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Le Chat, la Belette et le Petit Lapin analyse
Le Chat, la Belette et le Petit Lapin

Le Chat, la Belette et le Petit Lapin analyse

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Le Chat, la Belette et le Petit Lapin analyse

Souvent le début de la fable nous laisse entrevoir le dénouement : dans le Loup et l’Agneau , l’arrivée du loup « à jeun, cherchant aventure et attiré par la faim», nous fait pressentir le sort cruel de l’agneau. Il n’en est pas de même ici : rien ne nous fait prévoir que la belette usurpatrice, et le lapin victime de l’usurpation, vont devenir l’un et l’autre la proie du chat. Le rapport entre le début et la fin n’est donc ici qu’un rapport médiat. Mais, pour se laisser aller à des mouvements plus divers et plus libres, le poète n’en a pas moins un but marqué et unique. Apprécions d’abord les développements ; nous les réunirons ensuite en un faisceau, en une synthèse.
Dès le premier mot nous sommes transportés dans un ordre d’idées digne de nous. L’imagination brillante de La Fontaine ennoblit tout, jusqu’aux idées les plus triviales, Le terrier du lapin devient un palais, comme l’antre du lion est un Louvre’, comme un ânier, menant ses coursiers à longues oreilles , est « empereur romain » et « porte le sceptre. »
Ce badinage qui consiste à rapprocher les deux extrêmes, exige un goût exquis. C’est un des secrets de La Fontaine.
Si le lion , le léopard , le loup ont leur titre de sa majesté , de sultan , de messire, — la belette a le sien : Dame Belette.

Du palais d’un jeune lapin
Dame belette, un beau malin,
S’empara :

Sans nous arrêter à l’expression familière et ironique un beau matin, remarquons la manière dont le poète isole et met en lumière l’idée principale, s’empara; La Fontaine plie sa phrase à l’idée. Son rythme aussi varie, pour être en harmonie avec la pensée : quand celle-ci est légère et badine l’uniformité du mètre ne pourrait lui convenir.
A ce petit récit vient se joindre une de ces réflexions qui n’appartiennent qu’au bonhomme : c’est une rusée ! Elle lient de la naïveté de l’enfant qui raconte et qui mêle à son récit ses réflexions ingénues. « Nous rions, dit Marmontel, mais de la naïveté du poète, et c’est à ce piège si délicat que se prend notre vanité. »
Croirait-on que des commentateurs aient jugé mauvais ce que le lecteur trouve délicieux, et se soient autorisés du vers suivant pour blâmer le mot

rusée :

Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée. » ?
« Quelle adresse, ont-ils dit, peut-il y avoir à s’emparer d’un trou vide ? » Nous leur répondrons avec Charles Nodier: «Aucune assurément; aussi La Fontaine dit-il rusée et non adroite. » 11 faut peu connaître la propriété des mots pour se permettre une critique semblable.

Elle porta chez lui ses pénates,

L’allusion est comique , la peinture grotesque. Le poète donne à son personnage un plaisant air d’antiquité. La belette avait bien choisi son temps :

Un jour
Qu’il était allé faire à l’Aurore sa cour,
Parmi le thym et la rosée.

Voyez comme d’une idée vulgaire , aller brouter dès le matin , la gracieuse imagination de La Fontaine a su faire un tableau plein de fraîcheur. L’aurore personnifiée n’est assurément pas d’invention nouvelle, mais ce qui est nouveau sans doute c’est le lapin qui lui fait sa cour. Voilà imiter et à la fois être original. Le jeune lapin qui va faire sa cour à l’Aurore, quelle idée riante et gracieuse ! On le voit jouissant de la fraîcheur d’une douce matinée, près de son mets de prédilection, le thym, rendu tendre par la rosée qui l’humecte. Cette peinture si délicieuse , La Fontaine osa la refaire et peut-être le fit-il avec succès ; qu’on en juge :

Des lapins qui sur la bruyère,
L’œil éveillé, l’oreille au guet,
S’égayaient, et de thym parfumaient leur banquet.

Tout le début est plein de charmants détails. M. Baron, dans son manuel de Rhétorique, le cite comme un modèle d’élégance , et M. Villemain y fait allusion dans ce passage : « De tous les écrivains du siècle de Louis XIV, La Fontaine semble presque le seul qui ait regardé la nature ailleurs que dans les poèmes des anciens , et qui ait joint à l’étude une observation minutieuse et naïve. Les beautés du spectacle de la nature qu’il a décrites, étaient simples et vulgaires, comme il pouvait les rencontrer dans ses promenades……. La Fontaine décrivant un printemps de France, un printemps ordinaire, loin du ciel de la Grèce ou de l’Italie, La Fontaine montrant le lapin qui trotte à travers le thym et la rosée, est aussi poète que les anciens le furent jamais. »
En nous montrant son jeune héros dans une situation aussi riante, au milieu de ses délices, le poète a un dessein : c’est d’établir un contraste entre le bonheur du moment et le malheur qui se prépare. Le vers suivant, qui nous dépeint le comble de la joie et de l’insouciance, est dicté par la même intention :

Après qu’il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,

Joyeux, et sans aucun pressentiment de la mésaventure qui l’attend , Jeannot Lapin retourne aux souterrains séjours.

La riante description qui précède ne permet plus d’appeler le terrier un palais. Il n’est vraiment plus qu’un lieu sombre, un souterrain, rendu sinistre même par la perfidie dont il est devenu le théâtre. La périphrase de La Fontaine est toujours heureuse. Quant à la dénomination de Jeannot Lapin, elle nous rappelle celle de Robin Mouton , de Cent trotte-Menu et cent autres, qui toutes ont de la grâce et du naturel, et non de la recherche et de l’affectation, comme celles de Lamotte : Don Jugement, Dame Mémoire, Demoiselle Imagination.
Le retour du jeune propriétaire marque la transition à la seconde partie, la dispute. Nous connaissons déjà le lieu de la scène , le temps et deux des personnages avec leur caractère distinctif, l’un rusé et perfide , l’autre insouciant et inoffensif.
Toute l’introduction peut se résumer en un seul mot, usurpation. L’usurpation engendre la dispute. La suite du récit nous apprendra comment la première partie, qui se lie intimement à la seconde, concourt aussi au but Gnal, sinon directement, du moins d’une manière médiate.

La belette avait mis le nez à la fenêtre.

L’image est pittoresque et le détail n’est pas superflu. La scène ne pouvait avoir lieu au fond du terrier, elle devait se passer au grand jour. Puis, si la malicieuse et perfide belette met le nez à la fenêtre, c’est qu’elle veut jouir de la mystification du jeune propriétaire.

0 dieux hospitaliers! que vois-je ici paraître?
Dit l’animal chassé du paternel logis.

Surprise rendue avec art. Un sentiment subit et vif est toujours vague : Que vois-je ici paraître ? Ce premier moment passé, les sens reviennent, et l’ironie, mêlée à un ton de supériorité, sied bien au maître qui, fort de ses droits, ne veut voir dans l’usurpation de son bien qu’une plaisanterie :

Holà ! madame la belette,
Que l’on déloge sans trompette,

Mais la trouvant un peu lente à quitter son domaine, il prend le ton de la menace.

Ou je vais avertir tous les rois du pays.

Si la belette ne craint pas ses ennemis naturels chacun isolément, le nombre doit l’épouvanter; car que pourra-t-elle contre une bande si formidable?
Trop maligne pour vouloir vider la question parla force, elle aime mieux user du raisonnement. Quelqu’injuste qu’on soit, on veut donner à ses injustices une apparence de droit, et c’est ce que prétend faire la dame au nez pointu. La qualification est pleine d’originalité et de justesse. La belette, entrée dans un grenier par un trou fort étroit, a été qualifiée de « damoiselle belette au corps long et fluet ; » se préparant à croquer une chauve-souris, elle a été appelée «l a dame du logis avec son long museau; » importe-t—il de mettre en relief son caractère malicieux, La Fontaine la dépeint au physique par un seul trait choisi et frappant d’à propos : la dame au nez pointu.
Écoutons ses arguments :

La dame au nez pointu répondit que la terre
Était au premier occupant.

Nous voilà dans une sphère nouvelle ! un système de droit! Après s’être emparée de la propriété d’autrui, en dépit d’un droit de succession bien fondé, l’usurpatrice embrasse le système des communistes, le seul qui puisse servir sa cause. La terre, réplique-t-elle, est au premier occupant. J’occupe votre terrier : il m’appartient.
Elle a honte pour son adversaire qui lui cherche noise pour si peu de chose. Elle qui se met à un haut point de vue socialiste, se trouver contrariée, lorsqu’elle veut mettre en pratique son système, pour un misérable logis, pour un terrier qui ne convient pas même à son prétendu propriétaire !

C’était un beau sujet de guerre
Qu’un logis où lui-même il n’entrait qu’en rampant !
Et quand ce serait un royaume,
Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
En a pour toujours fait l’octroi
À Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
Plutôt qu’à Paul, plutôt qu’à moi.

Le conteur avait pris un instant le style indirect, mais il quitte bientôt cette forme inerte. Si l’écrivain se faisait toujours l’interprète de ses personnages, il ôterait à leur langage le mouvement et la vérité,

Et quand ce serait un royaume,

« Avec quelle adresse, dit Chamfort, La Fontaine nous montre les applications générales de son sujet dans le badinage même de son style. Voilà sans doute un de ses secrets. Voilà ce qui rend sa lecture si intéressante, même pour les esprits les plus élevés. »
Mais revenons au terrier, à la belette. Elle méconnaît le droit de succession, qu’elle appelle un octroi, une faveur, un privilège, inadmissible en ligne directe comme en ligne collatérale : Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume; que ce soit d’un père ou d’un oncle que Jean Lapin ait hérité son terrier, peu importe à l’usurpatrice; elle ne s’inquiète pas plus de sa généalogie que de ses prétentions.
« Voilà dit Chamfort, la question de la propriété parfaitement posée à propos d’un trou de lapin. » Et Aimé-Martin dans son excellente édition des fables de La Fontaine : « Certes, dit-il, la belette, qui met l’hérédité en question est une terrible révolutionnaire, et Rousseau n’a trouvé ni pis ni mieux dans son discours sur l’inégalité. »
Somme toute, la dame au nez pointu manie bien le sophisme. Que répondra son adversaire?

Jean Lapin allégua la coutume et l’usage :
Ce sont, dit-il, leurs lois qui m’ont de ce logis
Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils,
L’ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
Le premier occupant, est-ce une loi plus sage?

Le nom de Jean Lapin, qui revient au milieu de ces débats sérieux, ne manque pas de sel. Toutefois le ton du jeune propriétaire est plein de fierté : il est maître et seigneur. Aussi la Belette, s’apercevant que son adversaire n’est pas, à beaucoup près, aussi novice qu’elle l’eût désiré, a-t-elle recours à un autre expédient : elle propose de s’en rapporter à un arbitre. Peut-être espère-t-elle le gagner à sa cause.
En résumé, toute cette scène est d’un intérêt remarquable, et le langage des contestants est en harmonie avec leur caractère. Le jeune propriétaire lésé dans ses droits tient un langage énergique. Le danger, son intérêt menacé lui donnent de l’esprit pour défendre sa cause.
La dame au nez pointu parle avec ironie et arrogance. Elle méprise les lois et se joue des raisons les mieux fondées. C’est une querelleuse faite au métier.
Comme ce dialogue a déjà attiré l’attention de judicieux critiques, le lecteur me saura gré de transcrire leur jugement. Voici comme s’exprime La Harpe : « Est-il possible de mieux discuter une cause? Tout y est mis en usage : coutume, autorité, droit naturel, généalogie. »
Et Chamfort : « Ce n’est pas une plaisanterie d’affirmer que la dispute du lapin et de la belette qui s’est emparée d’un terrier dans l’absence du maître, l’une faisant valoir la raison du premier occupant, et se moquant des prétendus droits de Jean-Lapin, l’autre réclamant les droits de succession transmis au susdit Jean, par Pierre et Simon ses aïeux, nous offre précisément le résultat de tant de gros ouvrages sur la propriété. » La dispute, objet de la seconde partie, nous conduit directement au dénouement, par la proposition que fait la belette de soumettre l’affaire à un juge

compétent.

Or bien, sans crier davantage,
Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis.

Raminagrobis!… Comment expliquer ce choix? Il fallait qu’il eût les dehors bien propres à imposer la confiance. Or,

C’était un chat vivant comme un dévot ermite,
Un chat faisant la chattemite,
Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
Arbitre expert sur tous les cas.

Tel est le portrait de l’honnête homme que la belette propose comme juge. « Vrai Cerbère », mais plus adroit que celui « qui se fait craindre une lieue à la ronde » et « se fait passer pour un diable, » il trouve plus sage de se faire passer pour un saint. Il a pris les dehors de l’homme probe et austère, il a revêtu le cilice, il est allé cacher à l’ombre de sa retraite les vices infâmes de sa nature.
Le mot chat, trois fois rapproché d’une qualification de dévotion et de douceur, produit une impression pénible : un chat dévot ermite, un chat faisant la chattemitte, un saint homme de chat!
Ses dehors hypocrites lui ont valu mainte bonne aubaine, il est bien fourré, gros et gras; comme Tartufe qui lui aussi avait le teint fleuri et l’oreille rouge. Tous deux avaient profité au métier.
Et qu’on n’aille pas, comme de maladroits interprètes, voir dans ce portrait une satire lancée contre la vie monastique et les sentiments religieux. Jamais La Fontaine n’insulta à la religion. 11 n’en veut qu’aux abus. Or, comme on ne fabrique la fausse monnaie qu’à l’imitation de la bonne, toute vertu a sa contrefaçon.
Outre sa réputation de probité, de sainteté, notre nouveau Tartufe a encore celle d’arbitre expert sur tous les cas. A ce caractère d’universalité je reconnais l’adroit et subtil charlatan.
En un mot, tout ce portrait concourt à justifier le choix de nos deux contestants. Quant à nous, nous connaissons l’apôtre, nous avons compris les célérats, et nous tremblons quand on annonce que

Jean lapin pour juge l’agrée.

Car le jeune lapin seul a droit à notre intérêt.

Les voilà tous deux arrivés
Devant sa majesté fourrée.
Grippeminaud leur dit :

Ce nom de Grippeminaud nous fait pressentir que le rôle du saint homme va changer; il contraste singulièrement avec son langage doucereux :

Mes enfants, approchez,
Approchez ; je suis sourd, les ans en sont la cause.

Mes enfants! Comme il devait inspirer la confiance en tenant ce langage d’un bon vieillard, d’un père : mes enfants, approchez.
L’invitation pouvait éveiller les soupçons, mais la répétition, l’instance, le ton grave et plein d’onction, viennent aussitôt rassurer nos deux imprudents.

Il est sourd ; or, il faut bien qu’il puisse les entendre : Approchez, je suis sourd. Il pousse la précaution jusqu’à dire l’origine de sa surdité : les ans en

sont la cause. Qui ne s’y laisserait prendre?

L’un et l’autre approcha, ne craignant nulle chose.

Va-t-il s’amuser à écouter leurs débats, à peser leurs raisons ? Les laissera-t-il « contester, répliquer, crier, tempêter. ? » Non, il use mieux de son temps :

Aussitôt qu’à portée il vit les contestants,
Grippcminaud, le bon apôtre,
Jetant des deux côtes la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre.

Le tableau est plein de vie; c’est un mélange de tragique et de comique. L’hypocrite se démasque et reprend son naturel, quand il est sûr que la scène qui se passe chez lui, à huis clos, sans témoins, ne portera nulle atteinte à sa réputation. Aussitôt après, il reprendra son air patelin et dévot, pour faire de nouvelles dupes.
Remarquez l’ironie du dernier vers :

Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre.

Tel est le dénouement : la question de propriété supprimée par Raminagrobis qui mange les propriétaires et les envoie se disputer chez Pluton.
De l’analyse procédons à la synthèse.
Tout le récit peut se réduire à la phrase suivante :

une belette s’empare du terrier d’un jeune lapin absent;— au retour de celui-ci une dispute s’élève, — et ils finissent par prendre pour juge un chat,

qui les mange tous deux.
Où est le bon droit? où est l’injustice?

La belette usurpe le bien d’autrui; sa conduite est injuste et blâmable, sa perfidie mérite un châtiment : elle le subit.
Le jeune lapin, propriétaire légitime de son terrier, réclame un droit d’héritage incontestable. Il est innocent, frustré dans ses droits, et pourtant ilpérit victime.
Le chat, hypocrite raffiné, le personnage le plus criminel, est après tout le plus heureux. Il vit et prospère aux dépens des méchants et des bons.
La fable est-elle donc morale? Et quelle conclusion nous amène-t-elle? Que pour être heureux, il faut être hypocrite et criminel? que pour vivre honoré et content, on doit se faire fripon?… Croirait-on que des écrivains distingués aient trouvé de semblables conclusions dans les fables de La Fontaine?

Comme si l’apologue, pour être moral, avait besoin d’aboutir toujours au couronnement de la vertu; comme s’il ne lui suffisait pas de rendre odieux le

vice, même dans son triomphe.
Le fabuliste n’est pas astreint à énoncer un précepte ; quelquefois il ne fait qu’avancer une de ces vérités affligeantes dont la société offre malheureusement la triste application. Les petits drames de La Fontaine sont souvent la représentation du monde tel qu’il est, non tel qu’il devrait être.
La fable a de la parenté avec la satire ; elle présente les vices et les ridicules de la société, elle est la parodie de nos mœurs. Souvent elle s’applique aux contemporains et doit son origine aux réflexions qu’a suggérées dans l’esprit observateur du poète la vue d’un vice ou d’un travers. Tel est ici le caractère de la conclusion ;

Ceci ressemble fort aux débats qu’ont parfois
Les petits souverains se rapportants aux rois

Au lecteur le soin d’en déduire la leçon positive. Du reste elle a déjà été formulée au livre IV, f. 4.

Petits princes, videz vos débats entre vous, etc.

En résumé, l’introduction et le dénouement sont magnifiques comme tableaux ; la deuxième partie est un chef-d’œuvre de dialogue.
Après la lecture de cette belle composition, on comprend la justesse d’une réflexion ingénieuse de M. Taine, dans son élude sur le Beau appliqué aux fables de La Fontaine : « La Fable, le plus humble des genres poétiques, ressemble aux petites plantes perdues dans une grande forêt. Les yeux fixés sur les arbres immenses qui croissent autour d’elle, on l’oublie, eu, si on baisse les yeux, elle ne semble qu’un point. Mais si on l’ouvre pour examiner l’arrangement intérieur de ses organes, on y trouve un ordre aussi compliqué et aussi savant que dans les vastes chênes qui la couvrent de leur ombre, et on juge que la beauté de la petitesse égale la beauté de la grandeur. »

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