L
orsque les deux amants se furent endormis, poursuivit le grand vizir Giafar, le génie, qui avait rejoint la fée, lui dit qu’il était temps d’achever ce qu’ils avaient si bien commencé et conduit jusqu’alors. « Ne nous laissons pas surprendre, ajouta-t-il, par le jour qui paraîtra bientôt ; allez, et enlevez le jeune homme sans l’éveiller. »
« La fée se rendit dans la chambre des amants, qui dormaient profondément, enleva Bedreddin Hassan dans l’état où il était, c’est-à-dire en chemise et en caleçon ; et, volant avec le génie d’une vitesse merveilleuse jusqu’à la porte de Damas en Syrie, ils y arrivèrent précisément dans le temps que les ministres des mosquées, préposés pour cette fonction, appelaient le peuple à haute voix à la prière de la pointe du jour. La fée posa doucement à terre Bedreddin, et, le laissant près de la porte, s’éloigna avec le génie.
« On ouvrit les portes de la ville, et les gens qui s’étaient déjà assemblés en grand nombre pour sortir furent extrêmement surpris de voir Bedreddin Hassan étendu par terre, en chemise et en caleçon. L’un disait : « Il a tellement été pressé de sortir de chez sa maîtresse, qu’il n’a pas eu le temps de s’habiller. — Voyez un peu, disait l’autre, à quels accidents on est exposé ! il aura passé une bonne partie de la nuit à boire avec ses amis ; il se sera enivré, sera sorti ensuite pour quelque nécessité, et, au lieu de rentrer, il sera venu jusqu’ici sans savoir ce qu’il faisait, et le sommeil l’y aura surpris. » D’autres en parlaient autrement, et personne ne pouvait deviner par quelle aventure il se trouvait là. Un petit vent qui commençait alors à souffler, leva sa chemise et laissa voir sa poitrine qui était plus blanche que la neige. Ils furent, tous tellement étonnés de cette blancheur, qu’ils firent un cri d’admiration qui réveilla le jeune homme. Sa surprise ne fut pas moins grande que la leur, de se voir à la porte d’une ville où il n’était jamais venu, et environné d’une foule de gens qui le considéraient avec attention. « Messieurs, leur dit-il, apprenez-moi, de grâce, où je suis et ce que vous souhaitez de moi. » L’un d’entre eux prit la parole et lui répondit : « Jeune homme, on vient d’ouvrir la porte de cette ville, et en sortant, nous vous avons trouvé couché ici dans l’état où vous voilà. Nous nous sommes arrêtés à vous regarder. Est-ce que vous avez passé ici la nuit ? et savez-vous bien que vous êtes à une des portes de Damas ? — À une des portes de Damas ! répliqua Bedreddin, vous vous moquez de moi ; en me couchant, cette nuit, j’étais au Caire. » À ces mots, quelques-uns touchés de compassion, dirent que c’était dommage qu’un jeune homme si bien fait eût perdu l’esprit, et ils passèrent leur chemin.
« Mon fils, lui dit un bon vieillard, vous n’y pensez pas ; puisque vous êtes ce matin à Damas, comment pouviez-vous être hier soir au Caire ? cela ne peut pas être. — Cela est pourtant très-vrai, repartit Bedreddin, et je vous jure même que je passai toute la journée d’hier à Balsora. » À peine eut-il achevé ces paroles, que tout le monde fit un grand éclat de rire et se mit à crier : C’est un fou ! c’est un fou ! Quelques-uns néanmoins le plaignaient à cause de sa jeunesse, et un homme de la compagnie lui dit : « Mon fils, il faut que vous ayez perdu la raison ; vous ne songez pas à ce que vous dites. Est-il possible qu’un homme soit le jour à Balsora, la nuit au Caire et le matin à Damas ? Vous n’êtes pas, sans doute, bien éveillé : rappelez vos esprits. — Ce que je dis, reprit Bedreddin Hassan, est si véritable, qu’hier au soir j’ai été marié dans la ville du Caire. » Tous ceux qui avaient ri auparavant redoublèrent leurs ris à ce discours. « Prenez-y bien garde, lui dit la même personne qui venait de lui parler, il faut que vous ayez rêvé tout cela et que cette illusion vous soit restée dans l’esprit. — Je sais bien ce que je dis, répondit le jeune homme ; dites-moi vous-même comment il est possible que je sois allé en songe au Caire, où je suis persuadé que j’ai été effectivement, où l’on a par sept fois amené devant moi mon épouse, parée d’un nouvel habillement chaque fois, et où enfin j’ai vu un affreux bossu qu’on prétendait lui donner. Apprenez-moi encore ce que sont devenus ma robe, mon turban et la bourse de sequins que j’avais au Caire ? »
« Quoiqu’il assurât que toutes ces choses étaient réelles, les personnes qui l’écoutaient n’en firent que rire ; ce qui le troubla de sorte qu’il ne savait plus lui-même ce qu’il devait penser de tout ce qui lui était arrivé. »
Le jour, qui commençait à éclairer l’appartement de Schahriar, imposa silence à Scheherazade, qui continua ainsi son récit le lendemain :
LXXXII NUIT. Sire, dit-elle, après que Bedreddin Hassan se fut opiniâtré à soutenir que tout ce qu’il avait dit était véritable, il se leva pour entrer dans la ville, et tout le monde le suivait en criant : C’est un fou ! c’est un fou ! À ces cris, les uns mirent la tête aux fenêtres, les autres se présentèrent à leurs portes, et d’autres, se joignant à ceux qui environnaient Bedreddin, criaient comme eux : C’est un fou, sans savoir de quoi il s’agissait. Dans l’embarras où était ce jeune homme, il arriva devant la maison d’un pâtissier qui ouvrait sa boutique, et il entra dedans pour se dérober aux huées du peuple qui le suivait.
Ce pâtissier avait été autrefois chef d’une troupe de vagabonds qui détroussaient les caravanes, et quoiqu’il fût venu s’établir à Damas, où il ne donnait aucun sujet de plainte contre lui, il ne laissait pas d’être craint de tous ceux qui le connaissaient. C’est pourquoi dès le premier regard qu’il jeta sur la populace qui suivait Bedreddin, il la dissipa. Le pâtissier, voyant qu’il n’y avait plus personne, fit plusieurs questions au jeune homme ; il lui demanda qui il était et ce qui l’avait amené à Damas. Bedreddin Hassan ne lui cacha ni sa naissance, ni la mort du grand vizir son père. Il lui conta ensuite de quelle manière il était sorti de Balsora, et comment, après s’être endormi la nuit précédente sur le tombeau de son père, il s’était trouvé, à son réveil, au Caire, où il avait épousé une dame. Enfin, il lui marqua la surprise où il était de se voir à Damas sans pouvoir comprendre toutes ces merveilles.
« Votre histoire est des plus surprenantes, lui dit le pâtissier ; mais, si vous voulez suivre mon conseil, vous ne ferez confidence à personne de toutes les choses que vous venez de me dire, et vous attendrez patiemment que le ciel daigne finir les disgrâces dont il permet que vous soyez affligé. Vous n’avez qu’à demeurer avec moi jusqu’à ce temps-là, et comme je n’ai pas d’enfants, je suis prêt à vous reconnaître pour mon fils, si vous y consentez. Après que je vous aurai adopté, vous irez librement par la ville et vous ne serez plus exposé aux insultes de la populace. »
Quoique cette adoption ne fît pas honneur au fils d’un grand vizir, Bedreddin ne laissa pas d’accepter la proposition du pâtissier, jugeant bien que c’était le meilleur parti qu’il devait prendre dans la situation où était sa fortune. Le pâtissier le fit habiller, prit des témoins, et alla déclarer devant un cadi qu’il le reconnaissait pour son fils ; après quoi Bedreddin demeura chez lui sous le simple nom de Hassan, et apprit la pâtisserie.
Pendant que cela se passait, à Damas, la fille de Schemseddin Mohammed se réveilla, et, ne trouvant pas Bedreddin auprès d’elle, crut qu’il s’était levé sans vouloir interrompre son repos et qu’il reviendrait bientôt. Elle attendait son retour, lorsque le vizir Schemseddin Mohammed son père, vivement touché de l’affront qu’il croyait avoir reçu du sultan d’Égypte, vint frapper à la porte de son appartement, résolu de pleurer avec elle sa triste destinée. Il l’appela par son nom, et elle n’eut pas plus tôt entendu sa voix qu’elle se leva pour lui ouvrir la porte. Elle lui baisa la main et le reçut d’un air si satisfait, que le vizir, qui s’attendait à la trouver baignée de pleurs et aussi affligée que lui, en fut extrêmement surpris. « Malheureuse ! lui dit-il en colère, est-ce ainsi que tu parais devant moi ? Après l’affreux sacrifice que tu viens de consommer, peux tu m’offrir un visage si content ! »
Scheherazade cessa de parler en cet endroit, parce que le jour parut. La nuit suivante, elle reprit son discours et dit au sultan des Indes :
LXXXIII NUIT. Sire, le grand vizir Giafar continuant de raconter l’histoire de Bedreddin Hassan : « Quand la nouvelle mariée, poursuivit-il, vit que son père lui reprochait la joie qu’elle faisait paraître, elle lui dit : « Seigneur, ne me faites point, de grâce, un reproche si injuste ; ce n’est pas le bossu, que je déteste plus que la mort, ce n’est pas ce monstre que j’ai épousé : tout le monde lui a fait tant de confusion qu’il a été contraint de s’aller cacher et de faire place à un jeune homme charmant qui est mon véritable mari. — Quelle fable me contez-vous ? interrompit brusquement Schemseddin Mohammed. Quoi ! le bossu n’a pas couché cette nuit avec vous ? — Non, seigneur, répondit-elle, je n’ai point couché avec d’autre personne qu’avec le jeune homme dont je vous parle, qui a de gros yeux et de grands sourcils noirs. » À ces paroles, le vizir perdit patience et se mit dans une furieuse colère contre sa fille. « Ah ! méchante, lui dit-il, voulez-vous me faire perdre l’esprit par le discours que vous me tenez ? — C’est vous, mon père, repartit-elle, qui me faites perdre l’esprit à moi-même par votre incrédulité. — Il n’est donc pas vrai, répliqua le vizir, que le bossu…… — Hé ! laissons là le bossu, interrompit-elle avec précipitation, maudit soit le bossu ! Entendrai-je toujours parler du bossu ! Je vous le répète encore, mon père, ajouta-t-elle, je n’ai point passé la nuit avec lui, mais avec le cher époux que je vous dis, et qui ne doit pas être loin d’ici. »
« Schemseddin Mohammed sortit pour l’aller chercher ; mais au lieu de le trouver, il fut dans une surprise extrême de rencontrer le bossu, qui avait la tête en bas, les pieds en haut, dans la même situation où l’avait mis le génie. « Que veut dire cela ? lui dit-il ; qui vous a mis en cet état ? » Le bossu, reconnaissant le vizir, lui répondit : « Ah ! ah ! c’est donc vous qui vouliez me donner en mariage la maîtresse d’un buffle, l’amoureuse d’un vilain génie ? Je ne serai pas votre dupe, et vous ne m’y attraperez pas. »
Scheherazade en était là lorsqu’elle aperçut la première lumière du jour ; quoiqu’il n’y eût pas longtemps qu’elle parlât, elle n’en dit pas davantage cette nuit. Le lendemain, elle reprit ainsi la suite de sa narration, et dit au sultan des Indes :
LXXXIV NUIT. Sire, le grand vizir Giafar poursuivant son histoire : « Schemseddin Mohammed, continua-t-il, crut que le bossu extravaguait quand il l’entendit parler de cette sorte, et il lui dit : « Ôtez-vous de là, mettez-vous sur vos pieds. — Je m’en garderai bien, repartit le bossu, à moins que le soleil ne soit levé. Sachez qu’étant venu ici hier au soir, il parut tout à coup devant moi un chat noir, qui devint insensiblement gros comme un buffle ; je n’ai pas oublié ce qu’il m’a dit ; c’est pourquoi allez à vos affaires et me laissez ici. » Le vizir, au lieu de se retirer, prit le bossu par les pieds et l’obligea de se relever. Cela étant fait, le bossu sortit en courant de toute sa force sans regarder derrière lui. Il se rendit au palais, se fit présenter au sultan d’Égypte, et le divertit fort en lui racontant le traitement que lui avait fait le génie.
« Schemseddin Mohammed retourna dans la chambre de sa fille, plus étonné et plus incertain qu’auparavant de ce qu’il voulait savoir. « Hé bien, fille abusée, lui dit-il, ne pouvez-vous m’éclaircir davantage sur une aventure qui me rend interdit et confus ? — Seigneur, lui répondit-elle, je ne puis vous apprendre autre chose que ce que j’ai déjà eu l’honneur de vous dire. Mais voici, ajouta-t-elle, l’habillement de mon époux, qu’il a laissé sur cette chaise ; il vous donnera peut-être les éclaircissements que vous cherchez. » En disant ces paroles elle présenta le turban de Bedreddin au vizir qui le prit et qui, après l’avoir bien examiné de tous côtés : « Je le prendrais, dit-il, pour un turban de vizir s’il n’était à la mode de Moussoul. » Mais s’apercevant qu’il y avait quelque chose de cousu entre l’étoffe et la doublure, il demanda des ciseaux, et ayant décousu, il trouva un papier plié. C’était le cahier que Noureddin Ali avait donné en mourant à Bedreddin son fils, qui l’avait caché en cet endroit pour mieux le conserver. Schemseddin Mohammed ayant ouvert le cahier, reconnut le caractère de son frère Noureddin Ali, et lut ce titre : Pour mon fils Bedreddin Hassan. Avant qu’il pût faire ses réflexions, sa fille lui mit entre les mains la bourse qu’elle avait trouvée sous l’habit. Il l’ouvrit aussi, et elle était remplie de sequins, comme je l’ai déjà dit : car, malgré les largesses que Bedreddin Hassan avait faites, elle était toujours demeurée pleine par les soins du génie et de la fée. Il lut ces mots sur l’étiquette de la bourse : Mille sequins appartenant au juif Isaac ; et ceux-ci au-dessous, que le juif avait écrits avant que de se séparer de Bedreddin Hassan : Livrés à Bedreddin Hassan pour le chargement qu’il m’a vendu du premier des vaisseaux qui ont ci-devant appartenu à Noureddin Ali, son père, d’heureuse mémoire, lorsqu’il aura abordé en ce port. Il n’eut pas achevé celle lecture, qu’il fit un grand cri et s’évanouit. »
Scheherazade voulait continuer, mais le jour parut, et le sultan des Indes se leva, résolu d’entendre la fin de cette histoire.
LXXXV NUIT. Le lendemain, Scheherazade ayant repris la parole, dit à Schahriar : Sire, le vizir Schemseddin Mohammed étant revenu de son évanouissement par le secours de sa fille et des femmes qu’elle avait appelées : « Ma fille, dit-il, ne vous étonnez pas de l’accident qui vient de m’arriver. La cause en est telle qu’à peine y pourrez-vous ajouter foi. Cet époux qui a passé la nuit avec vous est votre cousin, le fils de Noureddin Ali. Les mille sequins qui sont dans cette bourse me font souvenir de la querelle que j’eus avec ce cher frère ; c’est sans doute le présent de noce qu’il vous fait. Dieu soit loué de toutes choses, et particulièrement de cette aventure merveilleuse qui montre si bien sa puissance ! » Il regarda ensuite l’écriture de son frère, et la baisa plusieurs fois en versant une grande abondance de larmes. « Que ne puis-je, disait-il, aussi bien que je vois ces traits qui me causent tant de joie, voir ici Noureddin lui-même et me réconcilier avec lui ! »
Il lut le cahier d’un bout à l’autre : il y trouva les dates de l’arrivée de son frère à Balsora, de son mariage, de la naissance de Bedreddin Hassan, et lorsque, après avoir confronté à ces dates celles de son mariage et de la naissance de sa fille au Caire, il eut admiré le rapport qu’il y avait entre elles et fait enfin réflexion que son neveu était son gendre, il se livra tout entier à la joie. Il prit le cahier et l’étiquette de la bourse, les alla montrer au sultan, qui lui pardonna le passé, et qui fut tellement charmé du récit de cette histoire, qu’il la fit mettre par écrit avec toutes ses circonstances, pour la faire passer à la postérité.
Cependant le vizir Schemseddin Mohammed ne pouvait comprendre pourquoi son neveu avait disparu ; il espérait néanmoins le voir arriver à tous moments, et il l’attendait avec la dernière impatience pour l’embrasser. Après l’avoir inutilement attendu pendant sept jours, il le fit chercher par tout le Caire ; mais il n’en apprit aucune nouvelle, quelques perquisitions qu’il en pût faire. Cela lui causa beaucoup d’inquiétude. « Voilà, disait-il, une aventure bien singulière ! jamais personne n’en a éprouvé une pareille. »
Dans l’incertitude de ce qui pouvait arriver dans la suite, il crut devoir mettre lui-même par écrit l’état où était alors sa maison, de quelle manière les noces s’étaient passées, comment la salle et la chambre de sa fille étaient meublées. Il fit aussi un paquet du turban, de la bourse et du reste de l’habillement de Bedreddin, et l’enferma sous la clé… La sultane Scheherazade fut obligée d’en demeurer là parce qu’elle vit que le jour paraissait. Sur la fin de la nuit suivante elle poursuivit cette histoire dans ces termes :
LXXXVI NUIT. Sire, le grand vizir Giafar continuant de parler au calife : « Au bout de quelques jours, dit-il, la fille du vizir Schemseddin Mohammed s’aperçut qu’elle était grosse, et en effet elle accoucha d’un fils dans le terme de neuf mois. On donna une nourrice à l’enfant, avec d’autres femmes et des esclaves pour le servir, et son aïeul le nomma Agib.
« Lorsque le jeune Agib eut atteint l’âge de sept ans, le vizir Schemseddin Mohammed, au lieu de lui faire apprendre à lire au logis, l’envoya à l’école chez un maître qui avait une grande réputation, et deux esclaves avaient soin de le conduire et de le ramener tous les jours. Agib jouait avec ses camarades : comme ils étaient tous d’une condition au-dessous de la sienne, ils avaient beaucoup de déférence pour lui, et en cela ils se réglaient sur le maître d’école, qui lui passait bien des choses qu’il ne pardonnait pas à eux. La complaisance aveugle qu’on avait pour Agib le perdit : il devint fier, insolent ; il voulait que ses compagnons souffrissent tout de lui, sans vouloir rien souffrir d’eux. Il dominait partout, et si quelqu’un avait la hardiesse de s’opposer à ses volontés, il lui disait mille injures et allait souvent jusqu’aux coups. Enfin il se rendit insupportable à tous les écoliers, qui se plaignirent de lui au maître d’école. Il les exhorta d’abord à prendre patience ; mais quand il vit qu’ils ne faisaient qu’irriter par là l’insolence d’Agib, et fatigué lui-même des peines qu’il lui faisait : « Mes enfants, dit-il à ses écoliers, je vois bien qu’Agib est un petit insolent ; je veux vous enseigner un moyen de le mortifier de manière qu’il ne vous tourmentera plus ; je crois même qu’il ne reviendra plus à l’école. Demain, lorsqu’il sera venu et que vous voudrez jouer ensemble, rangez-vous tous autour de lui, et que quelqu’un dise tout haut : Nous voulons jouer, mais c’est à condition que ceux qui joueront diront leur nom, celui de leur mère et de leur père. Nous regarderons comme des bâtards ceux qui refuseront de le faire, et nous ne souffrirons pas qu’ils jouent avec nous. Le maître d’école leur fit comprendre l’embarras où ils jetteraient Agib par ce moyen, et ils se retirèrent chez eux avec bien de la joie.
« Le lendemain, dès qu’ils furent tous assemblés, ils ne manquèrent pas de faire ce que leur maître leur avait enseigné. Ils environnèrent Agib, et l’un d’entre eux prenant la parole : « Jouons, dit-il, à un jeu, mais à condition que celui qui ne pourra pas dire son nom, le nom de sa mère et de son père, n’y jouera pas. » Ils répondirent tous, et Agib lui-même, qu’ils y consentaient. Alors celui qui avait parlé les interrogea l’un après l’autre, et ils satisfirent tous à la condition, excepté Agib, qui répondit : « Je me nomme Agib, ma mère s’appelle Dame de Beauté, et mon père Schemseddin Mohammed, vizir du sultan. »
« À ces mots, tous les enfants s’écrièrent : « Agib, que dites-vous ? ce n’est point là le nom de votre père, c’est celui de votre grand-père. — Que Dieu vous confonde ! répliqua-t-il en colère ; quoi ! vous osez dire que le vizir Schemseddin Mohammed n’est pas mon père ! » Les écoliers lui repartirent avec de grands éclats de rire : « Non, non, il n’est que votre aïeul, et vous ne jouerez pas avec nous ; nous nous garderons bien même de nous approcher de vous. » En disant cela ils s’éloignèrent de lui en le raillant, et ils continuèrent de rire entre eux. Agib fut fort mortifié de leurs railleries et se mit à pleurer.
« Le maître d’école, qui était aux écoutes et qui avait tout entendu, entra sur ces entrefaites, et s’adressant à Agib : « Agib, lui dit-il, ne savez-vous pas encore que le vizir Schemseddin Mohammed n’est pas votre père ? Il est votre aïeul, père de votre mère Dame de Beauté. Nous ignorons comme vous le nom de votre père. Nous savons seulement que le sultan avait voulu marier votre mère avec un de ses palefreniers qui était bossu, mais qu’un génie coucha avec elle. Cela est fâcheux pour vous, et doit vous apprendre à traiter vos camarades avec moins de fierté que vous n’avez fait jusqu’à présent. »
Scheherazade, en cet endroit, remarquant qu’il était jour, mit fin à son discours. Elle en reprit le fil la nuit suivante, et dit au sultan des Indes :
LXXXVII NUIT. Sire, le petit Agib, piqué des plaisanteries de ses compagnons, sortit brusquement de l’école et retourna au logis en pleurant. Il alla d’abord à l’appartement de sa mère, Dame de Beauté, laquelle, alarmée de le voir si affligé, lui en demanda le sujet avec empressement. Il ne put répondre que par des paroles entrecoupées de sanglots, tant il était pressé de sa douleur, et ce ne fut qu’à plusieurs reprises qu’il put raconter la cause mortifiante de son affliction. Quand il eut achevé : « Au nom de Dieu, ma mère, ajouta-t-il, dites-moi, s’il vous plaît, qui est mon père ? — Mon fils, répondit-elle, votre père est le vizir Schemseddin Mohammed, qui vous embrasse tous les jours. — Vous ne me dites pas la vérité, reprit-il, ce n’est point mon père, c’est le vôtre. Mais moi, de quel père suis-je le fils ? » À cette demande, Dame de Beauté rappelant dans sa mémoire la nuit de ses noces suivie d’un si long veuvage, commença de répandre des larmes, en regrettant amèrement la perte d’un époux aussi aimable que Bedreddin.
Dans le temps que Dame de Beauté pleurait d’un côté et Agib de l’autre, le vizir Schemseddin entra et voulut savoir la cause de leur affliction. Dame de Beauté lui apprit et lui raconta la mortification qu’Agib avait reçue à l’école. Ce récit toucha vivement le vizir, qui joignit ses pleurs à leurs larmes, et qui, jugeant par là que tout le monde tenait des discours contre l’honneur de sa fille, en fut au désespoir. Frappé de cette cruelle pensée, il alla au palais du sultan, et après s’être prosterné à ses pieds, il le supplia très-humblement de lui accorder la permission de faire un voyage dans les provinces du Levant, et particulièrement à Balsora, pour aller chercher son neveu Bedreddin Hassan, disant qu’il ne pouvait souffrir qu’on pensât dans la ville qu’un génie eût couché avec sa fille Dame de Beauté. Le sultan entra dans les peines du vizir, approuva sa résolution et lui permit de l’exécuter. Il lui fit même expédier une patente par laquelle il priait dans les termes les plus obligeants les princes et les seigneurs des lieux où pourrait être Bedreddin, de consentir que le vizir l’amenât avec lui.
Schemseddin Mohammed ne trouva pas de paroles assez fortes pour remercier dignement le sultan de la bonté qu’il avait pour lui. Il se contenta de se prosterner devant ce prince une seconde fois ; mais les larmes qui coulaient de ses yeux marquèrent assez sa reconnaissance. Enfin il prit congé du sultan, après lui avoir souhaité toutes sortes de prospérités. Lorsqu’il fut de retour au logis, il ne songea qu’à disposer toutes choses pour son départ. Les préparatifs en furent faits avec tant de diligence, qu’au bout de quatre jours il partit accompagné de sa fille Dame de Beauté, et d’Agib son petit-fils.
Scheherazade, s’apercevant que le jour commençait à paraître, cessa de parler en cet endroit. Le sultan des Indes se leva fort satisfait du récit de la sultane, et résolut d’entendre la suite de cette histoire. Scheherazade contenta sa curiosité la nuit suivante, et reprit la parole dans ces termes :
LXXXVIII NUIT.
Sire, le grand vizir Giafar adressant toujours la parole au calife Haroun Alraschid : « Schemseddin Mohammed, dit-il, prit la route de Damas avec sa fille Dame de Beauté et Agib son petit-fils. Ils marchèrent dix-neuf jours de suite sans s’arrêter en nul endroit ; mais le vingtième, étant arrivés dans une fort belle prairie peu éloignée des portes de Damas, ils mirent pied à terre et firent dresser leurs tentes sur le bord d’une rivière qui passe à travers la ville et rend ses environs très-agréables.
« Le vizir Schemseddin Mohammed déclara qu’il voulait séjourner deux jours dans ce beau lieu, et que le troisième il continuerait son voyage. Cependant il permit aux gens de sa suite d’aller à Damas. Ils profitèrent presque tous de cette permission, les uns poussés par la curiosité de voir une ville dont ils avaient ouï parler si avantageusement, les autres pour y vendre des marchandises d’Égypte qu’ils avaient apportées, ou pour y acheter des étoffes et des raretés du pays. Dame de Beauté souhaitant que son fils Agib eût aussi la satisfaction de se promener dans cette célèbre ville, ordonna à l’eunuque noir qui servait de gouverneur à cet enfant de l’y conduire, et de bien prendre garde qu’il ne lui arrivât quelque accident.
« Agib, magnifiquement habillé, se mit en chemin avec l’eunuque, qui avait à la main une grosse canne. Ils ne furent pas plus tôt entrés dans la ville, qu’Agib, qui était beau comme le jour, attira sur lui les yeux de tout le monde. Les uns sortaient de leurs maisons pour le voir de plus près ; les autres mettaient la tête aux fenêtres, et ceux qui passaient dans les rues ne se contentaient pas de s’arrêter pour le regarder, ils l’accompagnaient pour avoir le plaisir de le considérer plus longtemps. Enfin il n’y avait personne qui ne l’admirât et qui ne donnât mille bénédictions au père et à la mère qui avaient mis au monde un si bel enfant. L’eunuque et lui arrivèrent par hasard devant la boutique où était Bedreddin Hassan, et là ils se virent entourés d’une si grande foule de peuple qu’ils furent obligés de s’arrêter.
« Le pâtissier qui avait adopté Bedreddin Hassan était mort depuis quelques années, et lui avait laissé, comme à son héritier, sa boutique avec tous ses autres biens. Bedreddin était donc alors maître de la boutique, et il exerçait la profession de pâtissier si habilement qu’il était en grande réputation dans Damas. Voyant que tant de monde assemblé devant sa porte regardait avec beaucoup d’attention Agib et l’eunuque noir, il se mit à les regarder aussi. »
Scheherazade, à ces mots, voyant paraître le jour, se tut, et Schahriar se leva fort impatient de savoir ce qui se passerait entre Agib et Bedreddin. La sultane satisfit son impatience sur la fin de la nuit suivante, et reprit ainsi la parole :
LXXXIX NUIT.« Bedreddin Hassan, poursuivit le vizir Giafar, ayant jeté les yeux particulièrement sur Agib, se sentit aussitôt tout ému sans savoir pourquoi. Il n’était pas frappé, comme le peuple, de l’éclatante beauté de ce jeune garçon : son trouble et son émotion avaient une autre cause qui lui était inconnue : c’était la force du sang qui agissait dans ce tendre père, lequel, interrompant ses occupations, s’approcha d’Agib et lui dit d’un air engageant : « Mon petit seigneur, qui m’avez gagné l’âme, faites-moi la grâce d’entrer dans ma boutique et de manger quelque chose de ma façon, afin que pendant ce temps-là j’aie le plaisir de vous admirer à mon aise. » Il prononça ces paroles avec tant de tendresse que les larmes lui en vinrent aux yeux. Le petit Agib en fut touché, et se tournant vers l’eunuque : « Ce bon homme, lui dit-il, a une physionomie qui me plaît, et il me parle d’une manière si affectueuse que je ne puis me défendre de faire ce qu’il souhaite. Entrons, chez lui et mangeons de sa pâtisserie. — Ah ! vraiment, lui dit l’esclave, il ferait beau voir qu’un fils de vizir comme vous entrât dans la boutique d’un pâtissier pour y manger. Ne croyez pas que je le souffre. — Hélas ! mon petit seigneur, s’écria alors Bedreddin Hassan, on est bien cruel de confier votre conduite à un homme qui vous traite avec tant de dureté. » Puis, s’adressant à l’eunuque : « Mon bon ami, ajouta-t-il, n’empêchez pas ce jeune seigneur de m’accorder la grâce que je lui demande. Ne me donnez pas cette mortification. Faites-moi plutôt l’honneur d’entrer avec lui chez moi, et par là vous ferez connaître si vous êtes brun au-dehors comme la châtaigne, vous êtes blanc aussi au-dedans comme elle. Savez-vous bien, poursuivit-il, que je sais le secret de vous rendre blanc, de noir que vous êtes ?» L’eunuque se mit à rire à ce discours, et demanda à Bedreddin ce que c’était que ce secret. « Je vais vous l’apprendre, » répondit-il. Aussitôt il lui récita des vers à la louange des eunuques noirs, disant que c’était par leur ministère que l’honneur des sultans, des princes et de tous les grands, était en sûreté. L’eunuque fut charmé de ces vers, et cessant de résister aux prières de Bedreddin, laissa entrer Agib en sa boutique et y entra aussi lui-même.
« Bedreddin Hassan sentit une extrême joie d’avoir obtenu ce qu’il avait désiré avec tant d’ardeur, et se remettant au travail qu’il avait interrompu : « Je faisais, dit-il, des tartes à la crème ; il faut, s’il vous plaît, que vous en mangiez ; je suis persuadé que vous les trouverez excellentes, car ma mère, qui les fait admirablement bien, m’a appris à les faire, et l’on vient en prendre chez moi de tous les endroits de cette ville. » En achevant ces mots, il tira du four une tarte à la crème, et après avoir mis dessus des grains de grenade et du sucre, il la servit devant Agib, qui la trouva délicieuse. L’eunuque, à qui Bedreddin en présenta, en porta le même jugement.
« Pendant qu’ils mangeaient tous deux, Bedreddin Hassan examinait Agib avec une grande attention, et se représentant, en le regardant, qu’il avait peut-être un semblable fils de la charmante épouse dont il avait été si tôt et si cruellement séparé, cette pensée fit couler de ses yeux quelques larmes. Il se préparait à taire des questions au petit Agib sur le sujet de son voyage à Damas, mais cet enfant n’eut pas le temps de satisfaire sa curiosité, parce que l’eunuque, qui le pressait de s’en retourner sous les tentes de son aïeul, l’emmena dès qu’il eut mangé. Bedreddin Hassan ne se contenta pas de les suivre de l’œil ; il ferma sa boutique promptement et marcha sur leurs pas. »
Scheherazade, en cet endroit, remarquant qu’il était jour, cessa de poursuivre cette histoire. Schahriar se leva résolu de l’entendre tout entière, et de laisser vivre la sultane jusqu’à ce temps-là.
XC NUIT. Le lendemain avant le jour, Dinarzade réveilla sa sœur, qui reprit ainsi son discours : « Bedreddin Hassan, continua le vizir Giafar, courut donc après Agib et l’eunuque, et les joignit avant qu’ils fussent arrivés à la porte de la ville. L’eunuque, s’étant aperçu qu’il les suivait, en fut extrêmement surpris : « Importun que vous êtes, lui dit-il en colère, que demandez-vous ? — Mon bon ami, lui répondit Bedreddin, ne vous fâchez pas : j’ai hors de la ville une petite affaire dont je me suis souvenu, et à laquelle il faut que j’aille donner ordre. » Cette réponse n’apaisa point l’eunuque, qui, se tournant vers Agib, lui dit : « Voilà ce que vous m’avez attiré ; je l’avais bien prévu que je me repentirais de ma complaisance ; vous avez voulu entrer dans la boutique de cet homme ; je ne suis pas sage de vous l’avoir permis.
— Peut-être, dit Agib, a-t-il effectivement affaire hors de la ville, et les chemins sont libres pour tout le monde. » En disant cela, ils continuèrent de marcher l’un et l’autre sans regarder derrière eux, jusqu’à ce qu’étant arrivés près des tentes du vizir, ils se retournèrent pour voir si Bedreddin les suivait toujours. Alors Agib, remarquant qu’il était à deux pas de lui, rougit et pâlit successivement selon les divers mouvements qui l’agitaient. Il craignait que le vizir son aïeul ne vînt à savoir qu’il était entré dans la boutique d’un pâtissier et qu’il y avait mangé. Dans cette crainte, ramassant une assez grosse pierre qui se trouva à ses pieds, il la lui jeta, le frappa au milieu du front et lui couvrit le visage de sang : après quoi, se mettant à courir de toute sa force, il se sauva sous les tentes avec l’eunuque, qui dit à Bedreddin Hassan qu’il ne devait pas se plaindre de ce malheur qu’il avait mérité, et qu’il s’était attiré lui-même.
« Bedreddin reprit le chemin de la ville en étanchant le sang de sa plaie avec son tablier, qu’il n’avait pas ôté. « J’ai tort, disait-il en lui-même, d’avoir abandonné ma maison pour faire tant de peine à cet enfant, car il ne m’a traité de cette manière que parce qu’il a cru sans doute que je méditais quelque dessein funeste contre lui. » Étant arrivé chez lui, il se fit panser, et se consola de cet accident en faisant réflexion qu’il y avait sur la terre des gens encore plus malheureux que lui. »
Le jour, qui paraissait, imposa silence à la sultane des Indes. Schahriar se leva en plaignant Bedreddin, et fort impatient de savoir la suite de cette histoire.
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Les Mille et Une Nuits - Tome I
Contes arabes. — Histoire du Sultan des Indes.
Fable. — L'Ane, le Bœuf et le Laboureur.
Iere nuit. — Le Marchand et le Génie.
Histoire du premier Vieillard et de la Biche.
Histoire du second Vieillard et des deux Chiens noirs.
Histoire du Pécheur.
Histoire du Roi grec et du médecin Douban.
Histoire du Mari et du Perroquet.
Histoire du Vizir puni.
Histoire du Vizir puni. suite.
Histoire du jeune Roi des Iles Noires.
Histoire du jeune Roi des Iles Noires. suite.
Histoire des trois Calenders, fils de rois, et de cinq Dames de Bagdad.
Histoire des trois Calenders, fils de rois, et de cinq Dames de Bagdad. suite.
Histoire du premier Calender, fils de roi.
Histoire du second Calender, fils de roi.
Histoire de l'Envieux et de l'Envié.
Histoire de l'Envieux et de l'Envié. suite.
Histoire du troisième Calender, fils de roi.
Histoire du troisième Calender, fils de roi. suite. -
Les Mille et Une Nuits - Tome II
Histoire de Zobéide.
Histoire d'Amine.
Histoire des trois Pommes.
Histoire de la Dame massacrée et du jeune homme son mari.
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan.
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan. suite1
Histoire de Noureddin Ali et de Bedreddin Hassan. suite 2.
Histoire du petit Bossu.
Histoire que raconta le Marchand chrétien.
Histoire que raconta le Marchand chrétien. suite.
Histoire racontée par le Pourvoyeur du sultan de Casgar.
Histoire racontée par le Pourvoyeur du sultan de Casgar. suite. -
Les Mille et Une Nuits - Tome III
Histoire racontée par le Médecin juif.
Histoire que raconte le Tailleur.
Histoire du Barbier.
Histoire du premier frère du Barbier.
Histoire du second frère du Barbier.
Histoire du troisième frère du Barbier.
Histoire du quatrième frère du Barbier.
Histoire du cinquième frère du Barbier.
Histoire du sixième frère du Barbier.
Histoire d'Aboulhassan Ali Ebn Becar et de Schemselnihar, favorite du Calife Haroun-al-Raschid.
Histoire d'Aboulhassan Ali Ebn Becar et de Schemselnihar, favorite du Calife Haroun-al-Raschid. suite.
Lettre de Schemselnihar au prince de Perse Ali Ebn Becar.
Réponse du prince de Perse à la lettre de Schemselnihar.
Lettre de Schemselnihar au prince de Perse.
Réponse du prince de Perse à Schemselnihar.
Réponse du prince de Perse à Schemselnihar. suite.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne. suite 2.
Histoire de Noureddin et de la belle Persienne. suite 3.
Lettre du calife Haroun Alraschid au roi de Balsora. -
Les Mille et Une Nuits - Tome IV
Histoire des amours de Camaralzaman, prince de l'Ile des Enfants de Khaledan, et de Badoure, princesse de la Chine.
Histoire des amours de Camaralzaman, prince de l'Ile des Enfants de Khaledan, et de Badoure, princesse de la Chine. suite.
Suite de l'histoire de la princesse de la Chine.
Histoire de Marzavan avec la suite de celle de Camaralzaman.
Billet du prince Camaralzaman à la princesse de la Chine.
Séparation du prince Caramalzaman d'avec la princesse Badoure.
Histoire de la princesse Badoure après la séparation du prince Camaralzaman.
Suite de l'histoire du prince Camaralzaman depuis sa séparation d'avec la princesse Badoure.
Histoire des princes Amgiad et Assad.
Le prince Assad arrêté en entrant dans la ville des Mages.
Histoire du prince Amgiad et d'une dame de la ville des Mages.
Suite de l'histoire du prince Assad.
Histoire de Sindbad le marin.
Premier vovage.de Sindbad le marin.
Second voyage de Sindbad le marin.
Troisième vovage de Sindbad le marin.
Quatrième voyage de Sindbad le marin.
Cinquième voyage de Sindbad le marin.
Sixième voyage de Siudbad le malin.
Septième et dernier voyage de Sindbad le marin.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal. suite. 2.
Histoire de Beder, prince de Perse, et de Giauhare, princesse du royaume de Samandal. suite. 3 -
Les Mille et Une Nuits - Tome V
Histoire de Ganem, fils d'Abou Aïoub, surnommé l'Esclave d'amour.
Lettre du calife Haroun Alraschid à Mohammed Zinebi, roi de Syrie.
Histoire du prince Zeyn-Alasnam et du Roi des Génies.
Histoire de Codadad et de ses frères.
Histoire de la Princesse de Deryabar.
Histoire du Dormeur éveillé.
Histoire du Dormeur éveillé. suite.2
Histoire du Dormeur éveillé. suite.3 -
Les Mille et Une Nuits - Tome VI
Histoire de la Lampe merveilleuse.
Histoire de la Lampe merveilleuse. suite.2
Histoire de la Lampe merveilleuse. suite.3
Aventures du calife Haroun Alraschid.
Histoire de l'aveugle Baba Abdalla.
Histoire de Sidi Nouman.
Histoire de Cogia Hassan Alhabbal.
Suite de l'histoire de Cogia Hassan Alhabbal.
Histoire d'Ali Baba et de Quarante Voleurs exterminés par une esclave.
Histoire d'Ali Baba et de Quarante Voleurs exterminés par une esclave. suite.1 -
Les Mille et Une Nuits - Tome VII
Histoire d'Ali Cogia, marchand de Bagdad.
Histoire du Cheval enchanté.
Histoire du Cheval enchanté. suite.
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou.
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. suite.2
Histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. suite.3
Histoire de Deux Sœurs jalouses de leur cadette.
Histoire de Deux Sœurs jalouses de leur cadette.
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Les Mille et Une Nuits - Tome VIII
Préface du traducteur de la continuation des Mille et une Nuits
Nouvelles Aventures du calife Haroun Alraschild, ou Histoire de la petite fille de Chosroès Anouschirvan
Le Bimaristan, ou Histoire du jeune marchand de Bagdad et de la dame inconnue
Le Médecin et le jeune traiteur de Bagdad.
Histoire du sage Hicar.
Histoire du roi Azadbakht, ou des dix visirs.
Histoire du marchand devenu malheureux.
Histoire du marchand imprudent et de ses deux enfans.
Histoire d’Abousaber, ou de l’homme patient.
Histoire du prince Behezad.
Histoire du roi Dadbin, ou de la vertueuse Aroua.
Histoire du roi Bakhtzeman.
Histoire du roi Khadidan.
Histoire du roi Beherkerd.
Histoire du roi Hanschah et d’Abouteman.
Histoire du roi Ibrahim et de son fils
Histoire de Soleïman-schah.
Histoire de l’esclave sauvé du supplice -
Les Mille et Une Nuits - Tome IX
Attaf ou L’Homme généreux.
Histoire du prince Habib et de Dorrat Algoase.
Histoire du roi Sapor, souverain des isle Bellour ; de Camar Alzeman, fille du génie Alatrous, et de Dorrat Algoase
Histoire de Naama et de Naam.
Histoire d’Alaeddin.
Histoire d’Abou Mohammed Alkeslan.
Histoire d’Aly Mohammed le joaillier, ou du faux calife.
- Extraits : Cours de littérature ancienne et moderne tome IX. par J.F. Laharpe -1825.
- Les Mille et une nuits par Galland, illustrés par : MM. FRANÇAIS, H. BARON, ED. WATTIER, LA VILLE, etc...Revus et corrigés sur l'édition Princeps de 1704.Nouvelle édition de 1861.
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