes services qu’à elle-même, et, au sortir du bain, de lui faire prendre un habit très-magnifique qu’elle lui avait déjà fait faire. Elle y avait pris d’autant plus de soin, qu’elle voulait s’en faire un mérite auprès du vizir son mari, et lui faire connaître combien elle s’intéressait en tout ce qui pouvait lui plaire.
À la sortie du bain, la belle Persienne, mille fois plus belle qu’elle ne l’avait paru à Khacan lorsqu’il l’avait achetée, vint se faire voir à la femme de ce vizir, qui eut de la peine à la reconnaître.
La belle Persienne lui baisa la main avec grâce et lui dit : « Madame, je ne sais pas comment vous me trouverez avec l’habit que vous avez pris la peine de me faire faire. Vos femmes, qui m’assurent qu’il me fait si bien qu’elles ne me connaissent plus, sont apparemment des flatteuses : c’est à vous que je m’en rapporte. Si néanmoins elles disaient la vérité, ce serait vous, madame, à qui j’aurais toute l’obligation de l’avantage qu’il me donne.
« – Ma fille, reprit la femme du vizir avec bien de la joie, vous ne devez pas prendre pour une flatterie ce que mes femmes vous ont dit ; je m’y connais mieux qu’elles, et sans parler de votre habit, qui vous sied à merveille, vous apportez du bain une beauté si fort au-dessus de ce que vous étiez auparavant, que je ne vous reconnais plus moi-même. Si je croyais que le bain fût encore assez bon, j’irais en prendre ma part. Je suis aussi bien dans un âge qui demande désormais que j’en fasse souvent provision.
– Madame, reprit la belle Persienne, je n’ai rien à répondre aux honnêtetés que vous avez pour moi, sans les avoir méritées. Pour ce qui est du bain, il est admirable, et si vous avez dessein d’y aller, vous n’avez pas de temps à perdre. Vos femmes peuvent vous dire la même chose que moi. »
La femme du vizir considéra qu’il y avait plusieurs jours qu’elle n’était allée au bain[6], et voulut profiter de l’occasion. Elle le témoigna à ses femmes, et ses femmes se furent bientôt munies de tout l’appareil qui lui était nécessaire. La belle Persienne se retira à son appartement, et la femme du vizir, avant de passer au bain, chargea deux petites esclaves de demeurer près d’elle, avec ordre de ne laisser pas entrer Noureddin, s’il venait.
Pendant que la femme du vizir Khacan était au bain et que la belle Persienne était seule, Noureddin arriva, et comme il ne trouva pas sa mère dans son appartement, il alla à celui de la belle Persienne, où il trouva les deux petites esclaves dans l’antichambre. Il leur demanda où était sa mère ; à quoi elles répondirent qu’elle était au bain. « Et la belle Persienne, reprit Noureddin, y est-elle aussi ?
– Elle en est revenue, repartirent les esclaves, et elle est dans sa chambre ; mais nous avons ordre de madame votre mère de ne vous pas laisser entrer. »
La chambre de la belle Persienne n’était fermée que par une portière, Noureddin s’avança pour entrer, et les deux esclaves se mirent au-devant pour l’en empêcher. Il les prit par le bras l’une et l’autre, les mit hors de l’antichambre et ferma la porte sur elles. Elles coururent au bain en faisant de grands cris, et annoncèrent à leur dame en pleurant que Noureddin était entré dans la chambre de la belle Persienne, malgré elles, et, qu’il les avait chassées.
La nouvelle d’une si grande hardiesse causa à la bonne dame une mortification des plus sensibles. Elle interrompit son bain et s’habilla avec une diligence extrême. Mais avant qu’elle eût achevé et qu’elle arrivât à la chambre de la belle Persienne, Noureddin en était sorti et il avait pris la fuite.
La belle Persienne fut extrêmement étonnée de voir entrer la femme du vizir tout en pleurs et comme une femme qui ne se possédait plus. « Madame, lui dit-elle, oserais-je vous demander d’où vient que vous êtes affligée ? Quelle disgrâce vous est arrivée au bain, pour vous avoir obligée d’en sortir si tôt ?
« – Quoi ! s’écria la femme du vizir, vous me faites cette demande d’un esprit tranquille, après que mon fils Noureddin est entré dans votre chambre et qu’il y est demeuré seul avec vous ! Pouvait-il nous arriver un plus grand malheur, à lui et à moi ?
« De grâce, madame, repartit la belle Persienne, quel malheur peut-il y avoir pour vous et pour Noureddin en ce que Noureddin a fait ?
– Comment ! répliqua la femme du vizir, mon mari ne vous a-t-il pas dit qu’il vous a achetée pour le roi, et ne vous avait-il pas avertie de prends garde que Noureddin n’approchât de vous ?
« – Je ne l’ai pas oublié, madame, reprit encore la belle Persienne ; mais Noureddin m’est venu dire que le vizir son père avait changé de sentiment, et qu’au lieu de me réserver pour le roi, comme il en avait eu l’intention, il lui avait fait présent de ma personne. Je l’ai cru, madame et esclave comme je suis, accoutumée aux lois de l’esclavage dès ma plus tendre jeunesse, vous jugez bien que je n’ai pu et que je n’ai dû m’opposer à sa volonté. J’ajouterai même que je l’ai fait avec d’autant moins de répugnance, que j’avais conçu une forte inclination pour lui, par la liberté que nous avons eue de nous voir. Je perds, sans regret l’espérance d’appartenir au roi, et je m’estimerai très-heureuse de passer toute ma vie avec Noureddin. »
À ce discours de la belle Persienne : « Plût à Dieu, dit la femme du vizir, que ce que vous me dites fût vrai ! j’en aurais bien de la joie. Mais, croyez-moi, Noureddin est un imposteur ; il vous a trompée, et il n’est pas possible que son père lui ait fait le présent qu’il vous a dit. Qu’il est malheureux et que je suis malheureuse ! Et que son père l’est davantage par les suites fâcheuses qu’il doit craindre et que nous devons craindre avec lui ! Mes pleurs ni mes prières ne seront pas capables de le fléchir ni d’obtenir son pardon. Son père va le sacrifier à son juste ressentiment, dès qu’il sera informé de la violence qu’il vous a faite. » En achevant ces paroles, elle pleura amèrement, et ses esclaves, qui ne craignaient pas moins qu’elle pour la vie de Noureddin, suivirent son exemple.
Le vizir Khacan arriva quelques moments après, et fut dans un grand étonnement de voir sa femme et les esclaves en pleurs, et la belle Persienne fort triste. Il en demanda la cause, et sa femme et les esclaves augmentèrent leurs cris et leurs larmes, au lieu de lui répondre. Leur silence l’étonna davantage, et en s’adressant à sa femme : « Je veux absolument, lui dit-il, que vous me déclariez ce que vous avez à pleurer, et que vous me disiez la vérité. »
La dame, désolée, ne put se dispenser de satisfaire son mari : « Promettez-moi donc, seigneur, reprit-elle, que vous ne me voudrez pas de mal de ce que je vous dirai ; je vous assure d’abord qu’il n’y a pas de ma faute. » Sans attendre sa réponse : « Pendant que j’étais au bain avec mes femmes, poursuivit-elle, votre fils est venu, et a pris ce malheureux temps pour faire accroire à la belle Persienne que vous ne vouliez plus la donner au roi et que vous lui en aviez fait un présent. Je ne vous dis pas ce qu’il a fait après une fausseté si insigne, je vous laisse à juger vous-même. Voilà le sujet de mon affliction pour l’amour de vous et pour l’amour de lui, pour qui je n’ai pas la confiance d’implorer votre clémence. »
Il n’est pas possible d’exprimer quelle fut la mortification du vizir Khacan quand il eut entendu le récit de l’insolence de son fils Noureddin. « Ah ! s’écria-t-il en se frappant cruellement, en se tordant les mains et en s’arrachant la barbe, c’est donc ainsi, malheureux fils, fils indigne de voir le jour, que tu jettes ton père dans le précipice, du plus haut degré de son bonheur, que tu le perds et que tu te perds toi-même avec lui ! Le roi ne se contentera pas de ton sang ni du mien pour se venger de cette offense, qui attaque sa personne même. »
Sa femme voulut tâcher de le consoler : « Ne vous affligez pas, lui dit-elle, je ferai aisément dix mille pièces d’or d’une partie de mes pierreries ; vous en achèterez une autre esclave, qui sera plus belle et plus digne du roi.
« – Eh ! croyez-vous., reprit le vizir, que je sois capable de me tant affliger pour la perte de dix mille pièces d’or ? Il ne s’agit pas ici de cette perte, ni même de la perte de tous mes biens, dont je serais aussi peu touché. Il s’agit de celle de mon honneur, qui m’est plus précieux que tous les biens du monde.
– Il me semble néanmoins, seigneur, reprit la dame, que ce qui se peut réparer par l’argent n’est pas d’une si grande conséquence.
– Hé quoi ! répliqua le vizir, ne savez-vous pas que Saouy est mon ennemi capital ? Croyez-vous que, dès qu’il aura appris cette affaire, il n’aille pas triompher de moi près du roi ! Votre majesté, lui dira-t-il, ne parle que de l’affection et du zèle de Khacan pour son service ; il vient de faire voir cependant combien il est peu digne d’une si grande considération. Il a reçu dix mille pièces d’or pour lui acheter une esclave. Il s’est véritablement acquitté d’une commission si honorable, et jamais personne n’a vu une si belle esclave ; mais, au lieu de l’amener à votre majesté, il a jugé plus à propos d’en faire un présent à son fils. Mon fils, lui a-t-il dit, prenez cette esclave, c’est pour vous : vous la méritez mieux que le roi. Son fils, continuera-t-il avec sa malice ordinaire, l’a prise, et il se divertit tous les jours avec elle. La chose est comme j’ai l’honneur de l’assurer à votre majesté, et votre majesté peut s’en éclaircir par elle-même. Ne voyez-vous pas, ajouta le vizir, que sur un tel discours les gens du roi peuvent venir forcer ma maison à tout moment et enlever l’esclave. J’y ajoute tous les autres malheurs inévitables qui suivront.
« – Seigneur, reprit la dame à ce discours du vizir son mari, j’avoue que la méchanceté de Saouy est des plus grandes et qu’il est capable de donner à la chose le tour malin que vous venez de dire, s’il en avait la moindre connaissance. Mais peut-il savoir, ni lui ni personne, ce qui se passe dans l’intérieur de votre maison ? Quand on le soupçonnerait et que le roi vous en parlerait, ne pouvez-vous pas dire qu’après avoir bien examiné l’esclave, vous ne l’avez pas trouvée aussi digne de sa majesté qu’elle vous l’avait paru d’abord ; que le marchand vous a trompé ; qu’elle est à la vérité d’une beauté incomparable ; mais qu’il s’en faut beaucoup qu’elle ait autant d’esprit et qu’elle soit aussi habile qu’on vous l’avait vantée ? Le roi vous en croira à votre parole, et Saouy aura la confusion d’avoir aussi peu réussi dans son pernicieux dessein que tant d’autres fois qu’il a entrepris inutilement de vous détruire. Rassurez-vous donc, et si vous voulez me croire, envoyez chercher les courtiers, marquez-leur que vous n’êtes pas content de la belle Persienne, et chargez-les de vous chercher une autre esclave.
Comme ce conseil parut très-raisonnable au vizir Khacan, il calma un peu ses esprits et il prit le parti de le suivre ; mais il ne diminua rien de sa colère contre son fils Noureddin.
Noureddin ne parut point de toute la journée ; il n’osa même chercher un asile chez aucun des jeunes gens de son âge qu’il fréquentait ordinairement, de crainte que son père ne l’y fît chercher. Il alla hors de la ville, et se réfugia dans un jardin où il n’était jamais allé et où il n’était pas connu. Il ne revint que fort tard, lorsqu’il savait bien que son père était retiré, et il se fit ouvrir par les femmes de sa mère, qui l’introduisirent sans bruit. Il sortit le lendemain avant que son père fût levé, et il fut contraint de prendre les mêmes précautions un mois entier, avec une mortification très-sensible. En effet, les femmes ne le flattaient pas : elles lui déclaraient franchement que le vizir son père persistait dans la même colère, et protestait qu’il le tuerait s’il se présentait devant lui.
La femme de ce ministre savait par ses femmes que Noureddin revenait chaque jour ; mais elle n’osait prendre la hardiesse de prier son mari de lui pardonner. Elle la prit enfin : « Seigneur, lui dit-elle un jour, je n’ai osé jusqu’à présent prendre la liberté de vous parler de votre fils. Je vous supplie de me permettre de vous demander ce que vous prétendez faire de lui. Un fils ne peut être plus criminel envers un père, que Noureddin l’est envers vous. Il vous a privé d’un grand honneur et de la satisfaction de présenter au roi une esclave aussi accomplie que la belle Persienne, je l’avoue ; mais, après tout, quelle est votre intention ? Voulez-vous le perdre absolument ? Au lieu d’un mal auquel il ne faut plus que vous songiez, vous vous en attireriez un autre beaucoup plus grand, à quoi vous ne pensez peut-être pas. Ne craignez-vous pas que le monde, qui est malin, en cherchant pourquoi votre fils est éloigné de vous, n’en devine la véritable cause que vous voulez tenir si cachée ? Si cela arrivait, vous seriez tombé justement dans le malheur que vous avez un si grand intérêt d’éviter.
« – Madame, reprit le vizir, ce que vous dites là est de bon sens ; mais je ne puis me résoudre à pardonner à Noureddin, que je ne l’aie mortifié comme il le mérite.
– Il sera suffisamment mortifié, reprit la dame, quand vous aurez fait ce qui me vient en pensée. Votre fils entre ici chaque nuit lorsque vous êtes retiré ; il y couche, et il en sort avant que vous soyez levé. Attendez-le ce soir jusqu’à son arrivée, et faites semblant de le vouloir tuer. Je viendrai à son secours, et en lui marquant que vous lui donnez la vie à ma prière, vous l’obligerez de prendre la belle Persienne à telle condition qu’il vous plaira. Il l’aime, et je sais que la belle Persienne ne le hait pas. »
Khacan voulut bien suivre ce conseil : ainsi, avant qu’on ouvrît à Noureddin, lorsqu’il arriva à son heure ordinaire, il se mit derrière la porte, et dès qu’on lui eut ouvert il se jeta sur lui et le mit sous les pieds. Noureddin tourna la tête, et reconnut son père le poignard à la main, prêt à lui ôter la vie.
La mère de Noureddin survint en ce moment, et, retenant le vizir par le bras : « Qu’allez-vous faire, Seigneur ? s’écria-t-elle.
– Laissez-moi reprit le vizir, que je tue ce fils indigne.
– Ah ! seigneur, reprit la mère tuez-moi plutôt moi-même : je ne permettrai jamais que vous ensanglantiez vos mains de votre propre sang. » Noureddin profita de ce moment : « Mon père, s’écria-t-il les larmes aux yeux, j’implore votre clémence et votre miséricorde ; accordez-moi le pardon que je vous demande au nom de celui de qui vous l’attendez au jour que nous paraîtrons tous devant lui. »
Khacan se laissa arracher le poignard de la main, et dès qu’il eut lâché Noureddin, Noureddin se jeta à ses pieds et les lui baisa, pour marquer combien il se repentait de l’avoir offensé. « Noureddin, lui dit-il, remerciez votre mère, je vous pardonne à sa considération. Je veux bien même vous donner la belle Persienne, mais à condition que vous me promettrez par serment de ne pas la regarder comme esclave, mais comme votre femme, c’est-à-dire que vous ne la vendrez et même que vous ne la répudierez jamais. Comme elle est sage et qu’elle a de l’esprit et de la conduite infiniment plus que vous, je suis persuadé qu’elle modérera ces emportements de jeunesse qui sont capables de vous perdre. »
Noureddin n’eût osé espérer d’être traité avec une si grande indulgence : il remercia son père avec toute la reconnaissance imaginable, et lui fit de très-bon cœur le serment qu’il souhaitait. Ils furent très-contents l’un de l’autre, la belle Persienne et lui, et le vizir fut très-satisfait de leur bonne union.
Le vizir Khacan n’attendait pas que le roi lui parlât de la commission qu’il lui avait donnée : il avait grand soin de l’en entretenir souvent et de lui marquer les difficultés qu’il trouvait à s’en acquitter à la satisfaction de sa majesté ; il sut enfin le ménager avec tant d’adresse, qu’insensiblement il n’y songea plus. Saouy néanmoins avait su quelque chose de ce qui s’était passé ; mais Khacan était si avant dans la faveur du roi qu’il n’osa hasarder d’en parler.
Il y avait plus d’un an que cette affaire si délicate s’était passée plus heureusement que ce ministre ne l’avait cru d’abord, lorsqu’il alla au bain et qu’une affaire pressante l’obligea d’en sortir encore tout échauffé ; l’air, qui était un peu froid, le frappa et lui causa une fluxion sur la poitrine, qui le contraignit de se mettre au lit avec une grosse fièvre. La maladie augmenta, et comme il s’aperçut qu’il n’était pas loin du dernier moment de sa vie, il tint ce discours à Noureddin, qui ne l’abandonnait pas : « Mon fils, lui dit-il, je ne sais si j’ai fait le bon usage que je devais des grandes richesses que Dieu m’a données ; vous voyez qu’elles ne me servent de rien pour me délivrer de la mort. La seule chose que je vous demande en mourant, c’est que vous vous souveniez de la promesse que vous m’avez faite touchant la belle Persienne. Je meurs content, avec la confiance que vous ne l’oublierez pas. »
Ces paroles furent les dernières que le vizir Khacan prononça. Il expira peu de moments après, et il laissa un deuil inexprimable dans sa maison, à la cour et dans la ville. Le roi le regretta comme un ministre sage, zélé et fidèle, et toute la ville le pleura comme son protecteur et son bienfaiteur. Jamais on n’avait vu de funérailles plus honorables à Balsora. Les vizirs, les émirs et généralement tous les grands de la cour, s’empressèrent de porter son cercueil sur les épaules, les uns après les autres, jusqu’au lieu de sa sépulture, et les plus riches jusqu’aux plus pauvres de la ville l’y accompagnèrent en pleurs.
Noureddin donna toutes les marques de la grande affliction que la perte qu’il venait de faire devait lui causer, et il demeura longtemps sans voir personne. Un jour enfin il permit qu’on laissât entrer un de ses amis intimes. Cet ami tâcha de le consoler, et comme il le vit disposé à l’écouter, il lui dit qu’après avoir rendu à la mémoire de son père tout ce qu’il lui devait, et satisfait pleinement à tout ce que demandait la bienséance, il était temps qu’il parût dans le monde, qu’il vît ses amis et qu’il soutînt le rang que sa naissance et son mérite lui avaient acquis. « Nous pécherions, ajouta-t-il, contre les lois de la nature et même contre les lois civiles, si, lorsque nos pères sont morts, nous ne leur rendions les devoirs que la tendresse exige de nous, et l’on nous regarderait comme des insensibles. Mais dès que nous nous en sommes acquittés et qu’on ne peut nous en faire aucun reproche, nous sommes obligés de reprendre le même train qu’auparavant et de vivre dans le monde de la manière qu’on y vit. Essuyez donc vos larmes, et reprenez cet air de gaieté qui a toujours inspiré la joie partout où vous vous êtes trouvé. »
Le conseil de cet ami était très-raisonnable, et Noureddin eût évité tous les malheurs qui lui arrivèrent s’il l’eût suivi dans toute la régularité qu’il demandait. Il se laissa persuader sans peine, il régala même son ami ; et lorsqu’il voulut se retirer, il le pria de revenir le lendemain et d’amener trois ou quatre de leurs amis communs. Insensiblement il forma une société de dix personnes à peu près de son âge, et il passait le temps avec eux en des festins et des réjouissances continuels. Il n’y avait pas même de jour qu’il ne les renvoyât chacun avec un présent.
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Les Mille et Une Nuits - Tome I
Contes arabes. — Histoire du Sultan des Indes.
Fable. — L'Ane, le Bœuf et le Laboureur.
Iere nuit. — Le Marchand et le Génie.
Histoire du premier Vieillard et de la Biche.
Histoire du second Vieillard et des deux Chiens noirs.
Histoire du Pécheur.
Histoire du Roi grec et du médecin Douban.
Histoire du Mari et du Perroquet.
Histoire du Vizir puni.
Histoire du Vizir puni. suite.
Histoire du jeune Roi des Iles Noires.
Histoire du jeune Roi des Iles Noires. suite.
Histoire des trois Calenders, fils de rois, et de cinq Dames de Bagdad.
Histoire des trois Calenders, fils de rois, et de cinq Dames de Bagdad. suite.
Histoire du premier Calender, fils de roi.
Histoire du second Calender, fils de roi.
Histoire de l'Envieux et de l'Envié.
Histoire de l'Envieux et de l'Envié. suite.
Histoire du troisième Calender, fils de roi.
Histoire du troisième Calender, fils de roi. suite. -
Les Mille et Une Nuits - Tome II
Histoire de Zobéide.
Histoire d'Amine.
Histoire des trois Pommes.
Histoire de la Dame massacrée et du jeune homme son mari.
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan.
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan. suite1
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan. suite 2.
Histoire du petit Bossu.
Histoire que raconta le Marchand chrétien.
Histoire que raconta le Marchand chrétien. suite.
Histoire racontée par le Pourvoyeur du sultan de Casgar.
Histoire racontée par le Pourvoyeur du sultan de Casgar. suite. -
Les Mille et Une Nuits - Tome III
Histoire racontée par le Médecin juif.
Histoire que raconte le Tailleur.
Histoire du Barbier.
Histoire du premier frère du Barbier.
Histoire du second frère du Barbier.
Histoire du troisième frère du Barbier.
Histoire du quatrième frère du Barbier.
Histoire du cinquième frère du Barbier.
Histoire du sixième frère du Barbier.
Histoire d'Aboulhassan Ali Ebn Becar et de Schemselnihar, favorite du Calife Haroun-al-Raschid.
Histoire d'Aboulhassan Ali Ebn Becar et de Schemselnihar, favorite du Calife Haroun-al-Raschid. suite.
Lettre de Schemselnihar au prince de Perse Ali Ebn Becar.
Réponse du prince de Perse à la lettre de Schemselnihar.
Lettre de Schemselnihar au prince de Perse.
Réponse du prince de Perse à Schemselnihar.
Réponse du prince de Perse à Schemselnihar. suite.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne. suite 2.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne. suite 3.
Lettre du calife Haroun Alraschid au roi de Balsora. -
Les Mille et Une Nuits - Tome IV
Histoire des amours de Camaralzaman, prince de l'Ile des Enfants de Khaledan, et de Badoure, princesse de la Chine.
Histoire des amours de Camaralzaman, prince de l'Ile des Enfants de Khaledan, et de Badoure, princesse de la Chine. suite.
Suite de l'histoire de la princesse de la Chine.
Histoire de Marzavan avec la suite de celle de Camaralzaman.
Billet du prince Camaralzaman à la princesse de la Chine.
Séparation du prince Caramalzaman d'avec la princesse Badoure.
Histoire de la princesse Badoure après la séparation du prince Camaralzaman.
Suite de l'histoire du prince Camaralzaman depuis sa séparation d'avec la princesse Badoure.
Histoire des princes Amgiad et Assad.
Le prince Assad arrêté en entrant dans la ville des Mages.
Histoire du prince Amgiad et d'une dame de la ville des Mages.
Suite de l'histoire du prince Assad.
Histoire de Sindbad le marin.
Premier vovage.de Sindbad le marin.
Second voyage de Sindbad le marin.
Troisième vovage de Sindbad le marin.
Quatrième voyage de Sindbad le marin.
Cinquième voyage de Sindbad le marin.
Sixième voyage de Siudbad le malin.
Septième et dernier voyage de Sindbad le marin.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal. suite. 2.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal. suite. 3 -
Les Mille et Une Nuits - Tome V
Histoire de Ganem, fils d'Abou Aïoub, surnommé l'Esclave d'amour.
Lettre du calife Haroun Alraschid à Mohammed Zinebi, roi de Syrie.
Histoire du prince Zeyn-Alasnam et du Roi des Génies.
Histoire de Codadad et de ses frères.
Histoire de la Princesse de Deryabar.
Histoire du Dormeur éveillé.
Histoire du Dormeur éveillé. suite.2
Histoire du Dormeur éveillé. suite.3 -
Les Mille et Une Nuits - Tome VI
Histoire de la Lampe merveilleuse.
Histoire de la Lampe merveilleuse. suite.2
Histoire de la Lampe merveilleuse. suite.3
Aventures du calife Haroun Alraschid.
Histoire de l'aveugle Baba Abdalla.
Histoire de Sidi Nouman.
Histoire de Cogia Hassan Alhabbal.
Suite de l'histoire de Cogia Hassan Alhabbal.
Histoire d'Ali Baba et de Quarante Voleurs exterminés par une esclave.
Histoire d'Ali Baba et de Quarante Voleurs exterminés par une esclave. suite.1 -
Les Mille et Une Nuits - Tome VII
Histoire d'Ali Cogia, marchand de Bagdad.
Histoire du Cheval enchanté.
Histoire du Cheval enchanté. suite.
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou.
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. suite.2
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. suite.3
Histoire de Deux Sœurs jalouses de leur cadette.
Histoire de Deux Sœurs jalouses de leur cadette.
-
Les Mille et Une Nuits - Tome VIII
Préface du traducteur de la continuation des Mille et une Nuits
Nouvelles Aventures du calife Haroun Alraschild, ou Histoire de la petite fille de Chosroès Anouschirvan
Le Bimaristan, ou Histoire du jeune marchand de Bagdad et de la dame inconnue
Le Médecin et le jeune traiteur de Bagdad.
Histoire du sage Hicar.
Histoire du roi Azadbakht, ou des dix visirs.
Histoire du marchand devenu malheureux.
Histoire du marchand imprudent et de ses deux enfans.
Histoire d’Abousaber, ou de l’homme patient.
Histoire du prince Behezad.
Histoire du roi Dadbin, ou de la vertueuse Aroua.
Histoire du roi Bakhtzeman.
Histoire du roi Khadidan.
Histoire du roi Beherkerd.
Histoire du roi Hanschah et d’Abouteman.
Histoire du roi Ibrahim et de son fils
Histoire de Soleïman-schah.
Histoire de l’esclave sauvé du supplice -
Les Mille et Une Nuits - Tome IX
Attaf ou L’Homme généreux.
Histoire du prince Habib et de Dorrat Algoase.
Histoire du roi Sapor, souverain des isle Bellour ; de Camar Alzeman, fille du génie Alatrous, et de Dorrat Algoase
Histoire de Naama et de Naam.
Histoire d’Alaeddin.
Histoire d’Abou Mohammed Alkeslan.
Histoire d’Aly Mohammed le joaillier, ou du faux calife.
- Extraits : Cours de littérature ancienne et moderne tome IX. par J.F. Laharpe -1825.
- Les Mille et une nuits par Galland, illustrés par : MM. FRANÇAIS, H. BARON, ED. WATTIER, LA VILLE, etc...Revus et corrigés sur l'édition Princeps de 1704.Nouvelle édition de 1861.
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La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 



